843 ex-Goodyear devant les prud'hommes d'Amiens

© France 3 Picardie/Mickael Guiho
© France 3 Picardie/Mickael Guiho

4 ans après la fermeture de l'usine Goodyear d'Amiens nord, 843 ex-salariés se retrouvent devant les prud'hommes ce jeudi. Ils contestent le motif économique de leur licenciement et réclament une indemnisation.

Par J.A avec AFP

[Mise à jour du 05/10/2018 : A l'issue de l'audience, la décision a été mise en délibéré au 16 mai 2019.]

Devant le nombre de plaignants, le conseil des prud'hommes d'Amiens a été obligé d'organiser l'audience au Zénith : 843 anciens salariés de l'usine Goodyear d'Amiens Nord demandent une indemnisation au groupe, estimant que leur licenciement n'avait pas de cause économique sérieuse.

Après le procès en première instance et en appel, où sept anciens salariés ont été condamnés à des peines de prison avec sursis de 12 mois maximum pour la séquestration de deux cadres de l'entreprise, c'est une nouvelle étape judiciaire qui attend les anciens Goodyear.
 


"Que Goodyear ait fermé l'usine en 2014 alors qu'il y avait eu une année record sur ses bénéfices. C'est inadmissible qu'un groupe qui fait près de 2,7 milliards d'euros de profit net après impôt, après avoir payé les actionnaires, vienne dire +On se doit de fermer l'usine car ça met en péril notre compétitivité+", souligne à l'AFP Mickaël Wamen, ex-leader de la CGT de l'usine et figure de la contestation, qui a fait partie des sept salariés condamnés. Il devrait prendre la parole dès 8h devant le Zénith devant des dizaines de militants de la CGT. 
 


Leur ligne de défense, c'est de démontrer "le véritable employeur n'était pas la société française", mais sa maison-mère luxembourgeoise qui "au final vendait les pneus et concentrait les bénéfices"; explique leur avocat Me Rilov. "Nous démontrerons qu'elle était co-employeur, ce qui conduira inévitablement à l'illégalité des licenciements". 

Autre angle d'attaque, un "harcèlement généralisé et collectif" plusieurs mois avant la fermeture, avec une "discipline de fer" alors que la direction avait déjà décidé de mettre la clef sous la porte, estime celui qui est aussi surnommé "l'avocat rouge".
    
Les avocats de la société américaine n'ont pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Selon la préfecture de la Somme, 640 emplois ont été déjà créés dans le cadre de la Convention de revitalisation de Goodyear-Amiens nord sur les 914 emplois programmés. Et des actions de revitalisation ont été financées à hauteur de 5,9 millions d'euros par Goodyear Dunlop Tires France. 
 

  
La direction de l'entreprise affirme que 346 personnes ont retrouvé un travail, 102 ont créé leur entreprise, 188 pris leur retraite et 189 ont "quitté le congé de reclassement" après une "formation qualifiante".
  
Les plaidoiries débuteront à 8h et finiront à 19h. Le jugement devrait être mis en délibéré au premier trimestre 2019. En cas de défaite, la CGT promet d'ores et déjà de faire appel.

En janvier 2014, l'usine Goodyear d'Amiens, symbole de l'industrie régionale mettait définitivement la clé sous la porte. 1.143 emplois avaient été ainsi supprimés. 
 

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