Législatives 2022 à Reims : Aina Kuric et Arnaud Robinet appellent à voter contre l'extrême-droite, d'autres refusent de voter pour la Nupes

Après le premier tour des élections législatives de 2022, le dimanche 12 juin, plusieurs personnalités politiques de Reims (Marne) ont appelé à voter contre l'extrême-droite; d'autres à voter Nupes. Le second tour a lieu le dimanche 19 juin.

À l'issue du premier tour des élections législatives de 2022, les défaites et les victoires vont déterminer un certain nombre de reports de voix. Lézardé depuis une dizaine d'années, le front républicain continue néanmoins (relativement) à tenir.

L'extrême-droite est présente au second tour dans deux des trois circonscriptions rémoises. Il s'agit du Rassemblement national (RN/ex-Front national) dans les deux cas. Le parti frontiste peut espérer gagner de l'influence politique et une manne financière considérable en décrochant assez de sièges à l'Assemblée nationale. 

Dans la deuxième circonscription, où se cristallisent les tensions, Lynda Meguenine (LFI, coalition de la gauche Nupes) devance Anne-Sophie Frigout (RN), à 22,5% des suffrages contre 22,0% Quant à la troisième, Éric Girardin (Renaissance/ex-LREM, coalition présidentielle Ensemble) est opposé à Jennifer Marc (RN), à 30,8% versus 29,0% (voir la carte ci-dessous). 


Le maire de Reims, Arnaud Robinet (Horizons, proche du parti présidentiel), rappelle que son "engagement politique a toujours été de battre les extrêmes, l'extrême droite notamment", a-t-il déclaré à France Info le lundi 13 juin. "Chaque politique doit prendre ses responsabilités dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté.

Engagement réitéré auprès de France 3 Champagne-Ardenne le lendemain. "J'ai toujours combattu l'extrême-droite. La France ne gagnerait rien avec elle." 

Barrage, mais pas toujours

Du côté de la députée sortante de la deuxième circonscription, Aina Kuric (Agir, autre parti gravitant autour de LREM), aucune compromission n'est envisagée, mais pas de blanc-seing non plus. "Attention : derrière la Nupes, il y a la France insoumise, parfois les écologistes, parfois les socialistes. Je pense que toutes ces étiquettes ne se valent pas. C'est pourquoi il faut être vigilant quand on regarde derrière ces étiquettes."

"Pour ma part, le Front national, le Rassemblement national : c'est non, c'est jamais. Et bien entendu, je ferai barrage, et j'encourage ceux qui ont voté pour moi à faire de même."

Je ferai barrage, et j'encourage ceux qui ont voté pour moi à faire de même.

Aina Kuric, députée sortante de la deuxième circonscription de la Marne

Quant à Catherine Vautrin (LR), la présidente de l'intercommunalité (et ex-future Première ministre), elle renvoie dos à dos ce qu'elle appelle "les extrêmes. J'ai toujours combattu le RN. Pas de soutien non plus à LFI qui affirme que la police tue", précise-t-elle. Une référence à la phrase de Jean-Luc Mélenchon dénonçant la passivité supposée de l'institution policière face à plusieurs homicides où la légitime défense pouvait être discutée. 

Extrême-gauche ou gauche tout-court ?

Même ligne pour Mario Rossi, président de la section marnaise de l'Union des démocrates et indépendants (UDI, formation de centre-droit alliée au parti Les Républicains). "Je n'appelle pas à l'abstention car je trouve qu'il est important de voter... Mais je ne vois pas comment on peut apporter un bulletin à un candidat d'extrême-droite, ou d'extrême-gauche." 

À noter que selon plusieurs observateurs, la Nupes abrite des partis dits réformistes (le contraire des partis dits révolutionnaires), du centre-gauche à la gauche radicale (ou "gauche de la gauche"), bien que les positions insoumises ou communistes puissent être clivantes. L'extrême-gauche est plutôt traditionnellement représentée par Lutte ouvrière (LO) ou le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui n'ont pas rejoint la Nupes.

"Mon appel serait donc de jeter les deux bulletins [Meguenine de LFI et Frigout du RN dans la deuxième circonscription; ndlr], et de voter blanc. Pour manifester notre volonté de ne pas cautionner ces deux extrêmes." (une position très critiquée à gauche, voir le tweet ci-dessous qui "appelle les élus de droite à prendre leurs responsabilités")


Le conseiller régional Éric Quénard (PS) ne cache pas sa colère contre cette vision dite extrême. "La Nupes est un rassemblement, un bloc divers. Mais il est cohérent [en dépit des désaccords; ndlr]. Donc dire qu'on ne soutient pas, ou renvoyer dos à dos l'extrême-droite d'un côté, et de l'autre des candidats qui sont dans le camp républicain, ce n'est pas acceptable. C'est pour moi une faute politique majeure. Donc j'appelle les grands élus du département de la Marne à être très clairs et appeler à faire barrage à l'extrême-droite." Le vote du second tour aura lieu le dimanche 19 juin.