Après le fichage politique, l'ancienne administration de l'université Jean Jaurès visée par une nouvelle affaire

Après l’affaire du fichage politique à l’université Toulouse II, un autre dossier vise cette-fois une de ses entités : l’ISCID, l’Institut Supérieur Couleur, Image, Design de Montauban. Sa directrice a utilisé son véhicule de service à des fins personnelles, avec accord de sa hiérarchie.
 
Après l’affaire du fichage politique à l’université Toulouse II, un autre dossier vise cette-fois l’ISCID, l’Institut Supérieur Couleur, Image, Design de Montauban : sa directrice a utilisé son véhicule de service à des fins personnelles, avec accord de sa hiérarchie.
Après l’affaire du fichage politique à l’université Toulouse II, un autre dossier vise cette-fois l’ISCID, l’Institut Supérieur Couleur, Image, Design de Montauban : sa directrice a utilisé son véhicule de service à des fins personnelles, avec accord de sa hiérarchie. © GoogleMaps
La question a été débattue lors d’un conseil d’administration de l’université Jean Jaurès du 14 janvier dernier. Elle met en cause la directrice de l’ISCID, l’Institut Supérieur Couleur, Image, Design de Montauban, qui dépend de Toulouse II.
Après l'affaire du fichage politique de 24 salariés de l'université, le dossier pose de nouveau question sur les pratiques au sein de l'administration de l'époque.

Un véhicule de service pour des trajets domicile-travail

C'est le syndicat SNASUB-FSU qui a révélé l'affaire. Dans un communiqué, il reprend la présentation faite par le directeur des affaires financières du conseil d’administration du 14 janvier 2020, qui fait suite à une question posée en novembre 2019.

Alors qu’au sein de l’université aucun personnel ne bénéficie d’un véhicule de fonction, la directrice de l’ISCID aurait utilisé quotidiennement, avec l’accord de sa hiérarchie, un véhicule de service pour ses trajets personnel domicile-travail, à savoir entre Toulouse et Montauban. De même, elle aurait utilisé la carte professionnelle pour ses frais d’essence, de péage et de parking. 

Nommée en septembre 2017, la directrice de l'ISCID aurait donc utilisé son véhicule de service à des fins personnelles, avec accord de la hiérarchie.
 

L'usage avait été cadré par l'administration


Des faits confirmés par la présidence de l'université Toulouse II Jean Jaurès. L'établissement a précisé dans un communiqué écrit avoir été saisi de ce dossier en novembre dernier en conseil d'administration. Il confirme qu'une autorisation a en effet été accordée par l'administration de l'époque, mais conteste la date de 2017 et parle d'une autorisation  "cadrée depuis le 1er septembre 2018",

Cet avantage en nature, la présidence de l'université Toulouse II Jean Jaurès (de laquelle dépend l'ISCID) n'a pas souhaité  le chiffrer, malgré notre demande. 
Plusieurs milliers d'euros, selon le communiqué syndical, l’autorisation de cet usage a été accordée par l’administration de l’établissement de l’époque, également citée dans l'affaire du fichage politique des salariés. 

Un rapport commandé par la présidence

Impossible de joindre directrice de l’ISCID, qui, malgré nos multiples sollicitations, n'a pas souhaité nous répondre pour l'instant.
La présidence de l’université Jean Jaurès a réagi par écrit en amenant certaines précisions. Elle affirme avoir été alertée au mois de novembre de cette question.
"Rien ne laisse penser que les personnels de l’ISCID fassent un usage du véhicule qui soit en dehors du cadre qui leur avait été signifié. C’est précisément ce cadre, tel qu’il a été établi par l’administration, qui est problématique. Il ne relevait pas de l’octroi d’un privilège mais il entendait proposer des solutions aux difficultés engendrées, pour les personnels, par le changement de domiciliation de l’ISCID, de Toulouse vers Montauban."
L’université Toulouse II précise qu'elle a demandé à ce qu’un rapport sur l’usage actuel des véhicules de services lui soit remis.

"On est scandalisé"

Cette nouvelle révélation fait réagir le syndicat SNASUB-FSU. "On est scandalisé", réagit Nathalie Lefèvre, représentante de la section locale UT2J de ce syndicat. Comme pour l'affaire du fichage de salariés, elle regrette l'absence de réaction et de prise de mesures de la présidence de l'université. Il y a selon elle "deux poids, deux mesures. Quand ce sont des agents qui sont en faute, ils font l'objet de mesures conservatoires immédiates". 
Cette nouvelle affaire n'arrange en rien le climat déjà tendu qui règne dans les couloirs de l’université Toulouse 2.


 
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