Les avocats de Montpellier organisent une course de relais pour contester la réforme des retraites

Les avocats du barreau de Montpellier font une course de relais pour protester contre la réforme des retraites - 28 janvier 2020 / © FTV - T.Will
Les avocats du barreau de Montpellier font une course de relais pour protester contre la réforme des retraites - 28 janvier 2020 / © FTV - T.Will

Les avocats de Montpellier organisent ce mardi une course de relais entre les différentes instances de justice pour dénoncer la suppression de leur régime spéciale de retraite.

Par JM avec T.Will

Depuis plusieurs semaines, tous les avocats de France font parler d’eux en organisant différentes actions pour protester contre la réforme des retraites.

Après un flashmob à Rouen, un clip à Valenciennes ou encore une chaîne de solidarité à Caen, c’est au tour du barreau de Montpellier de s’organiser et de montrer sa colère face à la réforme des retraites et notamment contre la suppression de leur régime de retraite autonome.

Ce mardi 28 janvier ils ont organisé une course de relais géante pour relier les différentes instances de justice de la ville, le tribunal de grande instance, la Cour d'appel, le tribunal administratif.  Toutes la journée, les avocats du barreau de Montpellier vont donc se relayer et la course devrait durer jusqu’à ce soir.

Leur objectif, montrer leur colère grandissante face à la suppression de leur régime de retraite autonome :

On fait ça pour montrer que l’on s’épuise pas, que quoique puisse en dire certains médias, certains dirigeants, il y a de la fatigue mais il n’y a pas d’épuisements. On ne lâche pas ! Aujourd’hui, la plus grosse inquiétude que nous avons c’est celle de l’accès au droit pour les français, témoigne un jeune avocat de Montpellier.
 

Quel impact sur la justice à Montpellier ?


A côté de ces différentes actions, les avocats de Montpellier poursuivent leur "grève dure". Elle dure désormais depuis plus de 4 semaines et se traduit par aucune participation aux audiences et pas de présence pour les gardes à vue. 
Avec l'absence des avocats aux audiences, les procès sont donc reportés. Ce qui rallonge les procédures de plusieurs mois, voire de plusieurs années.

Dans l'Hérault, en moyenne il y a un délai de 8 mois pour les procédures. 

La réforme des retraites, ça change quoi pour eux ?


Si tous les avocats de France sont vent debout contre cette réforme c’est qu’ils sont inquiets de voir supprimer leur régime autonome qu’ils ont depuis 1945 maintenant.

On espère que le gouvernement entendra notre cause, entendra notre profession qui est une profession libérale, nous ne sommes pas des salariés, nous l’avons choisi certes, et nous avons des contraintes qui sont que nous n’avons pas de congés payés, nous n’avons pas une assurance maladie qui nous couvre à partir du 3ème jour, nous n’avons pas de chômage non plus si nous arrêtons notre profession, nous sommes à nue. Tout ça ce sont les caractéristiques d’une profession libérale et en tant que profession libérale, il est tout à fait normale que l'on gère notre retraite, témoigne une jeune avocate du barreau de Montpellier.

Leur régime actuel est autonome et excédentaire, c’est-à-dire qu’il fonctionne sans la moindre participation de l’Etat et est financièrement équilibré avec des réserves accumulées depuis 50 ans. Aussi, l’Etat reçoit chaque année de cette caisse 80 millions d’euros pour le régime général. 

La réforme impliquerait une hausse des cotisations et une baisse des retraites des avocats. Les avocats ayant des revenus inférieurs à 40 000 euros verraient par exemple leur cotisation doubler, passant de 14% à 28% de leur revenu pour une retraite inférieur.

La tranche la plus impactée par cette réforme est les avocats qui ont des revenus modestes, donc en premier lieu, les jeunes et les petites structures. Le risque donc c’est que beaucoup délaisse cette profession.

Le gros risque de cette réforme c’est qu’elle va permettre à la profession d’avocat de changer de structure et de se retrouver avec des gros cabinets, avec des gros moyens et qui viendront couvrir les besoins des justiciables les plus riches.


Et donc le plus gros risque est que les justiciables ne trouvent plus de personnes pour les défendre.

Le reportage de Thierry Will et Christophe Monteil 
 

 

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