Cocaïne. Face au "tsunami blanc", des douaniers et des moyens supplémentaires pour le port du Havre

Jeudi 7 mars 2024, Thomas Cazenave, ministre délégué chargé des Comptes publics s'est rendu au Havre (Seine-Maritime) pour annoncer des moyens supplémentaires pour faire face au trafic de cocaïne sur le port. Précisions.

Jeudi 7 mars 2024, aux côtés du maire du Havre (Seine-Maritime), Édouard Philippe, Thomas Cazenave, ministre délégué chargé des Comptes publics a fait des annonces "pour renforcer la sécurité du port et soutenir les douaniers dans la lutte contre les trafics", notamment de cocaïne.

Ces annonces s’inscrivent dans le cadre du "Plan Port" annoncé par le ministre en décembre 2023.

"Des conteneurs comme des chevaux de Troie"

"Le port du Havre a une place particulière, c'est le premier port français avec des projets de développement de l'activité avec la construction de quais supplémentaires, de nouvelles importations de fruits et légumes", indique Thomas Cazenave, qui ajoute que "les conteneurs sont utilisés comme des chevaux de Troie par les trafiquants de drogues".

Il précise que les saisies de cocaïne ont été multipliées par cinq en dix ans. "Tous les ports du nord de l'Europe sont concernés, nous devons adapter notre réponse face à une menace qui nous touche", ajoute-t-il.

15 douaniers supplémentaires

À la rentrée de septembre 2024, plusieurs mesures vont être mises en place.  :

  • 15 douaniers vont venir "renforcer les effectifs de surveillance". En tout, actuellement, il y a 334 agents au Havre dont 98 pour la branche surveillance, 45 en administrations générales et 191 pour la branche commerciale ;
  • un nouveau scanner mobile pour vérifier le contenu des conteneurs "va permettre de multiplier par six le nombre de contrôles" ;
  • Passer d'une à cinq voitures Lapi, équipés d’un système embarqué de contrôle de plaques d’immatriculation, "pour renforcer le dispositif de contrôles des plaques d'immatriculation des camions qui entrent et sortent du port".

"Ce qui est clef dans la lutte contre le trafic, c’est le renseignement, et pour cela, nous renforçons le renseignement douanier, en particulier la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). Nous allons développer à Rouen, une équipe dédiée en proximité à la rentrée prochaine pour investiguer et renforcer l’amont et le contrôle douanier", ajoute le ministre délégué. 

Thomas Cazenave a rappelé le "travail efficace" des 16 attachés douaniers dans le cadre de l’alliance des ports contre la lutte des trafics lancée en janvier par la Communauté européenne.

Ces annonces s'ajoutent à celles de Gérald Darmanin, il y a un an, le 1er mars 2023. "Nous allons multiplier par 3 les effectifs déployés au port du Havre pour lutter contre les trafics de drogue, notamment de cocaïne, dans le cadre d’une antenne spécifique de l’office antidrogue. 25 policiers travailleront ainsi dans ce cadre", avait-il annoncé.

Rappelons que Le Havre est la première porte d'entrée en France de la cocaïne sud-américaine. C'est aussi 50% de la cocaïne importée en France. 5,5 tonnes de cocaïne ont été saisies au port du Havre en 2023, 10 tonnes en 2022 et 11 tonnes en 2021.

Dans notre magazine Enquêtes de région sur le trafic de drogues en Normandie, un douanier - sous couvert d'anonymat - déplore l'érosion des effectifs face à un "tsunami blanc" comme disent les autorités.

VIDÉO. Enquête d'Adrien Develay sur le port du Havre, extrait du magazine Enquêtes de région, disponible en replay

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L'État français a-t-il déjà pris trop de retard ?

"Depuis le début des années 2000, il y a une énorme baisse des effectifs dans certains services, parfois de 40%, déplore le fonctionnaire. Il y a même des services qui ont carrément fermé. Aujourd'hui, il y a trois brigades au Havre quand il y en avait cinq dans les années 2000."

Il reconnaît cependant que "cela fait au moins un an qu'il y a de nouveau une hausse des effectifs des douaniers au Havre, ce qui n'était jamais arrivé".

Mais le douanier craint que l'État français ait déjà pris trop de retard face aux narcotrafiquants. Il prend pour exemple le port d'Anvers qui est arrivé à une saisie de 116 tonnes de cocaïne l'an dernier avec son lot de délinquance et de dangerosité.

Le Havre a déjà connu des actes de grand banditisme comme le meurtre du docker Allan Affagard ou encore des coups de feu tirés en plein jour sur fond de trafic de drogue. Il ne faudrait pas que la situation s'envenime dans la cité océane.

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