Aveyron : la cheffe Noëmie Honiat en finale du Bocuse d'Or France

La cheffe de 32 ans, installée à Villefranche-de-Rouergue, est en lice pour remporter le Bocuse d’Or France. La compétition se déroulera à Reims le 23 novembre 2021 et désignera le représentant français pour le Bocuse d’Or, “les Jeux Olympiques de la gastronomie”. 

J’ai mis ma vie entre parenthèses.” Depuis quelques semaines, Noëmie Honiat sait qu’elle fait partie des six finalistes du Bocuse d’Or France. Elle n’a plus une minute à perdre. “C’est du non-stop, je n’arrête pas. Cela demande beaucoup de travail, de réflexion. Je m’entraîne 6 jours sur 7 et même le dimanche, je répète certains gestes techniques.” 

Au menu : brochet, oignon et coeur de laitue 

Le Bocuse d’or est le premier prix d’un prestigieux concours international créé en 1987 par le cuisinier français Paul Bocuse. Pour désigner le représentant français, les six candidats devront réaliser un plateau gastronomique pour douze personnes en quatre heures. Les ingrédients sont imposés. En pièce principale, un brochet et des garnitures composées d'oignons et de cœur de laitue. 

Le Bocuse d’Or, c’est de la cuisine de pâtissier. On ne passerait jamais autant de temps à faire à manger pour douze personnes dans la vraie vie !

Noëmie Honiat, finaliste du Bocuse d'Or France

La victoire va se jouer dans les détails, Noëmie Honiat le sait. Alors, elle met toutes les chances de son côté. “Depuis que nous connaissons le thème, j’ai préparé au moins 40 brochets, mes enfants n’en peuvent plus !” 

Mais le jeu en vaut la chandelle. Si elle gagne fin novembre à Reims, la cheffe de 32 ans représentera la France sur la scène internationale. L’étudiante en BTS culinaire rêvait de participer un jour à cette compétition. Car Noëmie Honiat aime l’adrénaline qui se dégage des concours. “J’y vais pour gagner mais pas écraser les autres. C’est un affrontement avec soi-même.

Être bien entourée pour gagner  

Pour arriver à ses fins, elle est accompagnée de partenaires et de chefs reconnus dont Jean-Luc Danjou et Pierre Augé, à la tête d’un restaurant à Béziers. “J’y suis allée au culot : chef, est-ce que vous me suivez dans cette aventure ?”, se félicite l’ancienne participante à Top Chef. 

Elle peut également compter sur le soutien sans faille de son mari, Quentin Bourdy, rencontré sur le tournage de l'émission diffusée sur M6. “C’est un cuisinier hors-pair que je respecte. Il est prêt à mettre sa carrière professionnelle de côté pour m’accompagner dans ce projet.” 

Au tour d'une cheffe ?  

Maman de deux enfants âgés de 4 et 5 ans, Noémie Honiat souhaite également montrer que les femmes ont leur place dans l’élite de la gastronomie, en France et à l’international. “Aucune femme n’a encore représenté la France. Et seule une femme, Léa Linster pour le Luxembourg a remporté le concours. C’était en 1989, l’année de ma naissance. Il est temps que cela change.” Une raison supplémentaire pour se donner à fond.

Je sais qu’il faut toujours prouver plus en tant que femme mais c’est ce qui me motive ! 

Noëmie Honiat, finaliste du Bocuse d'or France

Le grand jour approche. “Je suis à la fois pressée, stressée, excitée. Je veux rendre fières toutes les personnes qui croient en moi.” Rendez-vous à Reims le 23 novembre prochain pour savoir si l’Aveyronnaise représentera la France aux Bocuse d’or en 2023. Et pourquoi pas suivre les traces du meilleur ouvrier de France Davy Tissot, vainqueur du prestigieux concours cette année.