Douai : après sept ans de cavale, le braqueur David Gras condamné à 15 ans de réclusion

L'une des salles de la Cour d'assises de Douai (Nord). / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
L'une des salles de la Cour d'assises de Douai (Nord). / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

L'un des braqueurs les plus recherchés d'Europe, David Gras, a été condamné après sept ans de cavale jeudi 4 juillet par les Assises du Nord, à 15 ans de réclusion criminelle.

Par AFP

Après sept ans de cavale, l'un des braqueurs les plus recherchés d'Europe, David Gras, a été condamné, jeudi 4 juillet, à 15 ans de réclusion criminelle par les assises du Nord pour une série d'attaques à main armée, dont celle d'Orly, qui avait fait un mort. Une peine "entre 15 et 18 ans" de réclusion avait été requise mercredi à son encontre.

Il avait déjà été condamné en son absence le 8 juillet 2016 par cette même cour, à 25 ans de réclusion criminelle, à l'issue d'un procès de plus d'un mois où 19 personnes avaient été jugées. Parmi elles, son complice rencontré en prison, Serge Veron, condamné à 18 ans de prison.

Recherché depuis 2011, David Gras s'était présenté de lui-même le 2 août 2018 au greffe de la cour d'assises du Nord pour se constituer prisonnier.

"C'est un voleur, un malfaiteur et vous pouvez vous dire que, pendant sept ans, il a dû bien se marrer, mais sa cavale ce n'était pas une baignade à Honolulu... C'était un calvaire psychologique", a lancé l'avocat de l'accusé, Jérôme Goudard, aux jurés lors de sa plaidoirie jeudi matin.

David Gras "a un minimum de courage, il est venu devant vous et il vous a dit ce qu'il a fait... On ne se rend pas par opportunisme quand on a 25 ans au dessus de sa tête", a-t-il ajouté avant de contester tout passé de "grand bandistisme" chez son client. 

Gras "n'a jamais été le cerveau de rien du tout, c'est devenu une légende seulement parce que, pendant sept ans, on le n'a pas trouvé". L'accusé était jugé depuis le 21 juin pour une série de braquages, y compris à l'explosif, dont celui d'Orly. 

"Évidemment que je suis coupable"


En septembre 2011, des assaillants avaient attaqué à l'explosif la société de transport de fonds Témis, emportant un butin de plus de 8,2 millions d'euros. Le convoyeur avait été tué, un passant brièvement pris en otage et les braqueurs avaient tiré sur la police pour couvrir leur fuite.

L'autre braquage à l'explosif jugé dans ce procès visait un dépôt de fonds de la société Loomis par cinq hommes, à Villers-Semeuse (Ardennes), le 16 juin 2011, pour un butin de 1,5 million d'euros.

Lors de ce procès, l'accusé, aujourd'hui âgé de 49 ans et qui se dit "en pénitence'", a évoqué sa cavale comme "une souffrance".

"La cavale n'est pas une vie, c'est une horreur", en choisissant de partir, "j'ai choisi la solitude, je me suis coupé de tout le monde, notamment de ma grand-mère, décédée pendant ma cavale... Je le regretterai jusque la fin de mes jours", avait-il dit le premier jour de son procès. 

Pendant sa fuite, il a raconté s'être "converti à l'orthodoxie" : "Ma foi m'a donné la force de revenir". L'ancien punk, élevé par sa grand-mère à Nevers dans "des conditions très modestes", a aussi dévoilé avoir fui la France en 2012, sans préciser pour quel pays, car "ici", c'était "le stress": "Une fois que l'ADN de Serge a été retrouvé, je savais que la relation serait faite". 

"Évidemment que je suis coupable, je sais que je mérite tout ce qui se passe", mais "j'aimerais sortir (de prison) vivant pour pouvoir profiter encore de quelques années", a affirmé David Gras aux jurés avant que la cour se retire.
 

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