Le vignoble bordelais est foudroyé par la maladie. Plus généralement, dans le Sud-Ouest, "des pertes importantes pouvant atteindre jusqu’à 30 % en moyenne" sont prévues, selon un rapport du ministère de l'Agriculture.

Le ministère de l'Agriculture prévient d'emblée : ses estimations sont "provisoires". Pour l'année 2023, au niveau national, la production viticole devrait se situer entre 44 et 47 millions d'hectolitres, au niveau de la moyenne 2018-2022, selon un rapport d'Agreste, le service statistique du ministère de l'Agriculture. 

Mais impossible de savoir si ces prévisions seront tenues "au regard de l’incertitude entourant les conséquences des attaques de mildiou dans les vignobles du Bordelais et du Sud-Ouest"La succession d’épisodes pluvio-orageux récurrents et des températures élevées de mai à juin 2023 ont favorisé le développement de cette maladie, selon le rapport du ministère de l'Agriculture. 

Depuis le mois de juin, ce micro-organisme, mi-algue mi-champignon, fait des ravages dans les vignes en s'attaquant aux feuilles puis aux grappes. Fin juillet, la Chambre d'agriculture de Gironde estimait que "90% des vignes sont touchées, à plus ou moins grande échelle", selon les données récoltées sur 86 parcelles de référence.

"Dans le Bordelais, le mildiou est virulent sur le cépage rouge Merlot prédominant."

rapport de l'Agreste, service statistique du ministère de l'Agriculture. 

Plus généralement, dans le Sud-Ouest, le mildiou, mais aussi l’oïdium et le botrytis (deux autres maladies), "occasionnent des pertes importantes pouvant atteindre jusqu’à 30 % en moyenne", prévoit le ministère de l'Agriculture. 

Un climat quasiment subtropical

"Des dégâts jamais vu ici à Bordeaux", a réagi le président du syndicat des AOC Bordeaux, Stéphane Gabard, sur franceinfo mercredi 9 août.  Il assure que "l'intégralité du département" a été plus ou moins touché par le mildiou. "La production dans le Bordelais sera donc une fois de plus en baisse", anticipe-t-il sans pouvoir déjà donner une évaluation précise des pertes. 

Selon lui, le dérèglement climatique est en cause. "Cette année en Gironde, nous n'avons pas eu un climat océanique comme d'habitude... Nous avons eu un climat quasiment subtropical avec des températures élevées et une hydrométrie très importante." 

"Ça n'est pas une défaillance des agriculteurs qui ont mal traité leurs vignes (...) C'est vraiment ce changement climatique, ces conditions atmosphériques qui ont causé ces dégâts".

Stéphane Gabard, président du syndicat des AOC Bordeaux 

franceinfo

Demande d'une aide de l'État

Dans ce contexte, le président du syndicat des AOC Bordeaux tire la sonnette d'alarme et demande des aides de l'État. "On demande à ce que la solidarité nationale intervienne", insiste Stéphane Gabard. Les viticulteurs espèrent la reconnaissance de l'état de calamité agricole. Fin juillet, les assureurs ont d'ores et déjà annoncé qu'ils n'indemniseront pas les producteurs pour les dommages causés par le mildiou

Cet épisode exceptionnel de mildiou intervient alors que le vignoble bordelais connaît d'importantes difficultés, victime d'une série d'aléas climatiques depuis 2017 (grêle et gel), d'une crise des prix et d’une surproduction.

Petit espoir au milieu du marasme : le mois de juillet (plus sec) et le début de la maturation des raisins devraient permettre de mettre un frein à la maladie, selon le ministère de l'Agriculture. Les vendanges, qui commenceront entre mi-août et début septembre (selon les régions et les cépages), permettront de mesurer l'étendue des dégâts avec plus de précision. 

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