Mort de Michael Collins : pourquoi l'astronaute américain était surnommé "le Lorrain"

A la différence d'Armstrong et Aldrin, il n'a jamais marché sur la Lune. Lui avait le rôle crucial de commandant de bord d'Apollo 11. Mais les Lorrains se souviennent surtout que le pilote américain avait trouvé l'amour à Chambley (Meurthe-et-Moselle) et s'y était marié en 1959... et en 1967.

Le pilote du module de commande d'Apollo 11, Michael Collin, à l'entraînement pratique dans le simulateur du centre spatial Kennedy, le 19 juin 1969. L'astronaute américain est décédé à l'âge de 90 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué du 28 avril 2021.
Le pilote du module de commande d'Apollo 11, Michael Collin, à l'entraînement pratique dans le simulateur du centre spatial Kennedy, le 19 juin 1969. L'astronaute américain est décédé à l'âge de 90 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué du 28 avril 2021. © Nasa. MaxPPP

Michaël Collins est mort ce mercredi 28 avril 2021. Il était âgé de 90 ans. Et parmi ceux qui le pleurent, il y a de nombreux Lorrains. Tel Philippe Buron-Pilâtre, le fondateur et organisateur du Mondial Air Ballons (Gemab) qui se souvient avec émotion de l'astronaute américain.
"Un grand Monsieur nous a quittés, écrit-il sur Twitter. L’aérodrome de Chambley (LFJY) perde sa figure tutélaire. On pleure un ami."

Au sein du hangar G qui accueille depuis 2011 le Gemab, il y a depuis dix ans un espace muséal qui retrace à la fois les débuts de l'aérostation et la création de la base Otan de Chambley, dans les années 50. Ainsi que l'auditorium Michaël Collins. Car c'est à Chambley qu'a séjourné plusieurs mois le pilote de chasse américain, avant de devenir quelques années plus tard, astronaute à la Nasa, pilote de la capsule Gémini 10 puis commandant de bord de la mission Apollo 11, celle de l'homme sur la Lune en 1969.

Deux fois marié à Chambley

Douze ans auparavant, en 1957, Michael Collins a rencontré sa femme, une Lorraine d'adoption, en poste comme lui, sur la base de Chambley. Avant de devenir astronaute, Michaël Collins passe par l'académie militaire de West Point puis rejoint l'armée de l'air américaine et devient pilote sur chasseur North American F-86 Sabre à la base aérienne de Chambley-Bussières. 

Sa future épouse, Patricia Mary Finnegan, est originaire de Boston dans le Massachusetts. Officiellement elle est assistante sociale et travaille en parallèle pour l'Armée de l'Air. "Elle s'occupait de tout ce qui était manifestations et événements pour le club des officiers,  explique Philippe Buron-Pilâtre. Il ne leur a pas fallu longtemps pour tomber amoureux!" Collins est alors commandant en second de la base de l'Otan.

"Le mariage civil s'est déroulé à l'été 57, en la mairie de Chambley, puis l'office religieux a été célébré à la chapelle de la base, qui existe toujours." Et avec humour, le fondateur du Grand Est Mondial Air Ballons précise : "Ce qui cocasse, c'est que Michael Collins s'est marié deux fois. Dix ans plus tard, en 1967, alors qu'il était déjà membre du corps des astronautes, il est en visite au salon du Bourget. Là il croise le maire de Chambley de l'époque qui lui propose de revenir s'y marier une nouvelle fois. Il a accepté. Ce fut une grande fête!"

De leur union naîtront trois enfants, Kathleen (l'actrice Kate Collins) en 1959, Ann, en 1961 et un fils, Michael, en 1963. Peu après son mariage, le pilote de chasse est accepté à l'école des pilotes d'essai de l'United States Air Force de la base aérienne Edwards en 1960. Et va prendre ensuite, comme d'autres astronautes, la voie qui le mènera dans les étoiles. Mais sans avoir pu jamais marcher sur la Lune.

Le froid, la boue... et l'amour

Michaël Collins avait bien pensé revenir une troisième fois à Chambley, invité par Philippe Buron-Pilâtre, sur la base rénovée. Mais son état de santé ne lui a jamais permis. Il a toutefois échangé toute une correspondance avec le Lorrain passionné du plus léger que l'air.

"Il se souvenait du froid lorrain et de la boue. Comme ses camarades, il pensait ne rester que quinze jours sur cette base, mais cela a duré bien plus longtemps". Suffisamment en tout cas pour trouver l'amour. Dans des conditions souvent spartiates au départ : "Il n'y avait pas l'eau courante, c'était encore l'époque où l'on allait aux toilettes au fond du jardin. Mais pour lui, c'était forcément magique, puisque c'est l'endroit où il est tombé amoureux."

S'il était repassé par la Lorraine, la dernière semaine de juillet, en année impaire, il aurait certainement pris le temps d'échanger avec l'autre astronaute lorrain, le spationaute d'origine mosellane, Jean-François Clervoy (Trois missions sur navette spatiale dans les années 90), qui évoque son prestigieux aîné dans le livre Histoire de la conquête spatiale qu'il a co-signé avec Franck Lehot. Ces deux "Lorrains", plus qu'aucun autre, savent ce que c'est que de "toucher les étoiles".

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