Scandale de la viande de cheval : le procès prend un faux départ

Jacques Poujol un des principaux prévenus de l’affaire Spanghero. / © J. Sanna
Jacques Poujol un des principaux prévenus de l’affaire Spanghero. / © J. Sanna

Absence de l'un des principaux prévenus et de son avocat, questions juridiques à évacuer, le procès de l'affaire Spanghero dite de la viande de cheval vendue pour du boeuf n'a pas vraiment commencé. Mais les parties civiles espèrent une audience qui aura valeur d'exemple.

Par Josette Sanna

Une foule de journalistes et un prévenu aux abonnés absents. La première journée du procès Spanghero, du nom de l'affaire dite de la viande de cheval vendue pour du boeuf,  qui doit être jugée par le tribunal correctionnel de Paris, a pris un faux départ.
Jacques Poujol et Patrice Monguillon, respectivement ancien directeur et ex-chef de site ( Castelnaudary) de la société Spanghero se sont présentés à la barre, tout comme Hendricus Windmeijer, l'un des deux traders néerlandais poursuivis dans ce dossier, mais il manque à l'appel Janes Fasen, l'un des principaux prévenus déjà condamné en Espagne l'an dernier pour avoir organisé une fraude du type de celle-ci.
 

Jan Fasen viendra-t-il ?


Aujourd'hui, ni lui ni son avocat (retenu pour l'affaire Vincent Lambert) n'étaient présents. Jérôme Triomphe qui défend Fasen devrait être là demain pour déposer une QPC (question priorotiare de constitutionnalité).
Des incertitudes pèsent en revanche sur la présence de Jan Fasen, la rumeur d'une fuite à l'Etranger a un temps couru. Maître Antoine Vey qui défend Jacques Poujol espère qu'il sera là pour s'expliquer, d'autant plus que la version de son client et celle du trader néerlandais divergent.
 

Nous ne sommes pas inquiets, il doit venir s'expliquer, il a des choses à apporter", sourit l'avocat qui, questionné sur l'état d'eprit de son client, Jacques Poujol, affirme qu'il est serein.

 

Procès viande de cheval: Maître Vey avocat Jacques Poujol


L'accusation soutient que Spanghero, qui s'approvisionnait entre autres en Roumanie et au Canada a acheté de la viande chevaline et en a remplacé les étiquettes par un numéro sanitaire français faisant passer la marchandise comme du boeuf.
Tout est est parti, en février 2013 de la découverte de viande de cheval dans des steacks hâchés "pur boeuf en Angleterre, puis par la présenc de viande chevaline dans les lasagnes commercialisées par Findus  et produites par un sous-traitant, la société Comigel.
Comigel met en cause la société Spanghero, qui lui a fourni ce qu'elle croyait être de la viande bovine.
Pour Me Emmanuelle Bordenave Marzocchi, avocate de Comigel (partie civile) il s'agit d'une fraude organisée par les quatre prévenus.
 

 "Il y  a une ordonnance de renvoi extrêmement circonstanciée de 160 pages. Il y a eu des manipulations matérielles et informatiques pour changer les étiquettes et modifier la traçabilité des produits dans le sustème informatique de Spanghero. Tout cela n'a pas été fait en deux minutes. C'était un système élaboré mis en place par quatre personnes," soutient l'avocate.
 

procès viande de cheval. Maître Bordenave, Bordenave Marzocchi avocat partie civile


Jacques Poujol poursuivi comme les trois autres pour tromperie et escroquerie en bande organisée nie son implication dans ce trafic de viande.
 

"C'est une victime, il a été berné par les traders néerlandais", affirme son avocat.
 

Il pourra peut-être s'en expliquer à partir de mercredi. Le procès doit alors véritablement commencer après que des questions de droit auront été posées par les parties en présence.
Me Vey qui défend Jacques poujol tentera de demander un supplément d'information et soulèvera une possible nullité de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel.
 

Cheval, mouton...


L'affaire porte sur une fraude supposée de 750 tonnes de viande de cheval écoulée dans 13 pays européens.
Spanghero est également accusée d'avoir importé du Royaume-Uni, 65 tonnes de viande de mouton séparée mécaniquement, une méthode interdite depuis la crise de la vache folle, pour éviter que des éclats d'os infectés se retrouvent dans la viande.

Le procès doit se poursuivre jusqu'au 13 février.
 

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