Européennes 2024 : l'inspecteur du travail Anthony Smith, quatrième sur la liste LFI, explique les raisons de son engagement

L'inspecteur du travail marnais Anthony Smith figure sur la liste pour les élections européennes 2024, dévoilée par la France insoumise le 6 mars. Déjà candidat aux législatives 2022 sous l'étiquette LFI, il a de réelles chances d'être élu en juin prochain.

La France insoumise a dévoilé le 6 mars sa liste pour les élections européennes de juin prochain. Celle-ci doit encore être entérinée par un vote des militants, qui ne devrait être qu'une formalité.

La liste, menée par l'eurodéputée Manon Aubry, comporte le nom d'Anthony Smith en quatrième position. L'inspecteur du travail marnais s'est distingué pendant la période du Covid-19 en réclamant, en 2020, des mesures de protection pour des salariés d'une association d'aide à domicile. Il est victime de pressions et muté d'office dans un autre département. Deux ans plus tard, il gagne en justice et réintègre son poste à l'inspection du travail de Reims.

Il a déjà été candidat avec l'étiquette de La France insoumise lors des élections législatives 2022. Le scrutin, marqué par le rassemblement d'une partie de la gauche et des écologistes autour de la Nouvelle union populaire écologique et sociale, lui avait permis de rassembler 18,8 % des voix au premier tour dans la quatrième circonscription de la Marne.

Pour les européennes, la gauche et les écologistes partent désunis. Au lendemain de l'annonce de la liste insoumise, Anthony Smith a répondu à nos questions sur le sens de sa présence aux côtés de Manon Aubry.

Après les législatives, vous êtes candidat aux européennes. Est-ce que cet engagement politique est évident pour vous ?

Anthony Smith : Il n'y a rien de prévu. Les choses se sont faites un peu naturellement. C'est évidemment une suite à l'engagement sur la quatrième circonscription de la Marne lors des législatives de 2022. Mais en même temps, c'est autre chose.

C'est une nouvelle aventure collective dans une liste qui est vraiment belle, dynamique, remplie d'unité. On va faire une belle campagne européenne parce qu'il y a énormément d'idées à porter. Je vais y prendre la place qu'on a bien voulu me donner.

Je suis très content d'aller y porter ce qui fait mon engagement social, politique, syndical, associatif militant depuis des décennies en France et dans la Marne.

Aux dernières européennes, LFI a obtenu six postes de députés. Vous êtes quatrième sur la liste, il y a une vraie chance que vous siégiez. Si tel est le cas, quels dossiers seront les vôtres au Parlement européen ?

Anthony Smith : Oui, c'est une vraie chance de siéger. J'espère qu'on aura le maximum d'élus possible. C'est pour ça qu'il faut aller voter massivement le 9 juin, qu'il faut s'inscrire sur les listes électorales jusqu'au 3 mai pour pouvoir voter. Si j'ai l'honneur d'être député européen, j'y porterai évidemment les combats sociaux en premier.

Les combats de l'émancipation sont aujourd'hui au cœur de nombreuses polémiques. On a des millions de travailleurs ubérisés, ces travailleurs des plateformes qui sont de faux indépendants et de vrais salariés. La France d'Emmanuel Macron a décidé d'enterrer la directive au niveau européen qui aurait permis de les reconnaître comme salariés.

C'est un combat qu'il faut mener en Europe et en France pour les droits sociaux des salariés. Il faut qu'on arrête de prendre comme exemple le pire de l'Europe lorsqu'on porte une réforme, mais à l'inverse qu'on porte le meilleur. 

J'irai chercher et gagner ces batailles-là le plus possible aux côtés des travailleuses et des travailleurs du pays, pour qu'une autre voix se fasse entendre au sein de l'Union européenne. Celle des luttes, des combats, des résistances.

Vous serez auprès des salariés, parce que c'est le point de départ de tout pour vous ?

Anthony Smith : Évidemment. Je suis inspecteur du travail, syndicaliste au ministère du Travail depuis des années. La défense d'un code du travail protecteur du salarié, de la partie faible du contrat de travail, c'est mon ADN.

Vous avez été mis à pied pour avoir voulu défendre des salariés pendant le Covid. Est-ce que cette affaire vous a incité à vous engager davantage au niveau syndical ou politique ?

Anthony Smith : Cette affaire, bien involontairement, m'a mis en avant. À la fin de ces 918 jours, que je raconte dans mon livre, j'ai gagné. C'est-à-dire que l'État, qui était mon employeur et qui m'avait attaqué, a perdu cette bataille-là. 

Il était logique que je cherche à dépasser tout ça, mais aussi à en tirer des enseignements. Le premier est qu'on ne change des choses que si on cherche à agir à la base, simplement, directement.

En allant voter le 9 juin, en intégrant la campagne qu'on va lancer très prochainement, et en participant aux initiatives, c'est comme ça qu'on changera au moins un peu la vie des gens en France et en Europe.


La liste, qui sera entérinée par un vote des militants LFI, comporte d'autres candidats du Grand Est :

  • Ardennes : Nahima Lounis (33e place), accompagnante d’élèves en situation de handicap
  • Moselle : Virginio Cestaro (38e place), étudiant en droit
  • Bas-Rhin : Jean-Marie Brom (58e place), directeur de recherches émérite au CNRS
  • Aube : Ingrid Viot (63e place), infirmière
  • Haut-Rhin : Florence Claudepierre (73e place), sans emploi et ancienne responsable nationale d’une association de parents d’élèves
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