Reconversion : un ancien steward navigue au grand air de l'agriculture dans le Gers

Pascal Lesage est installé dans le Gers comme agriculteur depuis quelques mois. Une reconversion réussie pour cet ancien chef de cabine d'Air France. Après les grands espaces, place au grand air et une ferme bio où les porcs noirs gascons sont bichonnés.

Pascal et Catherine Lesage éleveurs de porcs gascons
Pascal et Catherine Lesage éleveurs de porcs gascons © FTV

Pascal Lesage et sa femme Catherine ont quitté la Normandie pour le Gers. Après 24 années passées comme chef de cabine chez Air France, Pascal a tenté une nouvelle aventure, à mille lieues de son ancien travail. Ils élèvent des procs noirs gascons, dans le respect du bien-être animal, avec les produits de la ferme et beaucoup d'attention. Une reconversion toute en équilibre. 

Des grands espaces au grand air

Avant d’atterrir dans le Gers, Pascal Lesage vivait en Normandie. En 2012, ils ont acheté une petite ferme de 16 hectares. Sa femme Catherine s’est installée. Une safranière a vu le jour au lieu-dit la Mousquère à Castelnau-Barbarens. Des porcs gascons sont aussi arrivés. Mais pendant ce temps, Pascal a continué son activité de chef de cabine pour Air France. Quand la pandémie est apparue, le plan de départs volontaires mis en place par la compagnie aérienne a fait réfléchir Pascal. Il y a 4 mois, il a troqué sa tenue de steward pour une combinaison agricole. Sans regrets. "Je crois que ce sont des années passées enfermé dans l'avion, dans les nuages. J'ai eu envie de grands espaces, de voir le ciel et ne pas être dedans". Après 24 années à parcourir le monde, à se lever en pleine nuit pour partir travailler, le voilà fixé dans le Gers, avec sans doute des réveils nocturnes lorsque les 8 truies de l’élevage doivent mettre bas.

Pascal Lesage est un nouveau agriculteur heureux.
Pascal Lesage est un nouveau agriculteur heureux. © FTV

L'arrimage du porc gascon

En terre gasconne le navigant s’est posé sur des valeurs sûres : le porc noir gascon. Une race ancienne qui a bien failli disparaître dans les années 80 : trop gras, une croissance lente, le porc noir n’avait plus beaucoup d’adeptes. « Nous les avons choisis car leur peau noire résiste mieux au soleil du sud. Nous avons eu un cochon rose. Il a pris un coup de soleil et nous avons du lui passer de la Biafine ! ». Car chez les Lesage, le bien-être animal est de mise. "On les voit comme des animaux, on ne les voit pas comme des charges, des produits [...]. Même si la finalité est là, avant de les emmener à l'abattoir, on fait tout pour qu'ils soient bien". Les cochons ont leur "infirmerie" dixit Catherine et ils ont un prénom et l'histoire qui va avec. Le verrat s'appelle "Pétanque", une dénomination qui fait références à ses qualités de reproducteur. Il y a aussi Tina, l'une des premières truies. Blessée, elle ne marchait plus. N'importe quel éleveur l'aurait menée à l'abattoir. Chez les Lesage, c'est l'infirmerie. Quelques mois de convalescence et elle a retrouvé le cheptel.

Une démarche réfléchie et raisonnée. A la Mousquère, il y a seulement 8 truies mères et un verrat. Ne cherchez pas de la production à outrance. Les Lesage élèvent leurs cochons au rythme des saisons. Ils en vendent pour l’engraissement et élèvent les autres pour la vente à la ferme et les produits transformés pour leur boutique. En tout, seulement une cinquantaine de porcs gras par an, un par semaine. « Nous resterons petits. Depuis 2012 nous n’avons pas fait grand-chose mais nous en sommes fiers. Chacun son mode d’ exploitation, son mode de vie ».

Du bleu ciel plein les œufs

Sur l'exploitation, Pascal et Catherine Lesage ont planté près de 500 arbres. Des noyers, des arbres fruitiers, pour leur consommation personnelle et celle des animaux. Avec des chênes bien sur car les porcs sont friands de glands et rien ne saurait leur déplaire. Ils vivent au grand air, dans un parc où ils peuvent glaner leur nourriture favorite. Ils sont élevés avec les céréales de la ferme, des pois, des féveroles, du maïs. Avec un petit supplément : les drêches (ce qu'il reste de l'orge après soutirage du moût pour faire de la bière) de la brasserie Jean Brasse de Gimont. "Depuis 4 ou 5 ans, on mélange ces drêches avec nos céréales. L'idée c'est de ne rien gâcher. Les cochons mangent aussi des pommes, des poires quand les amis et les voisins ne les ont pas ramassées." L'échange, toujours l'échange.

Des amis ont ramené des poules de race Araucana du Chili. Elles ont la particularité de pondre des œufs bleu ciel. De quoi mettre l'ancien chef de cabine dans son élément. Les Lesage ont acheté d'autres poules pour avoir un éventail de couleurs qui va du vert olive au bleu ciel. Ce sont elles qui désherbent les plans de safran. Un désherbant naturel et bio qui rend service aux safraniers que sont devenus Catherine et Pascal. "Nous avons 2000 m2 et nous produisons 200 grammes de safran par an. Pas plus car c'est beaucoup de travail."

Dégagé de l'aérien, Pascal Lesage a posé les pieds sur terre. Heureux comme un poisson dans l'eau. Le couple se donne 2 ans pour démontrer la viabilité économique de la ferme avec 2 salaires. Mais le bonheur de leur nouvelle vie n'est plus à prouver. 

 

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