"10h17" : un Toulousain se souvient (en chanson) de l'explosion de l'usine AZF

Le chanteur toulousain Matthieu Miegeville rend hommage aux victimes de "la tragédie AZF" dans son dernier titre, "10 heures 17", qui parait vendredi, soit exactement dix-sept ans après l'explosion de cette usine chimique qui avait fait 31 morts et 8000 blessés à Toulouse.
 

Matthieu Miegeville
Matthieu Miegeville © Lionel Pesqué
"J'ai fait une chanson sur le sentiment qui m'a parcouru durant cette journée", explique le chanteur toulousain de 40 ans dans un communiqué, et en hommage à ceux "qui n'ont pas survécu" et "ceux marqués à vie dans leur chair et dans leur âme". 
    
"10 heures 17" fait référence à l'heure exacte de la catastrophe d'AZF.
Le 21 septembre 2001 à 10h17, 300 tonnes de nitrate d'ammonium stockés à l'usine AZF de Toulouse explosent, dans une détonation qui se fait entendre à 80 kilomètres à la ronde. 
    
Comme presque tous les Toulousains, Matthieu Miegeville relate dans sa chanson son impression, ce jour-là, d'être "passé tout près de l'explosion".
Alors que l'onde de choc soulève son corps et que ses vitres explosent, il se rappelle avoir d'abord cru que son appartement, situé à quelques kilomètres de l'usine, venait d'être "percuté par un camion" ou la "boule de démolition d'une grue". 
    
La chanson relate l'incompréhension du moment et l'incertitude sur ce qui vient de se passer : dix jours après les attaques du 11 septembre au World Trade Center, beaucoup avaient "pris pour cible l'étranger" et pensaient à une attaque terroriste.
 
"10 heures 17" constitue le seul titre pour l'instant révélé du disque "Longue distance", à paraître le 26 octobre. Le chanteur toulousain, qui connaît "aussi bien Reggiani que Metallica", livre ici son premier album solo, après 20 ans de projets en groupe, du heavy metal de Psykup au rock plus doux d'Agora Fidelio. 
    
L'explosion de l'usine AZF est la plus grave catastrophe industrielle en France depuis 1945. Elle avait entraîné la mort de 31 personnes, dont 21 sur le site. 
Huit mille personnes avaient été blessées à plusieurs kilomètres à la ronde, et les dégâts matériels, considérables, étaient évalués à 2,5 milliards d'euros.
    
"Un sentiment d'apocalypse" restait encore gravé dans les mémoires des anciens travailleurs d'AZF en 2017, lorsqu'ils relataient les "grincements de ferraille", l'explosion des vitres, le sang des personnes blessées ce jour-là. 
 
"10h17", le clip

 
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