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Accidents, avalanches : 10 morts depuis le début de l'hiver dans les Pyrénées

© M.Dubieilh/France3 Occitanie
© M.Dubieilh/France3 Occitanie

L'hiver n'est pas encore terminé et déjà 10 personnes ont été tuées des suites d'une chute ou d'un ensevelissement sous une avalanche. Une autre a été grièvement blessée. En cause, le plus souvent, des conditions météo et d'enneigement compliquées et la méconnaissance du milieu montagnard en hiver.

Par Emmanuelle Gayet

Les Pyrénées, mais aussi les Alpes, connaissent cet hiver de nombreux accidents le plus souvent mortels de randonneurs et de skieurs. De skieurs chevronnés qui pratiquent le hors pistes mais pas seulement. Deux skieurs sont morts sur les pistes. En tout début de saison, c'est une randonneuse qui a dévissé sur de la glace.

10 morts et un blessé grave depuis décembre

La liste des accidents mortels s'allonge. Samedi 3 mars, deux skieurs espagnols sont décédés sous une avalanche alors qu'ils évoluaient en groupe avec 3 autres randonneurs conduits par un guide de haute montagne dans un secteur des Hautes-Pyrénées, connus des adeptes du ski de randonnée. 
Depuis le mois de décembre 2017, 5 accidents de ski liés à des coulées de neige se sont déjà produits alors que la saison hivernale n'est pas encore terminée.  
Le 15 février, 3 skieurs de randonnées ont été emportés dans un secteur non sécurisé de la station de Cauterets. Là encore c'est une avalanche qui a entraîné la mort. Dès l'arrivée du froid, les conditions en montagne ont été difficiles. Le premier accident de la série noire s'est produit dans la vallée de la Gela dans les Hautes-Pyrénées où un skieur a succombé après avoir été emporté par la neige. Mais les avalanches ne sont pas les seules responsables

Lundi 26 février, un skieur s'est engagé dans le couloir des poubelles du pic du Midi, réputé pour sa difficulté. Il a fait une chute sur plus de 500 mètres, qui l'a laissé grièvement blessé.  Et deux autres personnes sont décédées sur les pistes, en raison de chutes.

Aux Monts d'Olmes dans l'Ariège, un skieur de 19 ans habitant à Carcassonne a effectué une chute mortelle lors de la journée festive consacrée au retour de la championne Olympique Perrine Laffont sur ses terres et devant ses fans. A Gavarnie-Gèdre, la victime de 19 ans a été retrouvée ensevelie sous une coulée de neige, alors qu'elle se trouvait sur l'une des pistes rouges de la station. Un Espagnol, s'est également tué après avoir heurté un rocher en bordure de piste de la Mongie.

Des conditions météorologiques et d'enneigement très compliquées 

En tout début de saison, c'est la glace qui était le principal danger sur le massif. Une randonneuse de 60 ans en a été victime. Elle a dévissé sur 200 mètres sur une pente entre Cauterets et Soulom.
Puis, ce sont les chutes de neige qui ont augmenté la dangerosité du ski. La neige est tombée en très grande quantité en peu de temps sur le massif.  Le vent qui a accompagné ces chutes de neige a créé de nombreuses plaques. Prêtes à se décrocher à tout moment. Le 20 février, le risque maximal d'avalanche était déclenché par les services de Météo France dans les Hautes-Pyrénées notamment. 

En ce début mars l'excédent d'enneigement par rapport à la moyenne est encore de 30%. A 1800 m, l'épaisseur du manteau neigeux atteint le plus généralement 1,30 m à 1,60 m, sauf dans le Pays basque et les Pyrénées-Orientales, où elle est plutôt de l'ordre de 70 cm à 1 m. Ces hauteurs sont partout nettement supérieures aux valeurs de saison. Par exemple, celle de 1 m à La Pierre-Saint-Martin (Pyrénées-Atlantiques, 1650 m) représente pratiquement le double de la moyenne à cette époque de l'année. A 2000 m, il y a en général autour de 2 m de neige dans les versants nord, 1,10 m ou 1,20 m dans les versants sud.  A plus haute altitude encore, vers 2500 m, on atteint le plus souvent 3 m de neige en versant nord et 2 m en versant sud, indique Météo France.

Les différentes phases de redoux ainsi que la poursuite de précipitations neigeuses en altitude n'ont fait qu'amplifier la fragilité du manteau neigeux dont le cumul augmente. 
Si le risque avalancheux est actuellement de 3 sur 5, la pratique du ski ou de la randonnée en  dehors de zones sécurisées reste dangereuse et va le rester tant que le manteau neigeux ne s'est pas stabilisé et que les pentes exposées ou à risque ne se sont pas purgées.

Une prise de risque inutile malgré de nombreux appels à la vigilance

Suite au décès des deux skieurs espagnols dans le secteur frontalier de Bielsa, la sous-préfète des Hautes-Pyrénées considère que la pratique du ski hors piste alors que la région connaît un épisode de redoux lui paraît être "une prise de risque inutile".
Par ailleurs, les CRS qui interviennent sur les accidents en montagne préconisent d'anticiper chaque sortie. Il ne faut pas s'engager sans appareil détecteur d'avalanche, une pelle et une sonde. Il faut également avoir pris en compte le niveau de risque en consultant le bulletin avalanche et les informations données par les stations de ski.  La prudence reste dans tous les cas nécessaire mais insuffisante pour éviter tous les accidents. Une bonne connaissance de la neige, l'expérience et les conseils de professionnels restent indispensables.
Dans les stations, les pisteurs veillent et incitent les skieurs à ne pas s'engager sur les pistes fermées où à sortir du domaine skiable.

Le reportage d'Amélie Poisson et Emmanuel Fillon :
Hautes-Pyrénées : en montagne la prudence est insuffisante pour éviter les accidents

 

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