Poids lourd à contresens sur l'autoroute A9 à Nîmes : le chauffeur routier mis en examen pour homicide involontaire

Après le terrible accident dans la nuit de vendredi à samedi qui a coûté la vie à trois personnes après un choc fontal avec un camion, le chauffeur du poids lourd qui s'était engagé sur l'autoroute à contresens a été mis en examen pour homicide involontaire et laissé libre sous contrôle judiciaire.

Les faits sont jugés cette semaine, plus de 3 ans après avoir été commis dans le centre-ville de Nîmes
Les faits sont jugés cette semaine, plus de 3 ans après avoir été commis dans le centre-ville de Nîmes © FTV

Comment a-t-il pu commettre une erreur de conduite aussi fatale? Comment a-t-il pu s'engager sur l'autoroute dans le mauvais sens malgré six énormes panneaux d'interdiction ?  Au bout de deux jours de garde-à-vue, le chauffeur poids-lourd de 62 ans n'est pas pavenu à expliquer une telle méprise.

9 km à contresens

Il est un plus de deux heures du matin samedi, après une pause, le camion venant de Pologne quitte l'aire de Marguerittes à Nîmes côté sud. Il prend ensuite l'autoroute à contresens et roule 9 kilomètres avant de percuter une voiture sur la voie de gauche. Les trois occupants, un couple de quadragénaires et un de leurs enfants âgé d'une vingtaine d'années meurent sur le coup. Les victimes sont de nationalité portugaise, leur véhicule était immatriculé en Suisse.

Le résultat des analyses toxicologiques révèlera que l'alcool n'était pas en cause dans ce terrible accident qui a coûté la vie à une famille.

Déféré ce lundi, le conducteur du camion a été mis en examen pour homicide involontaire. Une information judiciaire a été ouverte pour connaître les causes de cet accident. 

Des analyses toxicologiques sont en également cours pour savoir si le chauffeur routier a pris des médicaments ou s'il a pu être sous l'emprise de stupéfiants au moment du choc. Le test Covid pratiqué s'est révélé négatif.

Le chauffeur souffrait d'une forte fièvre au moment de l'accident.

Eric Maurel, procureur de la république de Nîmes

Cela peut-il expliquer sa confusion ? L'enquête sur cet accident mortel ne fait que commencer. L'enregistrement des caméras de surveillance sera utile à la compréhension des faits. "Nous devrons analyser le parcours du chauffeur, savoir s'il a respecté ses temps de pause durant le trajet.

Il faudra certainement procéder à une reconstitution.

Eric Maurel, procureur de Nîmes

Le chef du parquet de Nîmes précise avoir demandé le placement en détention provisoire du chauffeur. "De nationalité étrangère, il n'a pas de garanties de représentation". Une demande rejetée par le juge des libertés et de la détention qui l'a laissé libre sous contrôle judiciaire.

La mise en examen du routier pour "homicide involontaire aggravé par la mise en danger d'autrui" est caractérisée par le fait d'avoir roulé sur l'autoroute à contresens. L'homme risque jusqu'à sept ans d'emprisonnement.

400 contresens par an

Chaque année, près de 400 contresens sont détectés sur autoroute (marche arrière au péage et sur la bande d’urgence, prise à contresens de l’autoroute) en France. Une alerte sonore est diffusée sur 107.7 en cas de contresens, rappelle le site autoroutes.fr qui donne aussi des conseils pour éviter les accidents.

8 morts en 2011

Un des plus graves accidents d'un véhicule à contresens est celui provoqué par un chauffard albanais qui avait tué quatre jeunes Varois sur une autoroute italienne en 2011. Il avait été condamné à 18 ans et 4 mois de prison en appel. 

Quatre personnes étaient décédées en juillet de la même année dans une collision entre deux voitures. L'une d'elles avait pris l'autoroute A7 à contresens, au niveau de la commune de la Fare-les-Oliviers, dans les Bouches-du-Rhône. Une jeune femme de 25 ans, qui revenait d'une soirée, avait emprunté l'autoroute à contresens avant de heurter, dans un choc à grande vitesse, une autre voirture.

 

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