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Qu'ils soient rouges ou blancs, les vins de Bergerac se déclinent de plus en plus en vert. Un taux supérieur à la moyenne nationale, et un choix du bio dans l'air du temps, mais pas que. Les nouveaux installés ont l'écologie dans leur ADN, les anciens y voient un intérêt certain... Rencontres

Le Bergerac bio ... logiquement !

Le Bergerac compte proportionnellement plus d'exploitations viticoles bio que le reste du territoire français.
De 13,5% en 2012, la part du vignoble de Bergerac exploité en bio est aujourd'hui à 18,5%. C'est plus de 5 points de plus que la moyenne nationale. Et la tendance va croissante. Une transformation verte qui s'explique par la demande croissante du consommateur, mais aussi par une flexibilité particulière au bergeracois. Dans ce terroir où les exploitants sont souvent les propriétaires eux-mêmes, les surfaces moyennes sont d'une 15 aine d'hectares. De petites exploitations où il est plus aisé de changer ses pratiques...

Nous avons rencontré quatre de ces vignerons qui nous font partager la philosophie et la passion qui les anime.

Le Barouillet de Vincent Alexis à Pomport

Au coeur du vin.  / © B.Lasseguette
Au coeur du vin. / © B.Lasseguette
L'exploitation est familiale depuis au moins 8 générations. Et aujourd'hui encore elle se passe entre l'aïeul Milou, le fils Gérard et le petit-fils Vincent. Les 45 hectares du domaine se partagent entre du Monbazillac, du Bergerac rouge et rosé, du Pécharmant, du Côte de Bergerac moelleux et du blanc sec...
La migration verte a débuté en 2010, au retour de Vincent, riche de ses expériences à l'étranger. Avec la volonté de revenir au "bon sens paysan". Résultat, en 2014, tout le domaine était converti ou en cours de conversion au bio. Une démarche qui s'accompagne d'un soigneux travail en fonction des phases lunaires, de traitements des sols à base de plantes, d'une observation accrue des conditions climatiques et des saisons pour adapter au mieux les gestes... Bref, une culture holistique...
 
Un collectionneur de cépages

Sans Bois ni loi par Julien Auroux à Boisse

Avec Julien Auroux, c'est le fruit avant tout. / © France 3 Périgords - Bertrand Lasseguette
Avec Julien Auroux, c'est le fruit avant tout. / © France 3 Périgords - Bertrand Lasseguette

Julien Auroux a repris en 2013 le domaine viticole de 11 hectares, dans la famille depuis 6 générations, après avoir travaillé en Australie puis à Pomerol et à Fitou, et enfin pendant 8 ans en tant que maître de chai à Monbazillac. Depuis il rénove écologiquement l'exploitation tout en rafraichissant les infrastructures un peu vieillissantes.
Du coup, Julien "bricole" beaucoup pour retrouver de l'authenticité, pour inventer de nouvelles recettes qu'il applique avec beaucoup de prudence et un sens pratique poussé. C'est pas de la haute technologie, c'est du bricolage de génie. Julien arrive par exemple à produire un vin original en s'émancipant du sacro-saint fût de chêne à qui il reproche un apport de tanin peu digeste. Et ça marche ! Autre démarche, diminuer au maximum les intrants dans le vin : sulfites, levures, sucre. Bref, du vin 100% raisin. Innovant, original et naturel. Chapeau bas !
 
Julien Auroux
Julien a le mérite d'aller de l'avant dans un secteur très traditionnel, il va au-delà de la démarche bio en tentant de nouvelles approches, comme l'émancipation du passage par le fût de chêne... - France 3 Périgords - Bertrand Lasseguette

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La Tour des Gendres par Luc de Conti à Ribagnac

Le bio n'est pas technophobe. Ce haut-parleur permet de lutter contre l'esca, un champignon nocif pour la vigne.  / © B. Lasseguette
Le bio n'est pas technophobe. Ce haut-parleur permet de lutter contre l'esca, un champignon nocif pour la vigne. / © B. Lasseguette



Luc n'est pas un nouveau-venu, ni dans le métier, ni dans le bio. Cette démarche, il l'a entreprise il y a 20 ans, pour pouvoir se faire à nouveau plaisir dans la viticulture. Et il a failli décrocher, car s'engager dans le bio n'est pas opération aisée, du moins au début. Il avoue avoir dû patienter plusieurs années avant d'arriver à un résultat acceptable.
Mais la vie de Luc, c'est aussi "la storia di una famiglia italiana in Périgord"... Car les De Conti, comme leur nom peut l'indiquer sont d'origine italienne. Une famille débarquée en Bergeracois en 1925, et dans laquelle on ne craint pas les mélanges, car l'exploitation recèle par exemple des chênes truffiers, Luc étant persuadé que le bio, c'est avant tout un écosystème complet...
 
Les de Conti font un peu figure d'anciens dans le monde du bio.

 

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Le Jonc-Blanc d'Isabelle et Franck Pascal à Vélines

Les mains de Franck Pascal.  / © B. Lasseguette
Les mains de Franck Pascal. / © B. Lasseguette

Le Jonc-Blanc, c'est un nom qui fait désormais parler de lui en bergeracois. C'est aussi le fruit, dans tous les sens du terme, du travail d'Isabelle et Franck Pascal. Le petit domaine de Vélines commence à récolter les récompenses comme le Coup de cœur 2010 de Gault et Millau. Et tout ça en accord avec la nature. Leurs vins naturels sont francs, résultat d'un travail minutieux tout en restant abordables pour un produit de cette qualité.
Et pourtant, quand ils sont arrivés en l'an 2000, Isabelle et Franck ne connaissaient rien au vin. Ils venaient d'un tout autre univers professionnel : l'agro-alimentaire. 
 
Des vins vivants et surprenants.




 

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Appellation ou pas appellation

Le développement des vins bio en Bergerac s'accompagne d'un débat sur le choix de sortir ou non de l'appellation.
Certains producteurs, comme Franck Pascal du Jonc Blanc, que nous avons visité dans le cadre de cette série, ont vu leurs vins perdre leur AOC Bergerac. 
 
Une perte progressive de l'AOC

Luc de Conti de La Tour des Gendres, engagé en biodynamie, est toujours lui dans l'appellation. Il estime que les viticulteurs, qui font le choix des vins naturels, peuvent et doivent faire l'effort de rester dans l'AOC Bergerac. 
 
Pour Luc de Conti, il est préférable de rester dans l'AOC.

Mitch, une caviste très bio !

Le monde du vin recèle bien des surprises. Mitch O'Sullivan, une irlandaise spécialiste des vins bio. / © B. Lasseguette
Le monde du vin recèle bien des surprises. Mitch O'Sullivan, une irlandaise spécialiste des vins bio. / © B. Lasseguette

Pour vivre, ou plutôt, pour être bus (avec modération), les vins bios ont besoin d'ambassadeurs, comme Mitch.

Cette  irlandaise a vécu dans 9 pays différents, sur 4 continents, avant de poser ses valises dans le Sud-Ouest séduite par les vignes. Et comme elle déteste les pesticides, dans son magasin, on trouve à 90% des vins bios et naturels. 
 
Plus qu'un commerce, une passion.