Ordonnance d’expulsion pour la ZAD de Saint-Victor-et-Melvieu en Aveyron

La ZAD de Saint-Victor-et-Melvieu, en Aveyron vidée de ses occupants. / © M.Flamesnil/ France 3 Occitanie
La ZAD de Saint-Victor-et-Melvieu, en Aveyron vidée de ses occupants. / © M.Flamesnil/ France 3 Occitanie

Les opposants au projet de transformateur électrique de Saint-Victor-et-Melvieu en Aveyron vont sans doute devoir quitter la zone à défendre (ZAD) qu'ils ont installée depuis plusieurs mois. Un huissier accompagné de gendarmes est venu leur signifier lundi une ordonnance d’expulsion.

Par Laurence Boffet

Ils appellent tous leurs soutiens à converger ce mardi matin sur le site de la zone à défendre (ZAD) installée à Saint-Victor-et-Melvieu, en Aveyron. Et à lutter à leurs côtés contre "cette nouvelle façon de gérer les luttes par l’amende". Les occupants du site se sont vus signifier lundi une ordonnance d'expulsion du tribunal de grande instance (TGI) de Rodez, par un huissier accompagné de gendarmes. Ils doivent quitter les parcelles qu'ils occupent "sous astreinte de 2000 euros par jour calendrier entamé par infraction constatée et par personne contrevenante".
 

Une lutte engagée en 2015

Réunis dans un collectif, "l'Amassada", de nombreux habitants du secteur se battent depuis 2015 contre ce projet de transformateur et les centaines d'éoliennes qui l'accompagnent. Pour en contrarier l'implantation, une centaine d'entre eux a acquis en indivision les terrains pressentis pour le projet et y ont installé des cabanes, des dortoirs et des lieux culturels.
Ils ont aussi multiplié les actions pour dire leur opposition au projet. Sans succès. En janvier 2018, les commissaires-enquêteurs chargés de mener l'enquête publique ont rendu un avis favorable à la construction de ce poste de transformation électrique d'une puissance de 400.000 volts sur 5 hectares de parcelles agricoles. 
Le16 juin 2018, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire en a signé la déclaration d'utilité publique. Une ordonnance d'expulsion est tombée en juillet, avant une visite de la juge des expropriations sur le site en septembre dernier. Depuis, les habitants de la Zad se relaient en permanence sur la zone. 
Les occupants du site se font peu d'illusion et craignent l'arrivée imminente des gendarmes pour les déloger. Ils dénoncent une "guerre psychologique" et une "nouvelle manière de neutraliser les luttes territoriales et écologistes" indiquant qu'ils refusent de s'y plier. 

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