Hesdin : le procès en appel de l'ancien maire pour détournement de fonds publics a lieu ce mardi à Douai

L'ancien maire d'Hesdin, Stéphane Sieczkowski-Samier, avait été condamné par le tribunal judiciaire de Boulogne début 2020 à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité pour des faits de détournement de fonds publics. Un an après, son procès en appel a lieu ce mardi à Douai. 

Hesdin : le procès en appel de l'ancien maire, Stéphane Sieczkowski-Samier, pour détournement de fonds public a lieu ce mardi
Hesdin : le procès en appel de l'ancien maire, Stéphane Sieczkowski-Samier, pour détournement de fonds public a lieu ce mardi © Denis CHARLET / AFP

Trois ans de prison avec sursis, cinq ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics, l'ancien maire d'Hesdin, Stéphane Sieczkowski-Samier n'a pas digéré sa condamnation prononcée par le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer le 21 janvier 2020. Son procès en appel commence ce mardi 9 mars à Douai. 

Face à ce nouveau procès, son avocat Me Bovis, veut plaider la relaxe : "Nous n'avons pas de nouveaux éléments, mais nous allons présenter le dossier sous un nouvel angle pour montrer que Stéphane Sieczkowski-Samier n'a pas détourné des fonds publics."

Il dénonce un procès influencé par le contexte : "Mon client était sous les projecteurs. Le conseil d'Etat venait de prononcer sa révocation. Avant même le début de l'audience, nous savions qu'il allait être condamné.

Le temps a manqué selon lui : "Au fur et à mesure de l'audience, nous avions constaté une évolution dans la pensée du tribunal. Aujourd'hui, on va pouvoir aborder le dossier plus sereinement et montrer qu'il n'y a pas la moindre preuve tangible de détournement de fonds publics."

Des frais de repas, de carburant et de matériel en cause

Si l'ancien maire d'Hesdin s'est retrouvé devant la justice, c'est qu'il est accusé d'avoir payé avec l'argent de la collectivité des frais de repas, de carburant, mais aussi acheter du matériel retrouvé à son domicile. 

Me Bovis plaide pour la "maladresse" de son client. "En ce qui concerne les matériaux retrouvés au domicile de mon client, c'était un surplus d'achat réalisé par la collectivité. Stéphane Sieczkowski-Samier en a fait l'acquisition en réglant le surplus personnellement au magasin, sous forme d'avoir pour la collectivité. Ce n'est pas très orthodoxe, mais on se rend bien compte qu'il n'y a aucune intention de léser la collectivité", estime son avocat. 

Concernant les frais de repas et de carburant, il s'appuie sur le devoir de représentation et l'absence de preuves prouvant que les repas et le carburant utilisés par l'ancien élu l'a été a des fins personnelles et non politiques. "Aucun texte ne contraint un élu à indiquer avec qui il déjeune, sinon, ce serait le législateur qui contrôlerait l'action politique."

Il ajoute que "chaque dépense mise en cause a été validée par le comptable public. La responsabilité de ce dernier doit alors aussi être questionnée pour négligence et complicité si mon client est reconnu coupable de détournement de fonds publics."

"Une erreur de communication"

Elu en 2014 et alors plus jeune maire de France, Stéphane Sieczkowski-Samier, avait défrayé la chronique notamment en achetant deux pistolets aux frais de la collectivité ou au moment de sa révocation par le Conseil des ministres le 21 août 2019. Alors que les gendarmes étaient à sa recherche pour lui remettre cette révocation, l'élu de 26 ans avait publié une photo de lui aux Bahamas sur les réseaux sociaux avec la légende : "Touché, mais pas coulé"

Une frasque parmi d'autres qui "ne constitue pas une infraction pénale", rétorque son avocat. "On peut reprocher pleins de choses à mon client, d'être hautain, péremptoire, très sûr de lui. Certains l'ont même qualifié de petit con. Mais ses erreurs de communication, d'approche, ne font pas de lui le délinquant dont on a tiré le portrait dans la presse et au tribunal."

 

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