Les ventes de champagne attendues en baisse, mais la filière n'est pas inquiète

Après une année 2022 record, les ventes de champagne devraient reculer de "5 à 6%" en volume en 2023, mais le chiffre d'affaires réalisé devrait rester autour des six milliards d'euros. "Ce n'est pas parce qu'on retrouve des niveaux pré-Covid qu'on est inquiet", assure David Chatillon, du Comité Champagne.

Les Français vont-ils laisser de côté le champagne pour les fêtes de fin d'année ? C'est en tout cas ce qu'indiquent les derniers chiffres de vente en grande distribution collectés par le panéliste NielsenIQ et cités par BFMTV. Le nombre de bouteilles vendues a chuté de 21% entre le 1er janvier et le 3 décembre 2023.

Dans sa dernière note de conjecture (PDF), l'organisme officiel FranceAgriMer, pointait une même tendance baissière sur la période janvier-octobre 2023, comparée à une moyenne sur trois ans. "Les ventes de champagne accusent une très nette diminution en volume, qui s'est accentuée ces derniers mois (-21% vs moyenne 3 ans en volume et -9% en valeur)", indique l'Établissement national des produits de l'agriculture et de la mer.

Ces dernières années, le prix moyen de vente d'une bouteille de champagne de 75 Cl oscillait autour des 20 euros dans les rayons de la grande distribution. En novembre 2023, le tarif moyen était de 23,7 euros, selon le cabinet de conseil Circana, cité par BFM. Un prix en hausse et bien supérieur à celui des autres vins effervescents, comme le Prosecco, qui en profitent.

L'inflation, qui pèse sur le portefeuille des Français, est pointée du doigt. "Le champagne n'étant pas un bie de première nécessité, il va de soi qu'une partie des consommateurs décident de consacrer leurs achats à autre chose", admet David Chatillon, président de l'Union des Maisons de Champagne et coprésident du Comité Champagne, que nous avons interrogé ce 14 décembre.

Mais cette baisse des ventes attendue est loin de l'inquiéter. "On a toujours la fâcheuse tendance de réagir un instant T. Mais quand on parle d'évolution, il faut savoir d'où on part. On se compare à une année 2022 qui est record et donc, sauf à battre un nouveau record, on fait moins bien", rappelle-t-il.

Ce n'est pas parce qu'on retrouve des niveaux pré-Covid qu'on est inquiet.

David Chatillon, Union des Maisons de Champagne

"Il y a exactement un an, on parlait de pénurie de champagne. Il n'y avait pas de pénurie à proprement parler, mais il y avait une demande très forte, supérieure à l'offre. On savait qu'on ne pourrait pas tenir ce rythme de croissance", ajoute-t-il.

"L'an dernier, c'était l'euphorie. Et on disait qu'on ne lit pas les résultats d'une filière sur une seule année. Cette année, on dit la même chose. Ce n'est pas parce qu'on retrouve des niveaux préCovid qu'on est inquiet."

L'export poursuit son essor

La vente de champagne en grande distribution ne représente qu'un tiers de tout ce qui est vendu en France. Le reste est écoulé chez les cavistes, les bars, les restaurants, les boîtes de nuit ou encore en vente directe.
Et si la France est toujours le premier marché du champagne en volume, l'export représente désormais davantage de chiffre d'affaires. "La France représente encore 40% des volumes. Ça va forcément tendre à diminuer", indique David Chatillon.

Ce rééquilibrage vers l'export n'a rien d'inédit. "Les grandes marques ont toujours été très exportatrices. Avant 1914, le champagne était exporté à 75%", rappelle le coprésident du Comité Champagne. Le marché français a explosé dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Une baisse des volumes de "5 à 6%" attendue

La filière avait annoncé dès l'été s'attendre à des ventes 2023 en recul en volume, aussi bien en France qu'au niveau mondial. À quelques semaines de la fin de l'année, le coprésident du Comité Champagne, affine ses prévisions, en se gardant de donner des chiffres précis tant que 2023 n'est pas achevée.

"On va probablement perdre de l'ordre de 5 à 6 % en volume [par rapport à 2022] et on ne sera probablement pas loin d'être stable en valeur."  L'an dernier, la barre des six milliards d'euros de chiffre d'affaires au départ de la Champagne avait été franchie pour la première fois.