"Tout a été très soudain" : un troisième immeuble du Vieux-Lille évacué après la découverte de fissures

Publié le Mis à jour le
Écrit par Martin Vanlaton et Damien Deparnay

Ce vendredi 25 novembre, un troisième immeuble de la rue de la Monnaie à Lille (Nord) a été évacué par précaution suite à la découverte de fissures importantes. 3 commerces sont fermés.15 personnes ont du quitter leur logement.

"Oui, il y a de grosses fissures depuis plusieurs années". Ce samedi 26 novembre, une habitante évacuée la veille à la hâte de son appartement qu’elle loue dans l’immeuble situé au 44, rue de la Monnaie à Lille, témoigne.

"L’évacuation s’est faite très vite". Dans un premier temps, la locataire est informée qu’elle va être amenée à devoir évacuer "dans la semaine". Mais une heure après, "la police municipale est revenue pour dire qu’il fallait immédiatement évacuer".

C’est dur psychologiquement.

Une habitante de l'immeuble 44 de la rue de la Monnaie à Lille

Interdiction pour elle de se rendre à la cave pour récupérer sa valise. "Tout a été très rapide, très soudain, confie-t-elle. C’est dur psychologiquement". Après une première nuit passée à l’hôtel, impossible de savoir quand elle pourra regagner son logement.

Troisième immeuble évacué rue de la Monnaie en une semaine

Au numéro 44, trois personnes ont ainsi été évacuées, ainsi que la chocolaterie Astral chocolat installée au rez-de-chaussée. Une scène identique à celle qui s’est déroulée deux jours plus tôt, dans les immeubles voisins situés au 46 et au 48 de cette artère très commerçante du Vieux-Lille. Au total, 15 particuliers ont du quitter leur logement dans l'urgence.

"Je suis complètement paniquée, triste, en colère, à fleur de peau, témoigne la locataire d'un appartement situé au premier étage de l'immeuble situé au 48. Clairement, je suis à la rue. J’ai des amis qui me proposent des solutions d’urgence donc ça va, mais je ne peux pas me trimbaler avec mes vêtements à droite, à gauche… C’est difficile".

L’alerte avait été donnée aux services de la mairie en début de semaine par le syndic de l’immeuble situé au numéro 48 de la rue. "La ville a été alertée de l’existence d’un rapport réalisé par un cabinet qui date d’il y a un an, sur l’existence de désordres", indique-t-on du côté de la municipalité.

Fissures

Une visite des lieux a permis de confirmer l’existence de ces désordres, à savoir des fissures conséquentes. Un ancien locataire de l'immeuble situé au numéro 48, dont nous avons récolté le témoignage, assure avoir alerté les autorités sur l'insalubrité de l'édifice en 2020, avant de quitter les lieux par crainte.

Immédiatement saisi, le tribunal administratif a désigné un expert et un arrêté de mise en demeure des propriétaires a été pris dans la foulée de l’évacuation d’une douzaine d’habitations et de deux commerces – la Chaise Longue et Antoine et Lili - mercredi 23 novembre dans la soirée.

La mairie a par ailleurs organisé une réunion avec les commerçants concernés pour évoquer des indemnisations. 

Inquiétude dans le quartier

Ces évacuations interviennent deux semaines après l'effondrement de deux immeubles au 42 et 44 de la rue Pierre Mauroy, causant le décès du docteur psychiatre Alexandre Klein.

Dans le quartier, les habitants cachent difficilement leur inquiétude. "En plus de ce qui s’est passé rue Pierre Mauroy… on rentre un peu dans une psychose", avance un riverain qui salue toutefois la démarche de prévention engagée par la municipalité.

Sur le trottoir d’en face, la patronne du Porthos, un restaurant bien connu des Lillois, se dit "sincèrement inquiète et désolée pour les commerçants".

On est très inquiets pour la rue. On est dans un secteur très ancien avec l’Hospice Comtesse. On peut tous être concernés.

Evelyne Lelieur, gérante du Porthos

Selon Evelyne Lelieur, "ce qui leur arrive à eux aujourd’hui peut nous concerner nous, les immeubles les plus anciens de la rue, avec des problèmes de fondation ou autre même si on entretient nos immeubles".

Un constat partagé par le gérant d’une boutique d’appareils photos située à trois numéros de là. "Je suis très inquiet parce qu’on a aucune visibilité sur ce qui va se passer. On ne va pas parler en jours, en semaines mais plutôt en mois…" Difficile à encaisser, à moins d'un mois des fêtes de fin d'année.

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