"Ce que l'on veut avant tout c'est que le Premier ministre vienne nous voir ici, sur l'autoroute", l'appel des agriculteurs à Gabriel Attal

Au niveau de la sortie 27 à hauteur de Carbonne (Haute-Garonne) depuis le jeudi 18 janvier, ils sont plus de 250 à se mobiliser pour dénoncer des revenus dégradés et un manque de soutien de la part de l'État. Bertrand Loup, agriculteur à Larroque (Haute-Garonne) est venu manifester sa colère. Dans cette interview, il explique les enjeux de ce mouvement.

Y a-t-il des négociations en cours ? 

Actuellement, nous n'avons pas de négociations en cours, nous avons des revendications. Nous attendons que l'État fasse un pas vers nous, et au moins des annonces, mais ce que l'on veut avant tout, c'est que le Premier ministre vienne nous voir ici à Carbonne, sous le pont. Pour le moment, on a des échos, comme quoi ce serait en train de bouger, on sent qu'on fait peur. L'État sait très bien que le poste source de la revendication est ici, et nous engageons tous les agriculteurs du pays, dans chaque département, à faire pareil que nous, car il n'y a que comme ça, en repartant de la base, que nous serons entendus. 

Ce que l'on veut avant tout, c'est que le Premier ministre vienne nous voir ici à Carbonne, sous le pont.

Bertrand Loup, agriculteur

Est-ce le seul moyen de se faire entendre ?


On s'excuse auprès des riverains, des usagers, mais on n'a aucun autre moyen de se faire entendre. On a mis en place avec les autorités, main dans la main, des déviations pour qu'il n'y ait pas de gros bouchons afin d'impacter le moins possible la population. Mais quand on fait des manifestations à Toulouse, on n'est pas entendus, comme mardi dernier. La colère nous a pris, il n'y avait plus que cette solution, bloquer. Arriver à des situations extrêmes comme celles-ci, c'est malheureux, mais il n'y a que cette solution pour que nous soyons entendus. 

Jusqu'à quand pouvez-vous tenir ?

Le monde paysan est fait de solidarité. Nos voisins s'occupent de nos troupeaux pendant que nous sommes ici. Toute l'interprofession nous envoie énormément de nourriture, des caisses de céréales pour pouvoir dormir dedans, de quoi se chauffer... Tout ce qui peut servir à l'intendance. On a lancé ce mouvement mardi dernier à plusieurs, derrière notre leader Jérôme Bayle, parce qu'on n'était pas contents de ne pas avoir été entendus par les services de l'Etat. Hier, nous étions 500 pour tout mettre en place, ici, sur l'autoroute. 

Interview réalisée par Patrick Noviello