Pas de dividendes en 2020 pour les actionnaires de l'aéroport de Toulouse-Blagnac

La décision doit encore être actée fin juin mais les actionnaires de l'aéroport de Toulouse-Blagnac ont décidé de ne pas se verser de dividendes au titre des bénéfices de l'année 2019, à cause de la crise économique due à l'épidémie de coronavirus. 

Les actionnaires de l'aéroport de Toulouse-Blagnac ont décidé de ne pas se verser de dividendes en 2020.
Les actionnaires de l'aéroport de Toulouse-Blagnac ont décidé de ne pas se verser de dividendes en 2020. © JP Duntze / FTV
Ils ont décidé à l'unanimité de ne pas se verser de dividendes pour l'année 2020. Les actionnaires de l'aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB) ont pris cette décision au cours d'un comité d'audit réuni le 20 avril dernier. Cette décision de ne pas se reverser les bénéfices de l'année 2019 a ensuite été présentée vendredi 24 avril lors d'un conseil de surveillance. Elle devra encore être actée lors d'une assemblée générale programmée fin juin.
 

Un courrier envoyé à tous les salariés

Lundi 27 avril 2020, c'est par mail que les 300 salariés de l'aéroport, actuellement en chômage partiel, ont été informés de cette décision. "Cette pandémie a provoqué une chute brutale et durable du trafic aérien mondial. Face à cette crise, le management a pris les décisions qui s’imposaient pour vous protéger et pour préserver la stabilité de l’entreprise" leur écrit le nouveau président du conseil de surveillance, depuis l'entrée d'Eiffage au capital de l'aéroport, Marc Legrand.  "Aéroport Toulouse-Blagnac continue de fonctionner et nous venons d’achever une séquence de gouvernance par la tenue du Conseil de Surveillance. Je souhaite en partager les principales conclusions avec vous" poursuit-il. "Le Conseil a approuvé les comptes 2019. Tenant compte des circonstances exceptionnelles, les actionnaires ont décidé à l’unanimité de soutenir la proposition que fera le Directoire à l’Assemblée Générale de juin de ne pas verser de dividendes au titre du résultat 2019.

Contactée par France 3 Occitanie sur la question des dividendes la société Eiffage répond : "Même si la santé financière d’ATB ne suscite pas d’inquiétude, nous avons naturellement convergé avec les autres actionnaires sur la solution de ne pas distribuer de dividendes cette année, pour tenir compte de la situation tout à fait exceptionnelle liée à la crise sanitaire, et des incertitudes qu’elle fait peser sur l’activité de l’aéroport à moyen terme. Cette décision s’inscrit logiquement dans l’approche d’actionnaire de long terme qui est celle d’Eiffage."


Des dividendes qui ont fait couler beaucoup d'encre jusqu'à présent

Le 30 mars dernier, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait appelé les entreprises recourant au chômage partiel (et bénéficiant donc des aides de l'Etat) à ne pas verser de dividendes à leurs actionnaires. A l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le chômage partiel a été mis en place une semaine plus tard. C'est la première fois depuis plusieurs années que les actionnaires ne se verseront pas de dividendes. Et la première fois depuis la privatisation de l'aéroport qu'il y a un consensus de tous les actionnaires.
Depuis la privatisation en 2015 et l'entrée au capital de la société Casil Europe, un consortium chinois, les collectivités locales (actionnaires minoritaires) n'ont cessé de dénoncer les bénéfices que s'octroyait l'actionnaire majoritaire. Et de dénoncer la plus-value que ce dernier a faite en renvendant ses parts à Eiffage en décembre 2019.  

L'inquiétude des salariés aux chômage partiel

Une annonce dont Rodolphe Robert, délégué syndical CGT et membre du CSE, prend acte ce mardi. "Pour l'instant, il y a de l'argent dans les caisses et ils ont décidé de ne pas se verser de dividendes pour 2020 alors qu'ils le pouvaient mais je reste vigilant pour l'an prochain. Car ils n'ont pas dit au cours du conseil de surveillance qu'ils tiraient un trait sur cette enveloppe pour 2021. Si c'est pour s'en verser plus l'année prochaine, ça n'aidera pas l'entreprise pour autant". 
Le délégué syndical est surtout inquiet pour la sortie du chômage partiel, à l'heure où les salariés ne touchent que 70% de leur salaire brut. "Certains aéroports en France compensent le chômage partiel à 100%" dit-il, "ce n'est pas le choix qu'a fait notre entreprise, malgré nos relances". 
"On s'inquiète maintenant du retour à l'emploi" dit-il "l'entreprise semble vouloir le conditionner au retour des passagers. Nous, on estime qu'on a suffisamment à faire, en maintenance préventive par exemple, pour reprendre avant. Il y a du travail qui peut être fait sans contact avec les passagers, seul et en respectant les distances de sécurité." Les salariés de l'aéroport devraient être bientôt fixés à ce sujet : une réunion du comité social et économique (CSE) est fixée le 30 avril pour présenter la sortie du chômage partiel.

 L'aéroport de Toulouse-Blagnac (APB) a été privatisé en 2015.
  • Son actionnaire majoritaire depuis fin décembre 2019, Eiffage, détient 49,99% des parts.
  • L'Etat en détient 10,01%.
  • La chambre de commerce et d'industrie 25%.
  • Le conseil régional 5%.
  • Le Conseil départemental de la haute-Garonne 5%.
  • Toulouse Métropole 5%.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vente de l'aéroport toulouse-blagnac économie transports transports aériens coronavirus santé société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter