SNCF : mobilisation en gare des Bénédictins pour défendre la liaison ferroviaire Paris - Limoges

Malgré l'annonce, ce week-end, d'un train matinal supplémentaire en direction de la capitale, plus de 200 personnes se sont rassemblées ce lundi 12 décembre dès 7h30 en gare des Bénédictins pour contester la gestion de cette liaison ferroviaire.

C'est une grande semaine de mobilisation qui s'ouvre ce lundi matin pour défendre la ligne POLT (Paris - Orléans - Limoges - Toulouse). Et le premier rendez-vous était donné à 7h30 ce lundi 12 décembre, devant le hall de la gare de Limoges pour un grand rassemblement afin de dénoncer la politique de gestion par la SNCF de la liaison ferroviaire entre Limoges et Paris.

Une colère partagée 

Ce n'est pas une surprise, beaucoup de monde se pressait devant la gare ce lundi matin avant le lever du jour : au moins 200 personnes étaient ainsi réunies pour défendre la ligne POLT : politiques, élus, syndicats mais aussi de nombreux usagers : 

"Dans le cadre de ma profession, j’utilise, depuis de nombreuses années, la ligne Limoges - Paris. Déjà travaillant dans le tourisme, on peut regretter de ne pas avoir un accès plus rapide, mais en plus ces dernières années, on constate des retards récurrents qui nous amènent à partir la veille : ça veut dire des frais supplémentaires et une très mauvais image de notre région qui a grand besoin de désenclavement… C’est la raison de ma présence ce matin." Marie Dumaitre, directrice des gîtes de France pour la Haute-Vienne

"Je suis usagé occasionnellement. Moi j’ai 45 ans et ça fait 40 ans que j’entends parler du désenclavement et que je vois que ça va de pire en pire. (…) Je ne comprends pas, je ne comprends plus les politiques… ça m’inquiète (…) Quand je vais à Paris, il y a souvent du retard, à l’aller ou au retour… mais il y a quasiment toujours du retard…" Raphael Brasseur, usager de la ligne.

Une grogne partagée par les élus, les syndicats, mais également le monde économique qui appelaient ainsi, dès la semaine dernière, à se mobiliser (les représentants CGT de Legrand et de la SNCF, Limoges Métropole, la Chambre de commerce et d'industrie de la Haute-Vienne) 

"Suppression de trains au départ de Limoges le matin empêchant la présence pour les réunions et autres rendez-vous tôt à Paris, délais de travaux de sécurisation retardés ou allongés, retard également dans l’arrivée et la mise en place du nouveau matériel roulant… tout autant de désagréments qui pénalisent fortement la vie économique du territoire de Limoges Métropole et de toute la Haute-Vienne." (Communiqué de Limoges Métropole).

 

Après cette mobilisation matinale, une réunion était prévue en préfecture. On apprend ce lundi soir dans un communiqué : "dans le prolongement de l’annonce faite par Clément Beaune, ministre délégué auprès du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, chargé des Transports, lors d’une réunion fin novembre avec l’association urgence POLT, il a été acté la création d’un groupe de travail sur la qualité de services. Cette instance permettra à l’avenir d’échanger plus régulièrement sur la manière dont la ligne Paris-Orléans-Toulouse est exploitée et sur l’avancée des travaux de modernisation."

Les sénateurs du Limousin également mobilisés mercredi 

Ce mercredi, ce sont les sénateurs de la Haute-Vienne, de la Creuse et de la Corrèze qui présenteront une tribune appelant la SNCF à respecter ses engagements pour la modernisation de la ligne SNCF Paris - Orléans - Limoges - Toulouse (POLT). 

Ainsi Christian Redon-Sarrazy (Haute-Vienne, SER), Isabelle Briquet (Haute-Vienne, SER), Eric Jeansannetas (Creuse, SER), Jean-Jacques Lozach (Creuse, SER), Daniel Chasseing (Corrèze, Indépendants) et Claude Nougein (Corrèze, LR), comptent demander à l'État de soutenir financièrement cet axe vital pour le centre du pays.

Une lettre qui met le feu aux poudres

Dans une lettre adressée le 28 novembre 2022 au directeur de SNCF voyageurs, le directeur général de Legrand, Benoît Coquart, menace de déménager l'entreprise de Limoges à Bagnolet, en région parisienne, si rien n'est fait pour améliorer la desserte entre la capitale et Limoges.

Les élus locaux sont en copie de cette lettre, jusqu'au président du Conseil Régional. Le maire de Limoges, Emile Roger Lombertie, réagit notamment indiquant que le départ de Legrand serait "catastrophique". Ce dernier déclare avoir "immédiatement saisi le ministre de l'Economie Bruno Lemaire qui s'est engagé à suivre personnellement ce dossier."

Une nouvelle qui ne manque pas de faire réagir d'autres élus, mais également les syndicats et les usagers alors que, dans le même temps, la ligne SNCF Paris-Limoges est déjà dans l'actualité après un déraillement à Issoudun et une mobilisation sociale à La Souterraine

Alors que les mouvements de contestation s'organisent, avec cette manifestation programmée ce lundi devant la gare de Limoges, le maire de Limoges annonce le samedi précédent (10 décembre) le rétablissement d'un train matinal pour Paris en départ de Limoges à 6h26. Annonce qui n'aura pas réellement le succès escompté pour certains élus qui dénonceront rapidement le temps de trajet pour arriver à la capitale (3h50).