Grippe aviaire : les nouvelles mesures du gouvernement pour lutter contre la reprise de l'épidémie dans le Sud-Ouest

Avec trois épisodes d’influenza aviaire en cinq ans, de nouvelles mesures s’imposaient pour se prémunir d’une nouvelle crise de grippe aviaire. Le gouvernement a présenté le 8 juillet ses conclusions et dévoilé sa feuille de route avec des mesures applicables dès cet été.
Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie, a présenté le 8 juillet les nouvelles mesures, applicables pour certaines dès cet été, visant à enrayer la reprise de la grippe aviaire, dans les exploitations du Sud-Ouest.
Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie, a présenté le 8 juillet les nouvelles mesures, applicables pour certaines dès cet été, visant à enrayer la reprise de la grippe aviaire, dans les exploitations du Sud-Ouest. © MaxPPP / Christian Watier

En se basant sur les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), des professionnels de la filière avicole ou encore de l’école vétérinaire de Toulouse (ENVT), Julien Denormandie, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, a présenté le 8 juillet ses conclusions et dévoilé la feuille de route du gouvernement pour enrayer les crises de grippe aviaire récurrentes, notamment dans les élevages du sud-ouest.

Les principales mesures

La mise à l'abri obligatoire des animaux est une mesure phare. Les modalités devront être définies, en période à risque (de mi-novembre à mi-mars) et adaptées aux types et aux modes d’élevage et à la zone géographique où est implanté l’élevage. Les animaux devront être mis à l’abri dans des bâtiments fermés, aérés mais hermétiques à la faune sauvage.

Des zones à risque de diffusion (ZRD) vont être définies et un des objectifs majeurs est de diminuer la densité des palmipèdes gras dans ces zones en période à risque. Donc de réduire temporairement, la capacité maximale des élevages. L'école vétérinaire de Toulouse a d'ailleurs travaillé sur un plan d'action concernant ces zones.

Une transmission des données relatives aux «mouvements » (déplacements, abattages) de toutes les volailles (y compris les gibiers d’élevage) aux services de l’État devra être mise en place, afin de disposer d’une cartographie à jour.

Une télédéclaration des sites de production et des mouvements de volailles est désormais obligatoire.

Les mesures phares complémentaires

La "biosécurité » devra être observée au quotidien et par tous les maillons de la chaîne. Les éleveurs devront suivre une formation continue pour observer ses règles de biodiversité et des audits réguliers seront réalisés dans les élevages, validés par un « certificat de biosécurité ».

Les mouvements d'animaux doivent être limités au maximum, toujours en fonction des risques et du type d’élevage.

Une organisation des indemnisations en cas d’abattage sanitaire nécessaire doit être mise en place dans les mois à venir.

La feuille de route du gouvernement vise à la fois le court-terme (cet été), comme le moyen et long-terme.

Les réserves émises

Des réserves à cette feuille de route "influenza aviaire" ont toutefois été émises par la Confédération paysanne et le Modef, qui considèrent que certaines mesures sont disproportionnées.
 
La Confédération paysanne et le Modef demandent que l’exigence des mesures de biosécurité soit adaptée au risque de chaque exploitation, avec une mise à disposition de différents moyens pour mettre à l'abri les volailles, tout en respectant le bien-être animal et le mode de production en plein-air.
Elles craignent en effet que ces mesures ne mettent fin à la production française « de plein air ».

Concernant la mise à l’abri des bêtes, la Confédération paysanne et le Modef souhaitent que l’enfermement des volailles dans les petites exploitations soit de maximum 6 semaines en période à risque et que les réductions de parcours soient fonction des besoins physiologiques des volailles.

Elles demandent également que les audits soit réalisés par des intervenants qui connaissent les spécificités des petits élevages de volailles traditionnels et que cela ne pèse pas financièrement sur les éleveurs. Enfin que la période à risque soit strictement liée aux flux migratoires d’oiseaux sauvages à risque et qu’elle soit réduite de la mi-novembre à la mi-janvier (et non plus mars).

Enfin, il est demandé que le consommateur soit informé lorsque les animaux ont été claustrés.

L’application des premières mesures commence dès cet été, dans les élevages du Sud-Ouest, afin que les éleveurs puissent adapter leur fonctionnement avant le début de la période à risque.

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