Le propriétaire présumé de la panthère d'Armentières placé en garde à vue

Une panthère noire en liberté sur des toits à Armentières, dans la soirée du 18 septembre 2019. / © SDIS 59 - Montage France 3
Une panthère noire en liberté sur des toits à Armentières, dans la soirée du 18 septembre 2019. / © SDIS 59 - Montage France 3

Il s'était présenté de lui-même au commissariat.

Par Quentin Vasseur

L'occupant du logement de la rue de l'Avenir, à Armentières, d'où s'était échappée le 19 septembre une panthère noire, a été placé en garde à vue ce mardi 1er octobre, après s'être présenté de lui-même au commissariat de la ville nordiste, a indiqué le parquet de Lille. Il était introuvable depuis le début de l'affaire, mais la police avait indiqué à plusieurs reprises l'avoir "identifié" et "localisé autour d'Armentières".
 

Il a été placé en garde à vue pour les faits de :
  • mise en danger de la vie d’autrui
  • ouverture non autorisée d’établissement pour animal non domestique
  • exploitation d’établissement pour animaux non domestique sans certificat de capacité
  • cession non autorisée d’animal d’espèce non domestique ou de ses produits
  • sévices graves ou acte de cruauté envers un animal non domestique apprivoisé ou captif
  • détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir procédé à son identification.
Selon le parquet, il est pour l'heure "largement prématuré" de parler de trafic d'animaux. 
 

Pour détenir légalement un animal de ce type, il faut détenir à la fois un certificat de capacité pour démontrer les compétences du propriétaire à accueillir l'animal (qui peut être obtenue via une épreuve d'aptitude) et une qualification préfectorale d'ouverture d'établissement.

Même s'il s'agit du domicile d'un particulier et qu'il n'accueille qu'un seul animal, il arrive fréquemment que la douane ou l'ONCFS fasse appel à des particuliers – reconnus par l'État – pour prendre en charge des animaux saisis.

 

De l'errance sur les toits au vol nocturne


La panthère, une femelle âgée de 6 à 12 mois et pesant 25 à 30 kilos, s'était promenée sur les toits jouxtant l'appartement à la stupeur des riverains, avant d'être secourue par les sapeurs-pompiers.
 

Soignée, elle avait alors été placée dans un enclos protégé au sein du zoo de Maubeuge, où elle attendait son transfert vers un centre spécialisé de l'association Tonga Terre d'Accueil, à Saint-Martin-la-Plaine (Loire).

L'animal, dégriffé, était déjà en grand stress et se nourrissait peu. Mais dans la nuit du 23 au 24 septembre, il avait été volé. À l'intérieur du zoo, à une cinquantaine de mètres du commissariat de Maubeuge, les six cadenas avait été retrouvés brisés. La ville soupçonnait alors que "des moyens conséquents ont été utilisés".

Rien, dans les faits dont on soupçonne le propriétaire présumé, ne semble, à ce stade, le relier à ce vol. La mairie de Maubeuge a porté plainte et une enquête a été ouverte par le parquet d'Avesnes-sur-Helpe.
 

 

Deux autres auditions


Deux autres personnes avaient déjà été auditionnées dans cette affaire, annonçait il y a quelques jours le Journal du Dimanche. Il s'agissait de la mère du mis en cause ainsi qu'un autre homme, résidant à Ronchin et soupçonné d'avoir fait le ménage dans l'appartement avant l'arrivée de la police. Ce mardi, le parquet de Lille a confirmé que cet homme avait été placé en garde à vue vendredi dernier pour "des faits de modification de l'état des lieux d'un crime ou d'un délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité". "Sa garde-à-vue a été levée le même jour", a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

La garde à vue du prévenu, qui s'est présenté volontairement sur le conseil de son avocat, toujours d'après le JDD, devrait en tout cas lever le voile sur l'origine de cet animal, très rare même au sein du trafic de grands félins. On ignore toujours où la panthère se trouve depuis son vol.

 

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