Agriculteurs en colère : ils avaient déversé du fumier dans une station-service, six agriculteurs convoqués par les gendarmes

Six agriculteurs gardois, suspectés d'avoir déversé du compost et du fumier dans une station essence, lors du mouvement agricole de janvier et février 2024, ont été auditionnés ce vendredi 31 mai. En signe de soutien, 70 agriculteurs ont manifesté pour les soutenir.

La gendarmerie de Saint-Chaptes, dans le Gard, a convoqué, ce vendredi 31 mai, six agriculteurs dans le cadre d'incidents liés à la manifestation agricole de janvier et février 2024. Les gendarmes enquêtent sur leur éventuelle participation au coup de force du 22 janvier 2024, lorsqu'une station essence Casino située à La Calmette, a été recouverte de fumier et de compost.

Les premières auditions ont duré un peu moins d'une heure. À la sortie de leurs auditions, les agriculteurs étaient sereins.

Ils m'ont convoqué pour rien du tout, je n'y étais pas. On parle de 1700 euros de frais nettoyage, je pense qu'il y a d'autres priorités !

Un agriculteur convoqué

Un autre agriculteur convoqué est sorti, lui aussi, confiant de son entretien avec les gendarmes, qu'il a décrit comme très cordial lors de son échange avec l'équipe de France 3 Occitanie. "Il n'y aura probablement pas de grandes suites. Ils n'avaient pas grand-chose contre nous", a-t-il déclaré.

Soutien agricole

Ce n’est pas la première fois que des agriculteurs sont convoqués pour s’expliquer sur des faits liés aux manifestations. À chaque fois, toute la communauté agricole se mobilise en soutien. L'appel à la manifestation a été relayé sur les réseaux sociaux quelques jours auparavant par les organisateurs.

Le mouvement a été suivi par 70 personnes. Des banderoles ont été installées sur les grilles de la gendarmerie de Saint-Chaptes pour afficher leur soutien à leurs collègues."Il va falloir que cela s’arrête ! Ce n’est pas le moment, car nous sommes en plein travail, mais nous travaillerons la nuit s'il le faut pour être là pour défendre nos collègues", précise un exploitant agricole.

On était 2 000 sur l’autoroute, et nous restons unis et forts ensemble. C’est en étant mobilisés comme aujourd’hui que nous pouvons nous faire entendre. Nous le ferons devant toutes les gendarmeries du Gard s'il le faut !

Romain Angelras

Président des Jeunes agriculteurs du Gard

Sur place, les exploitants retrouvent leurs compagnons de la révolte agricole du début de l'année 2024, lorsqu’ils avaient bloqué l’A9 pour protester notamment contre la hausse des charges et contre des contraintes administratives de plus en plus importantes. Ce temps d’échange permet aussi de faire le point sur la situation actuelle et de marquer leur détermination à relancer le mouvement.

Si le gouvernement pense que c’est par la répression qu’il va étouffer la révolte agricole, il se trompe.

David Sève

Président de la FDSEA du Gard

Les agriculteurs se disent prêts à relancer l’action, car ils attendent toujours les avancées promises par le gouvernement à l’issue du conflit. Ils dénoncent un manque de réponses structurelles à la crise. Bien que quelques progrès aient été réalisés, la trésorerie de certains agriculteurs est toujours mise à mal. "Les primes PAC de l'année dernière, qui auraient dû être versées en mars, ne le sont toujours pas. C'est un exemple parmi d'autres. Nous sommes en pleine crise économique, et nous attendons des réponses économiques concrètes", ajoute David Sève, le président de le FDSEA du Gard.

La station essence, qui a été prise pour cible lors de la révolte des agriculteurs, a été fermée pendant une soirée, puis rouverte le lendemain en début d'après-midi.

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