Une première condamnation à Toulouse après les émeutes dans les quartiers

Des forces de l'ordre positionnées au Mirail pendant les événements / © Rémy Gabalda / AFP
Des forces de l'ordre positionnées au Mirail pendant les événements / © Rémy Gabalda / AFP

Un jeune homme de 18 ans a été condamné ce mercredi après-midi en comparution immédiate. Il avait lancé une pierre lundi soir en direction d'un véhicule de police. 

Par Fabrice Valery

Le tribunal correctionnel de Toulouse a condamné ce mercredi après-midi un homme de 18 ans pour sa participation aux violences urbaines qui se déroulent depuis dimanche soir dans certains quartiers de la ville. Une peine de 6 mois dont 3 fermes a été prononcée sans mandat de dépôt. Il ne dormira pas en prison ce mercredi soir. 

Abdelali B., un jeune homme de nationalité espagnole et résidant chez ses parents dans le quartier de La Reynerie au Mirail, avait été interpellé lundi soir, avec 17 autres personnes. Sa garde à vue avait été prolongée mardi et il a été présenté au parquet mercredi matin. Il est le premier à être jugé pour ces faits, 10 autres interpellés le seront vendredi prochain. Le parquet de Toulouse a demandé leur placement en détention provisoire en attendant leur jugement. 

Ce qui est reproché à ce jeune homme dont le casier judiciaire était vierge, c'est d'avoir participé activement aux événements lundi soir au Mirail. Plus précisément, d'avoir caillassé une voiture de police avec 3 policiers à bord. Il avait été interpellé, reconnu grâce à ses vêtements, signalé par la patrouille de police, en compagnie d'un mineur, lui aussi placé en garde à vue. 

Les policiers ont découvert dans son téléphone portable une vidéo en mode "selfie" devant un véhicule en feu. En garde à vue, après avoir nié, il a finalement reconnu avoir lancé une pierre sur le véhicule de police, tout comme à l'audience ce mercredi après-midi : "J'ai bien lancé un caillou, reconnaît Abdelali B., mais c'était une petite pierre et je n'ai pas touché le véhicule"

Le jeune homme, en première année de CAP de Mécanique au lycée Galliéni de Toulouse, a dit "regretter" ses actes. Il a déclaré avoir été "emporté par un effet de groupe". A la barre, c'est un jeune homme frêle et qui s'exprime d'une voix faible. 

Cette première comparution immédiate pour les faits qui secouent certains quartiers de Toulouse depuis dimanche était particulièrement attendue, par le public et par la presse. Pourtant, il faut le reconnaître, c'est un dossier un peu faible qui a été présenté ce mercredi aux juges.

C'est pourtant très grave, a déclaré le procureur Patrice Michel, c'est l'image de notre ville qui est en jeu, quand il n'y a plus de rempart, le dernier c'est la justice. Et la justice doit protéger la société. Ce que l'on juge aujourd'hui, ce n'est pas la grosseur du caillou, ce sont des actes de violence envers des représentants de la loi. Je ne vous demande pas de faire un exemple mais les citoyens attendent une réponse pénale". 

De son côté, Maître Olivia Guibert, l'avocate du prévenu, a demandé une peine proportionnée, pour un acte "stupide".

Il a lancé une seule pierre en direction du véhicule de police. C'est l'acte d'une grande stupidité d'un jeune homme complètement immature. Il ne doit pas servir d'exemple parce qu'il est le premier à être jugé. Ne l'envoyez pas en prison". (Maître Guibert)

Lundi, lors de la deuxième soirée d'émeutes dans le quartier du Mirail, de nombreux incidents avaient eu lieu avec au total 25 véhicules incendiés. Les forces de l'ordre, présentes en nombre, avaient interpellé 18 personnes dont 6 mineurs. Mardi soir, la nuit a été "plus calme" mais une vingtaine de voitures a tout de même été détruites et 5 autres personnes interpellées. 

Ces événements ont démarré dimanche soir. Ce qui semble avoir mis "le feu aux poudres", c'est le suicide d'un homme en détention provisoire à la maison d'arrêt de Seysses, retrouvé pendu samedi soir dans sa cellule. L'interpellation musclée d'une femme portant un niqab dimanche après-midi et la diffusion de la vidéo de cette arrestation aurait aussi joué un rôle dans cet embrasement.

Mais pour le directeur départemental de la sécurité publique en Haute-Garonne, Nelson Bouard, ces éléments ne sont que des "prétextes" car, pour lui, ce sont plutôt les coups portés ces derniers mois au trafic de drogue qui seraient à l'origine de ces violences. 

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