Dernier tremplin avant les jeux paralympiques de Paris 2024, découvrez les championnats d'Europe et du monde de sport adapté

65 athlètes participent actuellement aux championnats d'Europe et du monde de sport adapté. Il s'agit d'épreuves d'athlétisme en salle, à Reims. Des disciplines sportives pour des personnes en situation de handicap mental ou psychique.

Lesquels des neuf pays participants vont monter sur le podium, au cours de ces épreuves de sport adapté, au Creps de Reims (Marne) ? 65 athlètes en situation de handicap mental, psychique ou présentant des troubles du spectre autistique participent à des épreuves de pentathlon et de triathlon, du 23 au 24 février. Elles se déroulent dans le cadre de championnats d'Europe et du monde de sport adapté.

Signe particulier cette année : la présence de délégations sur certaines épreuves plutôt que d'autres. La faute à un calendrier plutôt proche des jeux paralympiques d'été à Paris. Certaines délégations comme la Bulgarie ou la Belgique n'ont qu'un seul athlète, quand la France en a 19, et l'Ukraine, 15.

Des pays ont choisi de miser sur les catégories où ils seront sûrs d'avoir des médailles, ce qui explique aussi ces délégations moins fournies. L'enjeu reste tout de même important pour ces sportifs : ils comptent bien chercher un titre, ou même une qualification pour les jeux paralympiques de Paris, au cours de ces épreuves.

Épreuves à portée importante

L'enjeu est de taille : ce vendredi 23 février, les athlètes s'affrontent lors des épreuves qui existent aussi aux jeux paralympiques. "Au niveau des jeux paralympiques en athlétisme, il n'y a que le 400 mètres, le 1 500 mètres, la longueur et le poids. On va retrouver des sportifs qui étaient aux jeux paralympiques de Tokyo en 2021, qui vont concourir les uns contre les autres pour grappiller des rankings pour les épreuves de juillet", détaille Marc Truffaut, président de la fédération française de sport adapté.

Ces championnats sont importants "pour gagner des médailles et pour avoir la Marseillaise", explique Virginie Dreux, athlète Française de 35 ans. Elle concourt en marche et dans la catégorie 800 mètres. "Je crois que je serai la seule fille. Alors, je serai avec des gars, pour la marche", ajoute-t-elle. Une autre de ses compatriotes est en lice : Gloria Agblemagnon. Cette athlète olympique est spécialiste du lancer de poids. "Je suis sereine, car il y a des concurrentes que j'ai déjà battues par le passé. Je sais que je peux y arriver," affirmait-elle la veille des épreuves.

La sportive reste toutefois réaliste et confiante en ses capacités. "Mes difficultés, c'est que c'est plus dur pour comprendre certaines choses. J'étais par exemple dans des classes de remise à niveau, donc il me faut plus de temps pour comprendre. Je me suis servie de ça pour pouvoir m'affirmer, montrer qui je suis actuellement. Je sens très très bien les jeux paralympiques, comparé à 2021, avec beaucoup plus de courage et de confiance en moi", souligne l'athlète qui est d'ores et déjà qualifiée pour Paris 2024. 

L'impact des jeux paralympiques

Ces championnats du monde attirent habituellement plus de monde. "On peut s'attendre à plus d'athlètes. Dans ce cas-là, on est obligé de faire des séries et de prendre les meilleurs pour les qualifier en finale. Là, ce n'est pas le cas, car ils ne sont pas assez nombreux : certains seront directement en finale", explique Bénédicte Nonat, responsable des juges à l'arrivée.

Une des explications : les épreuves paralympiques à Paris, de fin août à début septembre prochain. Il faut aussi intégrer les raisons financières : certains pays ont choisi de miser sur les disciplines qui leur seront profitables. "Des pays comme l'Argentine, le Cap Vert, Hong Kong ou Macao participent habituellement, mais ce n'est pas le cas cette année", précise José Pereira, directeur technique Virtus, la fédération sportive internationale pour les personnes handicapées mentales.

La Marne, terre du sport adapté

Le sport adapté ne date pas d'hier dans la région. "C'est un des territoires historiques du sport adapté, la fédération a maintenant 52 ans. Dans la Marne, ça s'est implanté sur Châlons-en-Champagne notamment, avec la plus grosse association du Grand Est. Le pôle France et le haut niveau se sont installés au Creps de Reims. Les deux pôles France, en athlétisme et en football y sont implantés", a précisé ce jeudi 22 février, Marc Truffaut.

Le président de la fédération Française de sport adapté était notre invité, sur le plateau d'ICI 19/20. "En France, il existe en fait deux fédérations : la fédération Française handisport pour le handicap physique, et la fédération Française de sport adapté pour le handicap mental ou psychique et les troubles du spectre autistique", précise-t-il.

Le sport adapté gagne en importance. Il est même encouragé par la Première dame, Brigitte Macron, qui est passée en visite sur le site de ces épreuves, jeudi 22 février. Les épreuves, ouvertes au public, se déroulent au Creps de Reims jusqu'au samedi 24 février.