Agriculteurs en colère. "Les pêcheurs des Hauts-de-France solidaires avec la mobilisation." 3 questions à Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches

A Boulogne-sur-Mer, Olivier Leprêtre, Président du Comité Régional des Pêches, se déclare solidaire des revendications portées par les agriculteurs. Il dénonce comme eux, "les contraintes administratives de Bruxelles, l’accumulation des normes européennes et des normes environnementales dictées par des technocrates éloignés du terrain."

La mobilisation des agriculteurs se poursuit dans la région comme partout en France. Barrages, manifestations, les agriculteurs multiplient les blocages pour se faire entendre. 

Aujourd’hui, les pêcheurs boulonnais leur apportent leur soutien en la personne du Président du Comité Régional des pêches maritimes et des élevages marins de la région, Olivier Lepêtre.

Pourquoi les pêcheurs boulonnais soutiennent-ils le mouvement ?

Olivier Leprêtre : « Les agriculteurs subissent la même chose que les pêcheurs. À savoir qu’au nom du diktat européen, on impose aux agriculteurs des règles qui n’ont ni queue ni tête. Des contraintes administratives qui émanent de Bruxelles et qui s’accumulent.

Il nous est impossible de travailler sereinement tant la charge administrative est importante. Les contraintes de Bruxelles sont inadaptées à nos modes de productions, à nos professions, nous pêcheurs et eux agriculteurs.

Par exemple, des réglementations environnementales qui nous empêchent de travailler, des fermetures de zones de pêche, des aires marines protégées inaccessibles, des installations de champs éoliens qui réduisent notre territoire.

Est-ce que vous diriez que vos métiers se ressemblent ?

Olivier Leprêtre : « Oui complètement, comme les agriculteurs nous nourrissons la France. Nous avons les mêmes valeurs, nous voulons vivre de notre métier.

Aujourd’hui, on voit arriver des importations de produits extra-européens qui ne remplissent aucune des normes écologiques et sociales qu’on nous impose.

80 % du poisson consommés en France est importé, tout comme le lait qui provient de Nouvelle-Zélande. Les prix deviennent dérisoires, nos charges augmentent et les consommateurs eux payent le prix fort !

Nos métiers sont en crise permanente et ce n’est pas avec des aides au coup par coup que cela va changer. Il faut des décisions pérennes adaptées au modèle de l’agriculture et de la pêche française.

Êtes-vous prêt vous aussi à la mobilisation ?

Olivier Leprêtre : « J’ai des demandes, pas plus tard que ce matin. Des pêcheurs se disent prêts à embrayer sur ce mouvement.

Une mobilisation, ça sert à sensibiliser le grand public, les responsables politiques et les autorités compétentes sur l’urgence de réforme pour notre économie et notre sécurité alimentaire.

Aujourd’hui, nous soutenons les agriculteurs, demain nous verrons comment. Je n’attends pas grand-chose des annonces du Premier ministre, Gabriel Attal. J’invite surtout tous les députés européens, les écolos à venir sur le terrain, pour découvrir la réalité de nos métiers. 

Unie dans la diversité telle est la devise de l’Europe, non ?