PHOTOS. "C’était l'apocalypse". 40 chênes déracinés, un domaine viticole ravagé par une violente tempête

Une tornade a dévasté le domaine viticole d’Arton, dans le Gers. Le vignoble, qui produit de l’Armagnac et du vin, a vu son parc ravagé et des dizaines d’arbres déracinés. La vigne est également en danger.

Il était 20h, ce mardi 20 juin 2023, lorsqu’une véritable tempête s’est abattue sur le domaine d’Arton, vignoble familial du Gers. Ce soir-là, les viticulteurs recevaient des clients. Lili de Montal, belle-fille des propriétaires, raconte : "Nous étions tous séquestrés, dans le noir, sans eau ni électricité."

Aux alentours de 21h, le ciel se calme, et c’est la consternation. "On a pu faire le premier constat des dégâts : une quinzaine d’arbres anciens ont été déracinés". En tout, ce sont 40 chênes qui sont détruits. Le parc est dévasté, la route pour y accéder est inaccessible  "C’était apocalyptique", se désole Lili de Montal.

Entre 30 et 40 % de pertes

La vigne du domaine a surtout souffert de la grêle. "Depuis le mois de mai, les pluies incessantes et l’humidité accrue ont fortement impacté les vignes", explique Fabrice Saramon, œnologue du domaine d’Arton.

Une partie du vignoble est en biodynamie. La vigne n’est pas dopée et les moyens de lutte sont assez restreints. "Elle est très vulnérable et c’est la porte d’entrée à de nouvelles maladies", souligne Lili de Montal. "On a perdu entre 30 et 40% des vignes", ajoute Fabrice Saramon. Les effets de ces bouleversements climatiques ne seront véritablement mesurés qu’au début du mois d’août, "quand le raisin commencera à mûrir".

Une aide précieuse

En attendant, l’heure est à la résilience. Même si Lili de Montal avoue « une forme de découragement énorme. C’est une année de travail qui tombe en lambeau », il n’est pas question de baisser les bras. "Nous ne sommes pas désespérés".

Une lettre est rapidement envoyée aux fidèles du Vignoble, les « amis d’Arton » pour assurer que le cocktail saisonnier qui devait se tenir ce soir, vendredi 23 juin, aura bien lieu. "Les gens étaient inquiets. Même sur les réseaux sociaux, nous avons reçu des centaines de messages proposant de l’aide".

Certains sont venus. Pendant trois jours, "ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient, explique Lili de Montal, ramasser les branchages, rétablir la route devenue impraticable, déblayer les chemins, boucher les trous de boue". Des entreprises du coin leur ont même prêté du matériel. "Toute l’équipe s’est retroussée les manches pour faire en sorte de recevoir les 250 personnes prévues".

De telles épreuves "font partie de la vie d’agriculteur et de viticulteur", affirme Lili de Montal. "Nous sommes totalement tributaires de la nature." Fabrice Saramon l’assure : "La vigne va se remettre. On va continuer notre travail pour qu’elle reprenne le dessus et récolter les vendanges au mois de septembre. "