Drogues : un distributeur de seringues pour éviter les contaminations

Publié le Mis à jour le
Écrit par Buket Bagci

Il y a deux mois, la ville de Strasbourg en lien avec des associations a installé un second distributeur de seringues pour les consommateurs de drogues dans le quartier de l'Elsau. Le but du dispositif est d'éviter les risques de contaminations aux maladies transmissibles par le sang.

Un second distributeur et échangeur de seringues pour les consommateurs de drogues vient d'être installé à Strasbourg dans le quartier de l'Elsau. Une cinquantaine de kits sont accessibles 24 heures sur 24 au kiosque situé rue des imprimeurs. Les bénévoles viennent recharger le distributeur deux fois par semaine. L'objectif étant de réduire les risques de contaminations aux maladies transmissibles par le sang comme le VIH ou les hépatites.

Les usagers peuvent venir s'y procurer un kit soit à l'aide d'une seringue usagée. "Sinon, ils peuvent aussi venir nous voir et on leur donne un jeton qui permet aussi d'utiliser le distributeur. Certains ont déjà essayé avec des pièces de monnaie mais ça ne marche pas, il faut venir nous demander des pièces spéciales", détaille Alexandre Meisse, responsable maintenance à l'association Ithaque.

Chaque kit contient deux seringues, de l'eau stérilisée, des compresses et un préservatif. "L'idée c'est vraiment d'éviter tout type de contamination. On met deux seringues car parfois il arrive de rater l'injection avec la première", ajoute Alexandre Meisse.

Le distributeur, un outil complémentaire

Le premier distributeur installé il y a douze ans, se trouve dans le quartier de la gare à Strasbourg. Selon les associations, il permet de distribuer 2500 kits par an. L'idée d'installer un second cette fois-ci dans le quartier de l'Elsau vient d'un constat des associations : c'est un lieu de consommation et de vente important de stupéfiants. "C'est bien d'augmenter le nombre de lieux où l'on peut se procurer des kits car il y a des gens qui ne veulent pas être identifié en pharmacie. Et puis le soir, les pharmacies sont fermées donc ce genre de dispositifs est complémentaire avec les autres choses mises en place", explique Alexandre Feltz, adjoint à la mairie en charge de la santé publique.

En 2016, la ville avait déjà mis en place une salle de shoot pour la consommation à moindre risques. Ce nouveau distributeur vient compléter l'action de ce dispositif. 

"L'accès est simple, c'est visible mais ce n'est pas complètement à côté des habitations. C'est un dispositif demandé et soutenu par les habitants du quartier", raconte Alexandre Feltz.

Le distributeur en place depuis deux mois a déjà été vandalisé. "Certains ne comprennent pas l'utilité du dispositif. Ils nous disent qu'on incite à la consommation ce qui est faux. De toute façon ils vont consommer qu'on soit là ou pas donc ce n'est pas de l'incitation", raconte Lucie Bon une jeune femme qui participe au dispositif TAPAJ (Travail Alternatif Payé À la Journée) pour les personnes ayant des problèmes d'addiction.

La jeune femme de 23 ans fait également du ramassage de seringues une fois par semaine dans le quartier de l'Elsau. "Je vois bien qu'il y a une certaine mentalité autour des drogués. Ce n'est pas parce qu'on est drogué qu'on est sale ou agressif. Donc lorsqu'on fait du ramassage, on essaye aussi de faire des sensibilisations à l'usage de drogues auprès des habitants du quartier. Ils sont contents qu'on ramasse les seringues mais ils ne comprennent pas que les drogués sont un public fragile", ajoute Lucie.

En France, il existe 300 distributeurs à seringues comme celui-ci. En Alsace, les associations distribuent chaque année 25.000 seringues.