TÉMOIGNAGES - Coronavirus Covid-19 et fermeture des écoles dans le Haut-Rhin : les parents s'organisent

Tous les établissements scolaires du Haut-Rhin seront fermés à partir du lundi 9 mars à cause de l'épidémie de coronavirus Covid-19. Les parents - mais pas tous - peuvent bénéficier de l'arrêt de travail indemnisé permis par le gouvernement. Voici leurs témoignages.

Devant une école du Grand Est.
Devant une école du Grand Est. © Thierry Gachon, MaxPPP
Plus d'écoles et de crèches dans le Haut-Rhin à partir du lundi 9 mars 2020. En cause de ces mesures drastiques : le foyer épidémique de coronavirus Covid-19 né à Mulhouse (Haut-Rhin) d'un rassemblement évangélique.

Les parents qui travaillent vont devoir s'adapter pour garder leurs enfants. Un arrêt de travail indemnisé le leur permettra, mais tous ne pourront pas en bénéficier. France 3 Alsace a recueilli leurs témoignages.
 
Le coronavirus est une maladie évolutive qui suscite beaucoup d'interrogations. Vous pouvez faire parvenir à France 3 Alsace vos questions pour une émission spéciale diffusée le matin du lundi 9 mars. Même si le coronavirus peut faire peur du fait de sa forte propagation, les scientifiques se montrent positifs au regard des éléments collectés.
 

 

Marina, travailleuse indépendante à Colmar

"On va amener nos enfants au magasin, pas le choix. On a perdu trop d'argent avec l'annulation du salon de l'habitat, donc on ne peut pas en perdre plus en restant à la maison pour garder les enfants."

 

Johanne, télétravailleuse à Ballersdorf

"J'étais déjà en télétravail tous les vendredis, alors mon chef l'a étendu à titre exceptionnel 'pour la durée nécessaire'. Mais si ça se prolonge, ça va devenir compliqué..."

 

Sylvie, maman à Colmar qui imprime des activités pour sa fille

"J'ai découvert un groupe Facebook, IEF en maternelle, pour imprimer des activités qui occupent ma fille de 3 ans. C'est très simple et adapté à son âge, par exemple la géométrie : elle doit reconnaître des carrés, des pentagones, etc."

 

Nathalie, travailleuse transfrontalière à Blodelsheim

"Je ne vais pas prendre un arrêt maladie : c'est pas le but, je ne suis pas malade. Je vais devoir payer une nourrice pendant quinze jours. La Caf ne financera rien car ma fille a plus de six ans, et ça m'étonnerait que mon patron allemand rembourse sur la base d'un décret français..."

 

Elodie, réceptionniste qui amènera son fils à l'hôtel à Ottmarsheim

"Ce n'est pas l'idéal, mais je n'ai pas le choix. Je suis en CDD deux mois alors je n'allais pas manquer deux semaines... et mon mari vient de commencer à travailler de son côté, donc il ne pouvait pas non plus. Mon patron a dit oui pour qu'il vienne, je vais l'occuper avec des dessins, des livres, etc. Il a 7 ans : il n'est pas tout petit, mais au bout d'un moment, il trouvera quand même le temps long." 

"Je me demande si nos dirigeants ont bien réfléchi : les écoles ferment pour confiner les enfants, mais si on les amène sur nos lieux de travail... Au passage, on a eu beaucoup d'annulations. Et mon cousin, qui a un restaurant, est devenu furieux quand ses annulations à lui l'ont fait passer d'une salle complète à seulement deux tables... Tout cela a beaucoup de conséquences."
 

 

Emmanuelle, télétravailleuse à Ranspach

"J'avais emmené mon ordinateur vendredi soir en prévention, car je voyais les écoles commencer à fermer... J'ai déjà fait du télétravail, ça se passe bien. Avec mes trois enfants, on établit un programme. Par exemple, demain, ce sera pâte à sel et puzzle, et ils ont aussi leur Legos. Pour mes vidéoconférences et présentations Skype, ce sera calme, et je m'isolerai au besoin."

 

Anaïs, babysitter à Colmar

"Je suis étudiante, et je fais du babysitting à l'occasion : c'est le cas actuellement. C'est pour proposer une solution aux parents que je fais ça."

 

Ysabelle, maman à Sierentz contrainte à l'éloignement

"Je suis obligée d’envoyer ma fille à Dijon chez ses grands-parents pendant deux semaines. C’est juste très compliqué de m’en séparer."

 

Estelle, télétravailleuse à Colmar

"L'Urssaf me permet de télétravailler, mais 15 jours loin de l'équipe et avec les enfants, au bout d'un moment, ce sera compliqué... Mon aînée passe son bac cette année et peut réviser en ligne. Elle s'occupera avec moi de sa soeur de 7 ans : il y a des sites Internet avec des activités pour l'occuper. C'est bien mieux que de les mettre devant la télé ! "
 

 

Sandra, mère à Reguisheim d'une apprentie babysitter

"L'idée est venue de l'Ehpad, où ils recherchaient des personnes pour garder les enfants du personnel. Ma fille passe un bac pro ASSP [accompagnements, soins, et services à la personne; ndlr], elle venait de s'inscrire au SNU [Service national universel; ndlr], et elle s'est dit qu'elle pouvait commencer par ça. Mais elle n'a pas encore trouvé..."

 

Le papa à Wihr-au-Val qui bénéficiera un arrêt  

"Je n'ai pas vu de renseignements. Je ne sais pas si ce sont les parents qui gèreront l'école : récupérer les polycopiés ou les devoirs, etc."

 

L'enseignant de Colmar (à distance car écoles fermées)

"On va utiliser le bureau numérique... que les élèves n'utilisent pas tous. Et s'ils n'ont pas ordinateur, ou bien d'Internet, comment vont-ils l'utiliser, ce bureau numérique ? On a une obligation de scolarité, mais pas une obligation d'accès au numérique. Ça renforce les inégalités."
 
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