Intempéries dans le Gard : Signalétique, conscience des risques... la préfecture revient sur les circonstances des drames de ce week-end

Une fois retrouvées l'ensemble des victimes emportées par les crues ce week-end, la préfecture du Gard a promis l'engagement d'"une réflexion globale" pour limiter les risques au passage des ponts submersibles, lundi 11 mars, lors d'une conférence de presse.

200 mm d'eau tombées en 24h sur les Cévennes et des cours d'eau en crue. Selon la préfecture du Gard, les intempéries du week-end se sont avérées conformes aux prévisions météo, et adaptées aux niveaux de vigilance mis en place (jaune pour pluie, orange pour crue). Le tout dans un département régulièrement frappé par des épisodes cévenols d'une ampleur similaire.

Six personnes ont pourtant été emportées par les eaux en crue au passage d'un pont submersible, samedi 9 et dimanche 10 mars. Quatre corps ont été retrouvés et des victimes sont encore recherchées à Dions. Des drames sans précédent depuis dix ans dans le département.

Comment est-ce arrivé ? Les autorités sont revenues sur les circonstances de ces drames, lundi 11 mars en conférence de presse.

Une barrière installée après le drame

À Dions, où une famille gardoise de quatre personnes a été emportée par le Gardon samedi soir, un panneau signalétique a été posé en bordure de chaussée à 23h pour dissuader les automobilistes de traverser le pont qui commençait à être submergé. 45 minutes plus tard, une barrière a été placée par les agents de voirie pour empêcher l'accès à la route, précise le secrétaire général de la préfecture Frédéric Loiseau. 

C'est entre ces deux horaires que la voiture de la famille a tenté de traverser : un appel de détresse a été passé par la famille aux pompiers à 23h30.

Pourquoi ne pas avoir installé une barrière dès le début ? "Il faudrait poser la question aux gestionnaires de voirie", répond d'abord Frédéric Loiseau lors de cette conférence de presse, avant de développer : "ces opérations se font souvent en deux temps", les mesures suivent "une gradation en fonction de la réalité du terrain".

Conscience du risque

"Elle n’aurait jamais pris le pont s’il avait été fermé, car il y a deux autres itinéraires pour arriver chez eux", témoigne d'ailleurs la belle-mère de la conductrice dans cet article du Huffpost.

Difficile de savoir si et dans quelle mesure ce drame aurait pu être évité, mais Frédéric Loiseau précise que d'autres accidents résultent de "comportements individuels inadaptés". À Gagnières, samedi soir, un sexagénaire a décidé de franchir un pont submergé malgré les barrières qui barraient la route. Son corps a été retrouvé dimanche

Force est de constater que la population, y compris une partie de la population locale, n'est pas encore consciente des risques au passage d'un pont submergé. 

La préfecture s'engage dans "un travail de réflexion"

Frédéric Loiseau conclut : "Il faut continuer ce travail d'acculturation de la population à ces risques qui vont croissant sur le territoire."

Protocole de prévention, signalétique, temps d'arrivée des secours... De son côté, la préfecture s'engage à "un travail de réflexion globale sur le protocole concernant le franchissement des ponts submersibles dans un contexte de vigilance jaune".

Rappelons-le : il est extrêmement dangereux de franchir un pont submergé à pied comme en voiture. Quelques centimètres d'eau suffisent pour perdre le contrôle de son véhicule.