TEMOIGNAGE. "Elle était toujours très énervée. Elle prenait toute mon énergie", le combat d'une maman pour faire reconnaître le TDAH

Stéphanie Jacquet a découvert tardivement que sa fille Pauline est atteinte de troubles du déficit de l'attention. Une longue traversée du désert pour elle et son enfant. Depuis elle se bat contre le décrochage scolaire des enfants qui en sont atteints.

C'est en s'occupant de sa fille Pauline, que Stéphanie Jacquet découvre les TDAH. Les troubles du déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité, touchent 5 % des enfants et 3 % des adultes et sont assez méconnus du grand public. Il s'agit de troubles du neurodéveloppement qui empêchent parfois les enfants de suivre normalement un cursus scolaire.

Ma fille avait beau se dépenser, elle était toujours très énervée. Elle prenait toute mon énergie.

Stéphanie Jacquet

sur le plateau de Hauts Féminin, France 3 Hauts-de-France

Les TDAH se manifestent à travers trois symptômes : l'inattention, l'impulsivité et parfois, l'hyperactivité, même si cela ne s'exprime pas toujours. Stéphanie Jacquet explique qu'il peut y avoir un quatrième symptôme, qui n'est pas reconnu officiellement : une démonstration disproportionnée des émotions.

Pour la présidente de l'association, ce trouble apparaît dans sa vie aux 2 ans de sa fille Pauline : "Déjà quand elle était bébé, elle me donnait des coups très, très fort, sur la table à langer. C'était mon premier enfant. Je me suis dit que c'était peut-être normal. À partir de ses 2 ans, il y avait une opposition très forte, une hyperactivité incroyable. Elle avait beau se dépenser, elle était toujours très énervée. Elle prenait toute mon énergie. Je me suis dit, il y a quelque chose, mais quoi ? Je ne savais pas."

Quatre ans après ça, Stéphanie Jacquet se tourne vers un service pédopsychiatrique dans le but de comprendre sa fille, qui traversait "une crise d'ado puissance 10, mais à l'âge de 3 ans." Elle se demandait ce qu'elle "faisait mal". Mais ce moment où elle contacte les pédopsychiatres coïncide avec sa séparation du père du Pauline. Les experts mettent en cause cet événement parental pour expliquer les troubles du comportement de la jeune fille.

Une enfant pas comme les autres

Avec les années, Stéphanie Jacquet apprend à canaliser sa fille. Chez elle, elle achète un punchingball pour que Pauline puisse se défouler. À l'école, c'est sur un drôle de siège qui fait son apparition au milieu des tables et des chaises classiques : un vélo-bureau. Pauline pédale pendant les cours, et ça lui permet de se concentrer. Stéphanie Jacquet explique que les enfants TDAH ont ce même problème à l'école : "Ils se disent 'je ne dois pas bouger, je ne dois pas déranger la classe', l'enfant est focalisé sur ça. Avec ça, l'élève peut se dépenser et le cerveau est disponible pour intégrer le cours."

L'association présidée par Stéphanie Jacquet promeut ces objets qui canalisent les élèves auprès des établissements scolaires. Plusieurs collèges des Hauts-de-France se sont dotés de vélos-bureaux, et d'autres outils comme des chambres à air à manipuler avec les pieds, des élastiques, des ballons d'assise pour que les enfants atteints de TDAH puissent bouger sans faire de bruit.

Cet accompagnement en milieu scolaire est déjà une première solution. L'association de Stéphanie Jacquet soutient également dans leur quotidien les familles épuisées à cause de ce trouble qui touche leurs enfants.

Revoir l'émission Hauts Féminin sur france.tv.

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