Coronavirus Covid-19 dans le Haut-Rhin : pour garder ses enfants privés d'école, un arrêt de travail indemnisé

À compter du lundi 9 mars 2020, tous les établissements scolaires du Haut-Rhin ferment pour quinzaine. / © Jean-François Frey, MaxPPP
À compter du lundi 9 mars 2020, tous les établissements scolaires du Haut-Rhin ferment pour quinzaine. / © Jean-François Frey, MaxPPP

Les établissements scolaire du Haut-Rhin, département devenu foyer épidémique du coronavirus Covid-19, seront fermés pour quinze jours à partir du lundi 9 mars. Les parents qui travaillent vont devoir s'organiser pour garder leurs enfants.

Par Vincent Ballester

Des mesures sanitaires drastiques pour endiguer la propagation du coronavirus Covid-19. À partir du lundi 9 mars 2020, la totalité des crèches et établissements scolaires du Haut-Rhin sera fermée. Cette fermeture court pendant quinze jours.

Les piscines seront fermées au public, et divers événements culturels et économiques ont été annulés. Les maisons d'assistantes maternelles (Mam) ne sont pas concernées par ces mesures pour le moment. Les universités restent également ouvertes, selon la préfecture.
 

Va se poser le problème de la garde d'enfants. Des mesures étaient prévues pour les personnes placées en quarantaine à cause du coronavirus alors qu'elles travaillaient : c'est aussi le cas des gardes d'enfants dont l'école a fermé.

La situation évolue chaque jour, et suscite de nombreuses questions. Vous pouvez nous envoyer les vôtres. Même si la maladie vous inquiète, sachez que les scientifiques font preuve d'optimisme au regard des éléments collectés jusqu'ici.
 
 

Des conditions strictes bien qu'allégées

Les parents salariés ont droit à un arrêt de travail indemnisé. Sa demande fait l'objet d'une procédure simplifiée, mais il demeure des règles incontournables :
  • les enfants doivent avoir moins de 16 ans
  • l'école des enfants doit être concernée par l'arrêté préfectoral de fermeture (toutes sont concernées dans le Haut-Rhin)
  • un seul parent peut demander cet arrêt de travail
  • l'arrêt de travail ne peut être pris que si aucun télétravail n'est possible
 

La demande d'arrêt se fait en deux étapes.
  1. Le parent appelle son entreprise pour lui signaler sa situation (le matin du lundi 9 par exemple).
  2. L'entreprise déclare en ligne cet arrêt de travail.

L'arrêt de travail ainsi délivré sera valable pour une durée de 14 jours à compter de sa date de début. Les indemnités journalières seront perçues dès le premier jour, sans délai de carence.
 


Les parents doivent s'organiser

Le Haut-Rhin est devenu ce qu'on appelle un "cluster". Ce foyer épidémique est dû à un rassemblement évangéliste à Mulhouse (Haut-Rhin), qui a beaucoup propagé le coronavirus. Avec l'interdiction des rassemblements et la fermeture des écoles, beaucoup de parents se retrouvent dans une situation compliquée : voici leurs témoignages.

L'arrêt de travail indemnisé servira à certains pour s'occuper des enfants. C'est le cas d'un papa à Wihr-au-Val (Haut-Rhin) : "Nous sommes quatre au bureau, dont deux à avoir des enfants. C'est moi qui vais rester à la maison car ma femme ne peut pas manquer son travail : son service est très restreint. Je vais voir au niveau de l'école comment cela va se passer : si c'est nous, parents, qui devrons assurer l'école, comment se passera la distribution des polycopiés ou autres... Pour l'instant, nous n'avons pas plus de renseignements."
 

Pour l'instant, nous n'avons pas plus de renseignements sur comment assurer l'école
- Un père à Wihr-au-Val


Les parents qui enseignent pourront garder leurs enfants, même si gérer leurs classes à distance va leur prendre du temps. Un professeur qui enseigne près de Colmar (Haut-Rhin), dans des classes bilingues au collège, explique comment il va enseigner : "Je suis censé assurer une 'continuité pédagogique' via le Cned [Centre national d'enseignement à distance; ndlr]. Le souci, c'est que cette plate-forme nationale n'est pas adaptée à nos enseignements locaux, qui peuvent se faire ici en allemand. À la base, le Cned, c'est pour des cours à distance, par exemple des options pour des candidats libres. Et ça ne remplace pas des cours physiques." 

Il poursuit : "L'autonomie pédagogique et la prise en main ne seront pas non plus les mêmes entre des lycéens et mes collégiens. On pourra aussi utiliser le bureau numérique... mais certains élèves ne l'utilisent pas. Ou alors n'ont pas l'ordinateur ou la connexion pour s'en servir. Encore faut-il qu'ils puissent le regarder, le bureau numérique ! Il y a une obligation de scolarité, mais pas d'accès au numérique. "
 

Ça ne remplace pas des cours physiques
- Un enseignant près de Colmar

 

Les travailleurs indépendants et travailleuses indépendantes éprouveront quelques difficultés : il leur faudra peut-être amener leurs enfants sur leur lieu de travail. C'est le cas de Marina Lustemberger, qui vend des cheminées à Colmar : "On n'a pas de solution du tout. Il faut que j'appelle la Sécu pour savoir comment ça va se passer. On parle beaucoup des salariés, beaucoup moins des travailleurs indépendants. Je vais devoir amener mon fils de 9 ans et ma fille de 5 ans sur mon espace de vente, et je me demande bien comment je vais les occuper. Déjà qu'on a perdu du chiffre avec l'annulation du salon de l'habitat à Colmar, on ne pouvait pas rester chez nous et perdre encore plus !"
 

On ne pouvait pas rester chez nous et perdre encore plus de clients
- Une travailleuse indépendante à Colmar


Anais, une étudiante à Colmar, propose ses services en babysitting à des parents "pour leur proposer une solution". De son côté, Sylvie Clarenn, en arrêt de travail après une fracture, va occuper sa fille de 3 ans avec des ressources pédagogiques téléchargées sur le groupe Facebook IEF en Maternelle : "C'est très simple et adapté à son âge : il y a de la géométrie pour apprendre les formes, ou l'alphabet, etc." D'autres parents jongleront entre télétravailler et s'occuper des enfants. Beaucoup rechignent à les confier aux grands-parents, qui constituent une population dont l'immunité face au coronavirus est plus faible.

 

Un numéro pour répondre à toutes les questions

L'Agence régionale de santé (ARS) a mis en place un numéro : il s'agit du 0 800 130 000. Il est gratuit depuis un poste fixe, et accessible sept jours sur sept, de 9 heures à 19 heures. Toutes les questions relatives au coronavirus peuvent y être posées.
 

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