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L'ours Goiat “super prédateur” doit être capturé pour changer la batterie de son GPS

 Les premiers pas de Goiat, l'ours lâché en 2016 par les Catalans. / © Piroslife
Les premiers pas de Goiat, l'ours lâché en 2016 par les Catalans. / © Piroslife

L'ours Goiat, introduit en 2016, dans les Pyrénées pose des difficultés aux autorités espagnoles. En seulement 5 mois, Goiat a attaqué 27 fois du bétail. Une prédation inhabituelle et exceptionnelle qui nécessite un suivi particulier notamment grâce à son collier équipé d'un GPS.

Par Emmanuelle Gayet

Le comportement de l'ours Goiat, introduit dans les Pyrénées espagnoles en 2016, est qualifié d'exceptionnel. En effet, le plantigrade localisé en permanence grâce à un collier de repérage GPS, a montré un comportement de prédateur "anormal", avec  une certaine attirance pour les équins. La prédation de l'ours sur chevaux (ânes et autres équins) est inhabituelle et exceptionnelle. 
 

Un dispositif spécifique pour suivre Goiat

Devant la conduite anormale de Goiat, un dispositif spécial a été lancé cette année pour évaluer l'animal. Le Conseil general de Catalunya prend très au sérieux la problématique nouvelle de l'ours. Elle demande une évaluation technique et un protocole d'intervention en adéquation avec la gestion d'ours "dit à problème" avant de prendre une décision sur l'avenir de Goiat.
Un  protocole de suivi particulier visant à cataloguer objectivement les problèmes, y compris ceux dus à son comportement prédateur a été décidé.
Le gouvernent espagnol ne souhaite pas que le cas Goiat mette en péril, les 20 ans de réussite du programme Piroslife, un projet impulsé par la Commission européenne dans le cadre du programme Life-Natura. 


Une certaine attirance pour les équins

Une équipe d'experts composée de techniciens est chargée de se déplacer sur les lieux d’attaque sur le bétail. Le signal GPS posé sur Goiat permet de confirmer sa responsabilité dans certains cas. Les experts ont pu établir la présence d'ecchymoses et de lésions sur le corps des animaux morts, indiquant qu'ils étaient vivants au moment de la prédation.
Grâce au suivi GPS, on sait que Goiat est en France depuis la mi-juillet. Entre le mois d'avril et le 31 août, cette équipe a enregistré 27 attaques (12 en Catalogne et 15 en France). Au total, 22 moutons (la plupart en France), 9 chevaux (presque tous en Catalogne), 1 chèvre ainsi que des dégâts dans 8 ruches. Les experts s'accordent sur le fait que Goiat est un prédateur de bétail, mais pas agressif envers les personnes.


L'urgence, changer sa batterie

Pour mener à bien le protocole de suivi, le GPS reste indispensable. Or depuis son lâcher, la batterie du collier n'a pas été changée et elle montre des signes de faiblesse. Il a donc été décidé de le capturer pour remplacer la batterie lors de son retour sur les terres espagnoles.
Les éleveurs de Sost dans les Hautes-Pyrénées ont mené cet été deux battues d'effarouchement pour éloigner l'ours espagnol. Ils se disent déçus de cette décision. Ils espéraient le retrait définitif de l'animal. Ils craignent de nouvelles attaques.





 

Histoire de l'ours des Pyrénées

Au milieu des années 90, l’ours était sur le point de s'éteindre des Pyrénées. Pour éviter cela, l'Union européenne a lancé un programme LIFE, coordonné entre la France et l'Espagne, Navarre, Aragon et Catalogne, qui a conduit à la libération de trois ours dans les Pyrénées centrales.

EN 1996, deux femelles ont été introduites et, en 1997, un mâle, Pyros, tous originaires de Slovénie. La sélection a été faite d'après des études qui montrent que les ours des Balkans, du sud de la Scandinavie et ceux du sud et du sud-ouest de l'Europe, appartiennent à une seule ligne génétique.
L’État français, en collaboration avec Andorre et l’Espagne, a libéré 5 nouveaux ours en 2006, dont 4 femelles et 1 mâle, Balou, décédé des effets de la foudre en 2014. Le dernier Goiat, en 2016, par la Generalitat.

Jusqu'à présent, le programme dans les Pyrénées centrales a été un succès. De 3 à 4 spécimens autochtones des Pyrénées occidentales en 1990 on est passé 43 spécimens identifiés en 2017, principalement dans les Pyrénées centrales.
 

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