Témoignages. "Que nos expériences puissent servir à ceux qui vont subir" : victimes de la Seconde Guerre mondiale, les villes mémoires se réunissent à Limoges

Publié le Écrit par Sarah Boana et Jean-Martial Jonquard

Toute une symbolique. Au lendemain des 80ᵉ commémorations du massacre d'Oradour-sur-Glane, se tenait ce 11 juin, à Limoges, le cinquième colloque international des villes mémoires, rassemblant un réseau de cités ayant particulièrement souffert de la guerre au XXe siècle. Le colloque devait initialement avoir lieu, en 2020, à Oradour-sur-Glane, mais reporté à cause de la covid.

Dunkerque, Oradour, Rostock, Hiroshima, Hwaseong, ces villes ont connu l’horreur. Elles ont même manqué de disparaître. Après avoir pansé leurs plaies, elles ont dû penser leur futur, en y intégrant leurs mémoires.

Ces villes martyrs sont désormais unies en réseau depuis 2016, à l’initiative de la communauté urbaine Dunkerque.

"Ne pas commettre les mêmes erreurs" 

Le réseau entend regrouper des cités, européennes et mondiales, meurtries par la Deuxième Guerre mondiale. Ces villes étaient au nombre de douze. Elles sont une vingtaine aujourd’hui. Elles veulent partager leurs expériences, malheureusement, toujours nécessaires.

"Que nos expériences puissent servir à ceux qui vont subir, qui sont en train de subir des exactions, des destructions comme nous les avons vécues. Par exemple, dans le cadre d'une reconstruction, qu'on puisse ne pas commettre les mêmes erreurs que les reconstructions d'après-guerre, qui ont assez peu tenu compte des personnes qui allaient vivre dans les maisons, notamment à Oradour-sur-Glane. C'était le cas", regrette Benoit Sadry, président de l'Association nationale des familles de martyrs d'Oradour-sur-Glane.

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Le cinquième colloque international des villes mémoires, rassemblant un réseau de villes ayant particulièrement souffert de la Seconde Guerre mondiale, s'est tenu le 11 juin, à Limoges, au lendemain des 80ᵉ commémorations du massacre d'Oradour-sur-Glane, toute une symbolique. Le colloque devait initialement avoir lieu, en 2020, à Oradour-sur-Glane, mais reporté à cause du covid. (Intervenants : Benoit Sadry, Dimitriu, Ilias Khatouff) ©Jean-Martial Jonquard, Samuel Chassaigne, France Télévisions

Un écho au contexte actuel

Il faut tout penser, du mémoriel au matériel. Ce cinquième colloque est particulièrement symbolique :  alors que deux villes russes, Saint-Pétersbourg et Volgograd, manquent à l’appel du réseau, Boutcha, cité ukrainienne martyrisée, au début de l’actuel conflit, était invitée et associée de cette édition.

"Je sais que l'issue du conflit est incertaine. J'espère, bien sûr, que mon pays s'impose, que l'Ukraine gagne la guerre. Mais, quoi qu'il arrive, il faut que, ce qu'il s'est passé, les prêts de 500 morts, ne reste pas seulement dans la mémoire des habitants, pas seulement dans celles des Ukrainiens, mais dans celle du monde entier. C'est pour cela que je suis là", espère Dimitriu, adjoint à la mairie de Boutcha, en Ukraine. 

Un manifeste pour la paix

Le colloque aura également permis à une quarantaine de jeunes lycéens de plusieurs pays d’Europe, de proclamer un manifeste pour la paix essentielle dans le contexte mondial actuel.

"Déjà, l'importance de la mémoire. C'est malheureux, mais la plupart des jeunes s'en fichent un peu de la mémoire, alors que c'est quelque chose de très important. Il ne faut pas oublier ce qui a été fait par le passé. Si on oublie, on n'apprendra jamais à ne pas faire les mêmes erreurs qu'avant", met en garde Ilias Khatouff, élève en seconde du lycée Léonard Limosin de Limoges qui a participé à la rédaction du Manifeste pour la paix. 

Le fondement même du réseau des villes mémoires : ne jamais oublier, pour qu’enfin un jour, l’horreur, elle, s’efface et disparaisse.

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