Ce lundi 13 mars, la mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit. L’intersyndicale a mis en place un nouveau barrage filtrant sur le rond-point de la Motte à Rouen. Les militants étaient à pied d’œuvre dès 5h30 du matin, pour une levée du blocage vers 11h.
Pas de klaxons, pas de cris : les automobilistes patientaient dans le calme. "L’année dernière, c’était autre chose", relève Noémie. A 7h30, cette salariée dans un EHPAD de Déville-lès-Rouen attendait déjà depuis 1h30 de pouvoir passer – et se disait solidaire du mouvement de grève.
"Ils ont laissé passer les ambulances, un monsieur qui transportait des personnes en situation de handicap… C’est très bien ce qu’ils font. Mais pour les gens qui sont du matin, comme moi, c’est compliqué : c’est ma seule route."
Un durcissement des actions à venir
Ce barrage filtrant était organisé par la totalité de l’intersyndicale (CGT, CFDT, UNSA, FO...) Au total, près de 200 militants se sont rendus sur place, où ils continuent de filtrer les véhicules jusqu'en fin de la matinée.
"On est complètement soudé dans nos actions", souligne Gérald Le Corre, un des responsables de l’Union départementale CGT de Seine-Maritime. "Mardi dernier, on a fait la plus grosse manifestation depuis le début du mouvement. Un certain nombre de secteurs sont en reconduction", se félicite le syndicaliste.
"On a un gouvernement fragile, obligé de jouer avec des articles peu connus de la Constitution pour passer la réforme en force au Sénat. Ils veulent aller vite, dans l’optique que la mobilisation se dégonfle", analyse Gérald Le Corre.
On le voit depuis des années, la colère est grande, les conditions de travail sont de pire en pire dans les entreprises. Cette mobilisation est puissante, parce qu’elle évoque aussi la question des salaires.
Gérald Le Corre, Union départementale CGT de Seine-Maritime
Le gouvernement espère voir la réforme définitivement adoptée ce jeudi. Aussi, pour les partenaires sociaux, l’heure est au durcissement du mouvement. Les actions vont se poursuivre dans les jours à venir, en plus des manifestations prévues mercredi dans tout le pays. "M. Macron fait une grave erreur s’il pense que tout sera réglé jeudi", assure Gérald Le Corre.