Crise énergétique : en Moselle, la centrale à charbon Emile Huchet prépare son éventuel rallumage

Un mois après la fermeture de la centrale à charbon Emile Huchet de Saint-Avold (Moselle), le gouvernement devrait prochainement prendre un décret pour la prolongation temporaire de son exploitation. Mais sous quelles conditions peut-elle redémarrer son activité? GazelEnergie nous répond.

La centrale à charbon Emile Huchet (Moselle) devrait reprendre du service l'hiver prochain. Après sa fermeture, le 31 mars 2022, la crise énergétique du parc nucléaire d'EDF et la guerre en Ukraine sont passées par là et le site devrait à nouveau reprendre, temporairement, son activité.

Un courrier adressé aux salariés de GazelEnergie (propriétaire de la centrale), par le président du groupe Jean-Michel Mazalerat, annonce que le gouvernement leur demande de "renforcer les marges de production électrique afin de mieux assurer la sécurité d’approvisionnement de la France". La tranche six devrait donc reprendre du service.

On nous a demandé d'être prêts pour le 1er octobre 2022, quand l'hiver arrive.

Camille Jaffrelo, GazelEnergie

Camille Jaffrelo, directrice de cabinet de la présidence de GazelEnergie, nous explique dans quelles conditions cette reprise d'activité est possible.

Quel personnel pour le fonctionnement?

Pour la fermeture, nous avons fait un plan de sauvegarde de l'emploi, où il y a eu 87 salariés en départs volontaires et une majorité en départ à la retraite. On a écrit aux salariés pour reconstituer des équipes d'exploitation et de maintenance. Tout ceci doit être validé dans un prochain CSE, si la tranche devait tourner à nouveau, nous commencerions la réembauche de personnel.

Comment s'approvisionner en matière première, le charbon?

Il nous reste un peu de charbon de la saison passée, ainsi qu'un stock de notre centrale du sud que l'on rapatrie.

Mais l'embargo sur le charbon russe, qui sera effectif début août 2022 engendre une explosion des prix, on subit cette hausse dans nos commandes. En ce moment, on importe du charbon qui provient du Kazakh. La Russie était le premier pays qui approvisionnait l'Europe. Ce futur embargo entraine deux contraintes: la première, c'est le prix du marché parce que tout le monde doit trouver du charbon qui ne vient pas de Russie et la deuxième contrainte est logistique avec le flux de transport de pays comme l'Afrique du Sud ou la Colombie, qui sont des gros exportateurs. Les distances sont plus compliquées que les flux habituels.

On a une enveloppe de dix millions d'euros pour faire des travaux.

Camille Jaffrelo, GazelEnergie

La centrale est-elle prête à fonctionner de nouveau?

Toutes les saisons, on faisait une mise sous cocon, qui est un amorçage de mise en sécurité avant l'arrêt. Nous en sommes actuellement à cette étape. Pour le redémarrage, on a besoin de faire des travaux, car cette tranche étant vouée à disparaître, nous n'avions pas engagé de gros travaux.

On a une enveloppe de dix millions d'euros pour faire ces travaux. On nous a demandé d'être prêts pour le 1er octobre 2022, quand l'hiver arrive et que l'on rallume le chauffage. On va être pragmatique et faire le maximum dans les délais impartis. Aujourd'hui, la tranche peut fonctionner sans travaux, mais on sait qu'il y a des points de fragilité. On préfère intervenir en amont plutôt que d'interrompre la production.