Poubelles de Toulouse : l’action des éboueurs se poursuit en attendant une réunion de l'intersyndicale

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Écrit par Mélisande Queïnnec
Certains éboueurs cumulent plusieurs activités, qu'il pourrait être impossible de maintenir avec la fin du fini-parti.
Certains éboueurs cumulent plusieurs activités, qu'il pourrait être impossible de maintenir avec la fin du fini-parti. © PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI/MAXPPP

Le 3 décembre dernier, les syndicats n’étaient pas parvenus à trouver un accord avec la Métropole. Celle-ci avait en effet maintenu la décision de mettre fin au "fini-parti". Une décision qui suscite la colère des éboueurs : une intersyndicale aura lieu demain 10 décembre.

La nouvelle loi de la transformation de la fonction publique impose aux agents territoriaux de travailler 1607 heures – 35 heures par semaine. Jusqu’alors, les 600 éboueurs toulousains, dont la prise de poste a lieu à 5h du matin, pouvaient rentrer chez eux dès le ramassage des ordures terminé. Mais ils devront, à partir du 1er janvier, attendre la fin de leur service au dépôt jusqu'à midi. Une attente estimée à huit jours par an.

Les éboueurs ont ainsi entamé un mouvement de "grève du zèle" le 15 novembre, obligeant la municipalité à faire appel à des sociétés privées pour le ramassage des ordures ménagères.

"C’est du chantage"

Depuis, rien ne semble avoir évolué : la collectivité a réaffirmé hier, lors d’un comité technique, ne pas revenir sur sa décision… "Les élus ont mis comme préalable à toute négociation la fin du fini-parti. C’est inacceptable, c’est du chantage", estime Benoît Fontanilles, secrétaire du syndicat autonome FA-FPT – rappelant que les syndicats ont voté contre à l’unanimité.

"Quand on supprime le fini parti, les camions ne sont plus régulés… Et il se peut que malencontreusement, ces derniers aillent vider en même temps", a-t-il également relevé. Résultat : des embouteillages possibles dans les rues de Toulouse, mais aussi sur la rocade déjà largement congestionnée, comme a voulu montrer le syndicaliste sur cette vidéo : 

durée de la vidéo: 00 min 13
La fin du fini-parti provoquerait de potentiels encombrements dans une ville déjà embouteillée. ©Benoît Fontanilles

La métropole avance quant à elle des arguments de légalité, mais aussi de sécurité. Les éboueurs travaillent souvent vite pour terminer leur service tôt. Il y aurait ainsi 3,5 fois plus d’accidents du travail, selon Vincent Terrail-Noves, vice-président en charge des déchets. "En mettant un terme au fini-parti, on leur demande de prendre plus le temps, d'utiliser la mécanisation dans son intégralité... On veut [qu’ils] arrivent à la retraite dans le meilleur état de santé possible", nous avait-il précisé le 4 novembre dernier.

La compensation proposée – deux jours de repos censés pallier la pénibilité du métier – ne suffisent pas pour les agents de collecte. Une réunion intersyndicale aura lieu vendredi 10 décembre pour faire le point sur la suite de la grève et décider des prochaines actions à venir. Un conseil communautaire se tiendra quant à lui le 16 décembre prochain.

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