Expulsion du bidonville d'Empalot à Toulouse : des associations réclament le relogement des familles

Les familles albanaises du bidonville d’Empalot à Toulouse seront expulsées le 17 novembre prochain. Des associations réclament des solutions de relogement. Un rassemblement s'est tenu ce lundi devant la préfecture de la Haute-Garonne.

Trois jours avant leur expulsion, le Dal 31, Utopia 56 et Médecins du Monde entendent mettre la pression sur l'État pour trouver des solutions de relogement pérennes aux familles albanaises vivant dans le camp d'Empalot en bord de Garonne à Toulouse. Ce lundi 14 novembre à midi, plusieurs membres se sont rassemblés devant la préfecture de Haute-Garonne. Ils dénoncent le manque de proposition de relogement.

Le 2 novembre dernier, le tribunal administratif de Toulouse avait ordonné l'expulsion des occupants du bidonville à ciel ouvert, situé sous le pont du Stadium, dans un délai de 15 jours.

Camp insalubre et zone inondable

Des dizaines de familles avec des enfants en bas âge vivent dans ce campement de fortune depuis plusieurs mois. Les habitants du quartier parlent d'une occupation depuis deux ans. Ils vivent dans une grande précarité sous des tentes et des baraquements en tôle. Ces ressortissants albanais réclament le statut de demandeurs d'asile.

Il y a des enfants scolarisés, des personnes malades. C'est illégal de les laisser vivre dans de telles conditions et c'est illégal de les expulser sans proposition de relogement.

Luc, militant Dal 31

Dans un communiqué, le tribunal administratif explique que "le terrain est situé en zone inondable et ne comporte aucune protection de nature à éviter les risques de chutes à partir de la digue ou de noyades alors que les occupants comptent de nombreux enfants."

Saisi en urgence par la préfecture de Haute-Garonne début novembre 2022, le juge administratif avait estimé l'occupation illégale et les conditions d’insalubrité de ce campement "préjudiciables à la santé des occupants." 

Selon les associations qui les soutiennent, les occupants de ce camp (une centaine) demandent depuis des mois à être reloger. Sans succès car les centres d'hébergements sont tous saturés. 

Diagnostic au cas par cas

Les services de la préfecture se sont rendus sur place ce lundi matin pour établir un diagnostic précis des situations individuelles (droit au séjour, scolarisation d'enfants, situation de fragilité, aides au retour, suivi social). "Un travail préalable à leur expulsion" a précisé la préfecture.