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Débat national : vos propositions pour plus d'égalité d'accès aux services publics

La fin généralisée des centres des finances publiques. Ici à Ars-Sur-Moselle. Faut-il maintenir, ou inventer d'autres système d'accès aux services publics ? / © Matthieu Mercier
La fin généralisée des centres des finances publiques. Ici à Ars-Sur-Moselle. Faut-il maintenir, ou inventer d'autres système d'accès aux services publics ? / © Matthieu Mercier

Loin des zones urbaines, l’accès aux services publics ressemble pour certains habitants à un parcours du combattant. Quelles sont vos propositions pour sortir de l'impasse ? Vos réponses seront au coeur de notre émission proposée par les réseaux régionaux et locaux de France 3 et France Bleu.

Par Matthieu Mercier

Situé en « zone rurale », c’est un collège-lycée vétuste, en préfabriqué. Ici tout le monde se connaît. La 4G ne perturbe pas la cour de récré, ni même la salle des profs ou le réfectoire, et pour cause. On ne capte rien... Pas de réseau…Mais on se parle et on se fréquente depuis des générations.

Cet établissement pourrait être dans la Meuse, les Ardennes, ou en Lozère, voire en Bretagne Nord. Souvent implanté à 1h 20 de la métropole régionale. Pile à la frontière entre deux départements. Dans ce genre d'établissement, comme dans beaucoup d'autres en France, l’ambiance est certes familiale, mais les élèves y sont de moins en moins nombreux. Chaque année, il faut remettre aux normes, chauffer, entretenir. Ça coûte cher. Les moyens manquent. A tel point qu'on n'ose à peine se plaindre. 

Sur son compte Twitter, cette enseignante en allemand localisée dans le Grand Est, rend compte de façon anonyme, des difficultés de son collège qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celui-là.

Elle évoque son travail dans "un collège REP dans une zone oubliée des Ardennes, un département oublié en France. Population extrêmement défavorisée qui, même à l'école, est traitée comme du bêtail.

Vous pensez que dans un petit collège de ville, on aurait attendu 10 ans pour réparer le chauffage ?


"C'est devenu leur quotidien, une routine. Il fait froid dans ce collège. Il fait humide. Les plafonds s'effritent. Les murs sont en lambeaux. Et c'est devenu normal pour ces profs et leurs élèves".
 

Alors parents, élus et enseignants s’inquiètent à haute voix une fois par an. Comme dans l’école primaire d'une commune voisine ressemblant à tant d'autres : au printemps, les banderoles fleurissent à l’entrée du village et sur la grille de l’établissement scolaire, pour qu’il soit préservé. On appelle la presse en renfort, qui accourt à ce moment là seulement, car « c’est vraiment pas la porte à côté ce bled ». Malgré tous ces soutiens, le jour de la fermeture arrive.

Diagonale du vide


Désormais, il faudra se lever plus tôt pour aller à l'école, prendre le bus plus longtemps, rouler jusqu’à l’arrêt de ramassage en voiture. Donc payer plus cher, perdre du temps. Les enseignants ne viendront plus louer la maison d’en face dans le bourg. Le petit supermarché aura des difficultés. Peut-être même fermera t-il, comme jadis la boucherie et le restaurant. Le cycle infernal de la désertification des campagnes est au bout du chemin.
 

La "diagonale du vide" n’est pas une ligne droite, elle serpente partout en France, bien loin des lumières des zones commerciales et des centre ville. Cette France ne fait pas de bruit, sauf quand elle râle. Situés bien souvent en périphérie des villes, ses habitants vivent au quotidien une situation géographique pénalisante. Trop loins de la métropole pour être desservis par des bus, ils doivent utiliser leur voiture pour avoir accès aux services publics nécessaires, et s'acquitter du parking pour se rendre au centre-ville. Avec les désagréments et les coûts financiers que cela impose. 

Ils ont entendu maintes fois le « désolé mais vous habitez trop près d’une grande ville pour bénéficier d’une agence de La Poste ». Ils l'ont vu fermer pour migrer dans un bureau de tabac ou à la mairie. C'est sans doute une solution. Quant au médecin qu'ils n'arrivent plus à le remplacer, malgré les offres en or pour le loger. Ils en ont vu arriver des jeunes, et ils les ont vu repartir, lassés du travail harassant et des kilomètres parcourus chaque jour. Parfois, une maison médicale est sortie de terre. Ce fut LA solution miracle.
 
Le commerce qui ferme, les services qui disparaissent. Résultat d'une lente désertification des zones péri-urbaines. / © Denis Adam de Villiers
Le commerce qui ferme, les services qui disparaissent. Résultat d'une lente désertification des zones péri-urbaines. / © Denis Adam de Villiers


Pas encore assez éloignés d'un CHU pour maintenir la maternité face aux nombre de naissances en baisse. De Remiremont à Bernay, de Saint-Claude à Thann… Les exemples forment une cartographie de la France des oubliés. La fameuse France périphérique.
 

 


Porter la voix des oubliés


Comment donc, une fois pour toute, porter la voix des "sans voix" dans ce débat national ? Sur cette question de l'accès aux services publics. Comment pallier de manière réaliste une fracture qui va croissant. De plus en plus, l'accès aux services publics est proposé par le biais d'Internet. Mais en 2019, les célèbres zones blanches n'ont toujours pas pris de couleur. Malgré les promesses. 

Les choses avancent, comme en Alsace, dans le Val de Villé, où deux communes, Albé et Bernardvillé ne font plus partie de la "liste blanche", ou bien à Verdille en Charente, où "on est enfin relié au monde, on revit", grâce à un pylone mutualisé. Il reste encore des territoires où il est quasiment impossible d'avoir accès à la téléphonie mobile et à internet. 

Nos villages ont besoin de ces équipements, car c'est un outil de désenclavement.

Un maire heureux de recevoir enfin la 3G dans sa commune.

Et vous ? Quelles sont vos propositions pour favoriser cette égalité d'accès aux services publics ? Vous sentez-vous concernés par ces difficultés ? Quelles sont vos priorités pour que ça change ? Nous publierons des articles qui porteront votre parole sur nos sites. 

Nous utiliserons vos témoignages également lors d'une émission spéciale le dimanche 10 février et dans nos éditions d'informations régionales. Zones rurales, péri urbaines...Toutes les régions couvertes par le réseau France 3 sont concernées par ce sujet.

Ce questionnaire ci-dessous se veut un relais de propositions en écho à des situations vécues. Nous procèderons comme nous l'avions fait début décembre lors des premières manifestations des Gilets jaunes pour porter votre parole. 

Pour y participer, c'est ici : 

 

 





 

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