Toulouse : des étudiantes de l'école d'ingénieurs de Purpan créent des couverts comestibles avec un objectif zéro déchet

Des étudiantes de l'école d'ingénieurs de Purpan à Toulouse portent le projet Croc Fork, des couverts 100% comestibles issus de fruits et légumes déclassés. Le but : limiter les déchets et lutter contre le gaspillage alimentaire.
Toulouse - Léa Maravelle, Marie Varin, Victoria Pagès souhaitent faire breveter leur projet Croc Fork. Juillet 2021.
Toulouse - Léa Maravelle, Marie Varin, Victoria Pagès souhaitent faire breveter leur projet Croc Fork. Juillet 2021. © Léa Maravelle

Des couverts 100% comestibles. C'est l'ambition de trois étudiantes de l'école d'ingénieurs de Purpan à Toulouse. L'idée est née d'un projet scolaire. La consigne était simple : proposer une innovation réalisable ou non. Alors, Léa Maravelle, Marie Varin et Victoria Pagès, ont créé Croc Fork : des fourchettes, cuillères et couteaux fabriqués à partir de fruits et légumes déclassés.

"Nous sommes partis de simples constats. Les mers et océans sont pollués essentiellement par des déchets à usages uniques. Dans les restaurants à tapas, les couverts en bois ne sont souvent pas recyclés", explique Léa Maravelle.  

Depuis le 1er janvier 2020, la loi EGALIM interdit l'usage de couverts en plastique à usage unique. Le projet est voulu "écoresponsable" et vise à limiter les déchets et lutter contre le gaspillage alimentaire.

Une solution contre le gaspillage alimentaire

Les couverts sont réalisés à partir de poires, pommes, pêches et patates douces déclassées, c'est-à-dire "trop abîmées, trop petits ou trop gros pour être vendus dans l'industrie agro-alimentaire".

"Nous connaissons un producteur de patates douces et nous avons remarqué qu'une grande partie de sa production est jetée car jugée non conforme", expose Léa Maravelle.

La fibre végétale des produits donne la contenance des ustensiles. De la cire d'abeilles est également utilisée pour les solidifier et leur permettre de résister à la chaleur. "La cire d'abeille peut résister jusqu'à 170 degrés : il est donc possible de manger une soupe avec nos couverts, sans qu'ils fondent", explique l'étudiante. 

Les couverts ont une texture de pâte de fruits, qui ne libèrent aucun goût avant d'être croqués. Ils peuvent être mangés en fin de repas comme un dessert ou bien être compostés.

Léa Maravelle, cofondatrice de Croc Fork

Un projet récompensé par la Chambre de commerce et d'industrie

Dans le cadre scolaire, les étudiantes ont présenté Croc Fork et remporté le concours CRECE (concours régional des étudiants créateurs d'entreprise), organisé par la chambre de commerce et d'industrie de la Haute-Garonne. 

Des couverts comestibles fabriqués à base de farine existent déjà. Mais les étudiantes priviligient le zéro déchet. "La farine est utilisée partout au quotidien. Il faut la créer pour ensuite pouvoir fabriquer les produits. Ce n'est pas une matière première infinie, cela peut poser problème à long terme. Nous préférons utiliser quelque chose qui est destiné à être jeté", précise Léa Maravelle. 

La vente est destinée exclusivement aux grossistes afin de limiter les déchets. "En vendant en gros, nous optimisons les déchets. Seul un carton classique et du papier kraft sera nécessaire, conformément à la réglementation des produits alimentaires", explique l'étudiante.

Le prix des couverts est fixé à 66 euros pour 100 pièces. Sur le marché, 100 couverts en bois coûtent en moyenne 10 euros contre 80 euros pour les produits en bambou. 

Les trois étudiantes toulousaines ont pour objectif de breveter leur projet d'ici à la fin de l'année. C'est pour cela et pour des raisons de confidentialité et de secret de fabrication que nous n'avons pas de photo de ces couverts comestibles à vous montrer... A suivre.

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