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Municipales à Strasbourg : première sortie du duo Fontanel-Vetter, Barseghian et Trautmann poursuivent en solo

Au lendemain de l'annonce surprise de leur liste commune pour le second tour des élections municipales de Strasbourg, Alain Fontanel et Jean-Philippe Vetter ont précisé leurs rôles mercredi 3 juin. Si le premier devient maire, le second présidera l'Eurométropole.

Jeanne Barseghian et Catherine Trautmann n'ont pas trouvé d'accord contrairement à Alain Fontanel et Jean-Philippe Vetter pour le second tour des municipales 2020 à Strasbourg
Jeanne Barseghian et Catherine Trautmann n'ont pas trouvé d'accord contrairement à Alain Fontanel et Jean-Philippe Vetter pour le second tour des municipales 2020 à Strasbourg © Vincent Roy/France Télévisions
Alain Fontanel et Jean-Philippe Vetter, côte à côte, il va falloir s'y habituer. Au lendemain de l'annonce choc de leur liste commune dans la dernière ligne droite des élections municipales de Strasbourg, les deux hommes ont levé le voile sur la répartition des rôles mercredi 3 juin.

"Si je deviens maire de Strasbourg", a expliqué Alain Fontanel, tête de liste LaRem, "je proposerai au nom du groupe majoritaire de Strasbourg la candidature de Jean-Philippe Vetter, en lien avec les maires de la métropole, pour présider l’Eurométropole, bien sûr dans un dialogue sur le programme et dans un échange avec eux". Et Jean-Philippe Vetter d'ajouter en écho : "Avec l’idée que l’Eurométropole, ce n’est pas seulement Strasbourg, l’Eurométropole cs sont 32 communes qui ont leurs spécificités, et où les mêmes politiques ne doivent pas être appliquées de manière uniforme".
 
Pour sa première sortie, le duo avait choisi un lieu hautement emblématique : la place de la cathédrale. Pour l'heure, évidement pas de grandes avancées sur le programme : celui-ci devrait être discuté dans les prochains jours. 

Une décision qui rebat les cartes

L'information était tombée ce mardi 2 juin en fin d'après-midi. Alain Fontanel et Jean-Philippe Vetter ont trouvé un accord pour faire liste commune au second tour des municipales à Strasbourg, contrairement à Catherine Trautmann et Jeanne Barseghian. Il y aura donc une triangulaire le 28 juin. 

Pour le politologue, Richard Kleinschmager, cette fusion change complètement la donne : "On comprend mal que les deux autres candidates, Catherine Trautmann (Ps) et Jeanne Barseghian (EELV) n'aient pas anticipé cette option. LaRem trouve là une occasion de s'ancrer en région, comme elle le souhaite". Il reconnaît que "c'est l'intérêt des hommes qui a primé sur celui des idées".
 
Strasbourg : la page spéciale des municipales du 3 juin
 

Le coup de théâtre du 2 juin

A Strasbourg, les tractations entre candidats arrivés en tête au premier tour des élections municipales le 15 mars dernier, auront été longues et se sont finalement terminées avec un véritable coup de théâtre. Une alliance annoncée à la dernière minute, au moment du dépôt des listes en préfecture. Et ce ne sont pas les listes de Jeanne Barseghian (EELV) et Catherine Trautmann (Ps) qui fusionnent, mais celles d'Alain Fontanel (LaRem) et de Jean-Philippe Vetter (LR).
 
Un coup de poker politique bien disssimulé, puisque les deux hommes indiquaient encore dans la journée qu'il n'y aurait pas d'alliance entre eux, et parce que la nouvelle a été annoncée trois heures après un communiqué de Catherine Trautmann de l'impossibilité d'aboutir à un accord avec Jeanne Barseghian. Jean-Philippe Vetter sera placé en troisième position de la liste commune "Unis pour Strasbourg" menée par l'actuel Premier adjoint au maire. "Je m'étais adressé aux deux candidats les plus proches, Catherine Trautmann et Jean-Philippe Vetter et ce soir, Jean-Philippe Vetter a répondu favorablement", a déclaré M. Fontanel.

Mercredi 3 juin, Alain Fontanel a justifié cette décision, pour le moins inattendue, comme le seul moyen d'éviter "le danger politique d'éparpillement." Ecoutez. 

Pas d'alliance entre socialistes et écologistes

"Pour moi, notre feuille de route doit être revue à l'aune de la crise sanitaire que nous avons traversée et qui contient en germe une crise économique et sociale sans précédent. Le projet que nous aurons à présenter aux Strasbourgeoises et aux Strasbourgeois doit s'inscrire dans ce contexte inédit alors même que des fractures sociale et territoriale préexistaient mettant en danger les populations les plus fragiles. Je prends acte que cette réorganisation n'est pas prévue par la candidate écologiste considérant au contraire que son projet « reste d'actualité » ", explique Catherine Trautmann dans un communiqué de presse diffusé ce mardi 2 juin. 

Au lendemain de l'alliance surprise LR/LaRem qui pourrait bien faire tout basculer, Catherine Trautmann ne regrette rien.
Quant à Jeanne Barseghian, elle exprime sa déception par ces mots : "C’est avec regret que je prends acte de l’échec de ces négociations, et ce malgré les offres multiples, équilibrées et respectueuses que nous avons mises sur la table. Nous avons proposé d’intégrer sur la liste fusionnée les colistier•ères de la liste « Faire ensemble Strasbourg » à la proportionnelle des scores du premier tour, soit 20 élu-es en position éligible à la Ville et 15 à l’Eurométropole."   Un échec des négociations qui pourrait bien se solder par un échec tout court le 28 juin prochain. L'union des listes d'Alain Fontanel (LaRem) et de Jean-Philippe Vetter (LR), si elle se traduit dans les urnes par une union des voix du premier tour, totaliserait 38.2% des suffrages. Une alliance mathématique, tactique, que dénonce Jeanne Barseghian.
 
Au premier tour, la liste de Catherine Trautmann est arrivée en troisième position avec 19,77%,, derrière celles de Jeanne Barseghian (EELV) en tête avec  27,87%,  et d’Alain Fontanel (LaREM-Modem) 19,86% et devant Jean-Philippe Vetter (LR) qui totalisait 18,26% des voix. 
 

Tractations difficiles à Strasbourg 

Au soir du premier tour, Catherine Trautmann disait déjà  : "On discute, c’est naturel, finaliser c’est différent", car la candidate socialiste, arrivée tardivement dans ces élections suite au retrait de Mathieu Cahn, a obtenu un score très honorable. Et pour l’ancienne maire de Strasbourg entre 1989 et 1997, puis en 2000-2001, il n’a jamais été question d’accepter une association qui ne lui conviendrait pas. Elle demandait la présidence de l’Eurométropole, un point d’achoppement avec la candidate écologiste qui l'aurait promise à la maire écologiste de Schiltigheim Danielle Dambach. Par ailleurs, leurs divergences programmatiques les ont empêchées de trouver un terrain d'entente. Pour Catherine Trautmann, il est urgent d'adapter le programme au contexte de crises: sanitaire puis sociale et économique, pour Jeanne Barseghian, l'urgence reste climatique. Deux approches décidément irréconcilibales.

L'union des listes «Strasbourg écologiste et citoyenne» conduite par Jeanne Barseghian et «Faire ensemble» conduite par Catherine Trautmann ne se fera donc pas. Contrairement à celles d'Alain Fontanel,(LaRem) et de Jean-Philippe Vetter (Les Républicains). 
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