Foire aux vins de Colmar 2023 : Jennifer Durupt, seule femme cheffe de la FAV à diriger les cuisines d'un restaurant

En parallèle de son métier de responsable de cuisine centrale à l'hôpital Schweitzer de Colmar, Jennifer Durupt dirige les fourneaux du Barber Shop à la Foire aux vins. Ce restaurant atypique revisitant le concept de barbier et créé par Nicolas Rieffel est le seul de la FAV à avoir une cheffe à sa tête.

"Tout le monde peut faire des burgers, mais nous, on fait des recettes originales à partir de produits locaux". Jennifer Durupt ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'agit de défendre ses plats. Cette dernière tient les cuisines du restaurant Barber Shop, créé par Nicolas Rieffel en 2017. Depuis l'année dernière, elle est la seule femme cheffe de la Foire aux vins de Colmar. Une fierté pour celle qui officie, le reste de l'année, en tant que responsable de cuisine centrale à l'hôpital. 

Avec deux cuisiniers, un commis qui est aussi étudiant en informatique et deux "runners", qui aide à parfaire les plats servis, les fourneaux de Jennifer Durupt tournent à plein temps. Les burgers et salades font sensation depuis maintenant six ans. Plusieurs visiteurs ont désormais leurs habitudes sur ce restaurant. 

Une qualité que la cheffe du restaurant revendique haut et fort. "Une majorité de nos produits viennent de Colmar et des alentours. Notre viande, on va la chercher tous les matins chez le boucher. Les salades, on les fait sur place chaque jour. C'est aussi ça notre atout", se félicite-t-elle. La nouveauté cette année : le Grumbeerekiechle, un burger où le pain est remplacé par des galettes de pommes de terre faites maison. 

Des cuisines d'hôpitaux à la Foire aux vins

La cuisine du Barber Shop, Jennifer Durupt la bichonne comme il se doit. Il faut dire qu'elle l'a vu se développer. C'est le cuisinier Nicolas Rieffel qui lui a fait confiance dès 2017. "Il m'a contacté à la fin de la Foire car il y avait trop de monde et il était débordé", explique-t-elle. Sa réponse favorable va faire naître une belle histoire. Elle s'occupe alors des cuissons en cuisine. 

Elle restera à ce poste jusqu'en 2019 avant de passer cheffe dès 2022. "C'était une immense opportunité. Avec Nicolas Rieffel, on forme un superbe duo. Il y a une ambiance familiale et super sociale. La plupart des personnes qui travaillent ici sont des étudiants. On a noué des liens d'années en années", affirme-t-elle.

Le rythme de la Foire aux vins est toutefois intense. Jennifer Durupt a dû poser des congés pour prendre son rôle de cheffe à bras-le-corps. En effet, depuis 2016 elle est responsable de cuisine centrale à l'hôpital Sweitzer de Colmar. "C'est un autre mode de fonctionnement que la Foire, mais j'aime tout autant ce métier. On s'efforce à faire de la cuisine locale aussi, ajoute-t-elle, j'ai 35 collaborateurs à gérer dans trois hôpitaux différents depuis peu". 

À 28 ans, elle sait désormais qu'elle reviendra à la Foire l'an prochain. "Les journées sont parfois difficiles, les services peuvent être vraiment épuisants, mais j'aime ce métier plus que tout au monde. J'aime la bonne cuisine, le bon vin et la bonne bière. Et l'ambiance de la FAV c'est génial", sourit la cheffe. 

Davantage de cheffes en cuisine

Cette passion pour la cuisine elle l'hérite de ses parents. "Mon père était boucher. On mangeait très bien à la maison et il était coutume de cuisinier tous les jours", indique Jennifer Durupt. En 4e, alors qu'elle est convaincue de vouloir travailler dans la restauration, ses professeurs tentent de la freiner. "J'avais des bonnes notes et ils ne voulaient pas que je me ferme des portes". Des avis qui ne changeront pas sa décision. 

Jennifer Durupt débute dans les cuisines du restaurant Le Faudé, avec le chef Thierry Baldinger. "J'y suis restée sept ans. Ça m'a apporté une expérience incroyable", précise-t-elle. En étant la seule cheffe d'un restaurant à la Foire aux vins, elle a pour ambition de motiver les femmes à poursuivre dans la cuisine. "Je regrette qu'il n'y ait pas plus de femmes dans le milieu, mais les choses changent et c'est très bien". 

Il faut avoir confiance en soi

Jennifer Durupt, cheffe du restaurant Barber Shop

L'an dernier, elle a même cuisiné pour un grand restaurant sur le tournoi Roland Garros. "C'était un niveau de cuisine élevé, j'avais franchement peur. Mais on m'a poussé à le faire et c'était une expérience professionnelle enrichissante". 

Pour celles qui n'oseraient pas se lancer, la cheffe du Barber Shop assure qu'il faut "avoir confiance en soi". Si vous avez la fibre du management, que vous avez envie de cuisiner et que vous êtes passionnée, alors n'hésitez plus et foncez. 

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