TEMOIGNAGE - “Nous sommes des boucs émissaires” : les jeunes agriculteurs sont en colère

Hubert Basse est président des jeunes agriculteurs de la Meuse. / © Lodois Gravel, France 3 Lorraine
Hubert Basse est président des jeunes agriculteurs de la Meuse. / © Lodois Gravel, France 3 Lorraine

Les jeunes agriculteurs en ont ras le bol et veulent le faire savoir. Ils appellent à des rassemblements mardi 8 octobre partout en Meuse et en Lorraine. La profession doit faire face à de nombreuses difficultés et entend montrer sa colère.

Par Yves Quemener

Les jeunes agriculteurs manifestent mardi 8 octobre 2019 à l'appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA).
 
Les agriculteurs se mobilisent à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs avec des barrages filtrants comme ici à Bar-le-Duc. / © Hubert Basse
Les agriculteurs se mobilisent à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs avec des barrages filtrants comme ici à Bar-le-Duc. / © Hubert Basse

Cela fait maintenant douze ans qu’il est installé à Bonzée en Meuse. Hubert Basse a aujourd'hui 32 ans. Il a repris l'exploitation familiale en 2007. Et aujourd'hui, il est à la tête d'un élevage de 70 vaches laitières. Il produit des céréales sur 40 hectares.
 

Il a essayé de faire les choses dans les règles. Il a investi pour se mettre aux normes. Il a agrandi son exploitation pour être viable. Il a même fait deux études pour passer en bio. Mais franchement, ce qu'il lui manque surtout, c'est une orientation politique claire.

Face aux détracteurs de l'agriculture traditionnelle, Hubert Basse oppose une agriculture locale. Son bétail est nourri avec la production de ses champs et du Colza 100% Lorrain pour produire un lait sans OGM. Il regrette que les agriculteurs servent souvent de bouc émissaire.

"A propos des pesticides, je ne comprends pas les règles de distance édictées de manière aléatoire et qui ne tiennent pas compte de la nocivité relative des différents produits, dit-il. Il faut savoir que certains phytosanitaires sont moins nocifs que certains pesticides et que certains pesticides peuvent être dangereux même à 150 mètres des habitations. En fait cela dépend de bien plus de facteurs ; il y a là un manque de bon sens."
 

Hubert Basse regrette aussi l’acharnement des médias et des réseaux sociaux sur les agriculteurs et sur l’agriculture en générale, "nous sommes souvent accusés à tort, souvent pris pour des boucs émissaires". 
 
Dans la Meuse les agriculteurs ont choisi la carte de la convivialité. / © Hubert Basse
Dans la Meuse les agriculteurs ont choisi la carte de la convivialité. / © Hubert Basse

Autre source de mécontentement : l’opposition au CETA qui reste toujours très vive. D’autant que la sécheresse a touché de grandes zones d’élevage dans l'est de la France. "Clairement la feuille de route n'est pas nette entre des États généraux de l’alimentation ou on nous disait de produire plus et de monter en gamme avec des contrats rémunérés, et en même temps on signe les accords du CETA et du Mercosur avec des modèles agricoles qui sont totalement contraire à ce qu’attendent les citoyens" constate Hubert Basse. 

"Aujourd’hui on sait plus car on est sur des cours mondiaux et on a des contraintes supplémentaires. En fait on ne voit pas arriver les hausses des prix attendues". Hubert Basse craint l’importation d’une alimentation "que nous ne voulons pas".

Il fera partie, mardi 8 octobre des jeunes agriculteurs mobilisés pour l'opération baptisée "sauve ton paysan". En Meuse trois rassemblements sont prévus, les mardis,  jusque fin octobre. En Moselle, Meurthe-et-Moselle et dans les Vosges, ils installeront également des barrages filtrants.
 


 




















 

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