Soutien aux blessés de Sainte-Soline : plusieurs rassemblements en Limousin

Ce jeudi 30 mars 2023, depuis 19h, plusieurs centaines de manifestants sont réunis devant les préfectures de Limoges, Guéret et Tulle. Objectif : soutenir les blessés de Sainte-Soline et dénoncer la violence survenue le 25 mars dernier.

Plusieurs centaines de manifestants dans les rues en Limousin ce jeudi soir, 30 mars 2023. C'est l'onde de choc provoquée par les violences au cours de la manifestation de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) le week-end dernier.

Hier soir, "Les Soulèvements de la Terre", le collectif "BassinesNonMerci" et la Confédération paysanne ont lancé via un communiqué un appel au rassemblement "devant les préfectures du pays"  jeudi 30 mars à 19h "en soutien aux deux manifestants dans le coma et aux blessé-es de Sainte-Soline". 

Le ministère de l'Intérieur attendait 80 actions, environ 20 000 personnes, devant les Préfectures, et a déployé des services de l'ordre en conséquence.

En Limousin, trois rassemblements sont organisés.

À Limoges, près de 400 personnes se sont données rendez-vous devant la Préfecture. "Le chant des partisans" comme hymne, ils sont plus de 500 à 20h. Face à plus d'une cinquantaine de policiers protégés de la tête aux pieds, le rassemblement réunit beaucoup de jeunes et devient une manifestation sauvage où l'on peut entendre scander "Darmanin assassin". 

À Guéret, ils sont environ 200.

Jeunes, adultes, retraités, les discours se succèdent tout en brandissant des pancartes "Darmanin, la terre se soulèvera que tu le veuilles ou pas". Ils entonnent un chant tiré d'à la clair fontaine "nous soulèverons la terre pour soutenir les communs". Ici, pacifistes, ils se rassemblent pour soutenir les blessés de Sainte-Soline et réaffirmer leur engagement contre les mégabassines. 

" On ne veut pas la guerre, on veut juste parler de l'eau et de la réserve d'eau. On ne peut pas soutenir qu'on mette de l'eau potable dans des bassines pour irriguer du maïs ou du blé alors qu'on va manquer d'eau dans nos réseaux. Le dialogue est compliqué parce que quand il n'y a pas de heurts, on dit que c'est bien mais le débat n'avance pas. Et après quand il y a des violences, on ne parle plus que de ça et le problème de l'eau n'existe plus. Donc il y a un manque de dialogue."

Eric Robin Lamotte, Porte-Parole de la Confédération Paysanne en Creuse.

"On condamne les violences. Mais on condamne aussi les bassines. Le problème, c’est que l’eau est un bien commun. Il y a captation de certains au détriment des autres. En Creuse, on a des retenues collinaires au bénéfice de quelques-uns seulement."

Marie-Christine Girault, présidente de France Nature Environnement Creuse.

À Tulle, une première manifestation contre les violences policières a eu lieu en début d'après-midi devant le palais de justice. Plusieurs dizaines de personnes sont venues soutenir les prévenus jugés en comparution immédiate après leurs interpellations lors de la dernière manifestation contre la réforme des retraites, ce mardi 28 mars. Un autre rassemblement était malgré tout prévu ce soir à 19h devant la Préfecture.