Coronavirus : un laboratoire de Montpellier mise sur l'ivermectine pour combattre l'épidémie

Basé à Jacou dans l'Hérault, le laboratoire de biotechnologie MedinCell propose d'utiliser l'Ivermectine sous forme de traitement préventif contre le Covid-19 . L'efficacité de cette molécule est en cours d'évaluation par des scientifiques.
Une chercheuse du laboratoire MedinCell
Une chercheuse du laboratoire MedinCell © FTV


Devant l’immense salle quasiment vide David Heuzé, le directeur de communication, se sent obligé de préciser : "MedinCell, c’est 130 salariés de 25 nationalités mais ils sont en télétravail, confinement oblige". Installée depuis 2003 aux portes de Montpellier, la société pharmaceutique tourne en fait à plein régime.

Spécialisé dans les biotechnologies, ce laboratoire est sur la piste d’un traitement préventif contre le coronavirus. Pour y parvenir, ses experts misent sur l’ivermectine, une molécule connue de longue date en tant que traitement contre certaines maladies parasitaires, notamment le paludisme.
 
Coup de théâtre, deux études scientifiques viennent de démontrer que l’ivermectine serait également une arme potentielle contre le Covid-19. La plus récente a été publiée par des chercheurs australiens. Menée in-vitro, en laboratoire, leur étude montre que la molécule peut tuer le coronavirus en moins de 48 heures. Résultats publiés début avril dans la revue scientifique "Antiviral research".

Un médicament à effet préventif


S’appuyant sur ces recherches, MedinCell veut concevoir un médicament à effet préventif. Comment ?  En profitant de son expertise pour mettre au point une formulation d'ivermectine en injection. Ce mode de traitement est la spécialité de ce laboratoire, la mise au point de médicaments injectables à action prolongée. Exemple, un contraceptif pour lequel la société a obtenu plus de 23 millions de dollars de la fondation de Bill Gates.

Hérault : MedinCell sur le point de créer le “médicament du futur”

Selon MedinCell, sa technologie pourrait servir de traitement préventif en transformant l’ivermectine sous une formulation injectable, comme le précise Christophe Douat, président du Directoire de MedinCell :

 C'est une troisième voie, entre traitement et vaccin, pour lutter contre le Covid-19. La forte mobilisation internationale pour faire face à la crise du Covid-19 permet d'envisager des développements accélérés, d'autant que l'ivermectine est une molécule déjà largement documentée et utilisée. Notre objectif est d'aller le plus vite possible.

La communauté scientifique appelle à la prudence


Mais la communauté scientifique et médicale appelle à la prudence concernant l'efficacité de l'ivermectine contre le Covid-19. Premièrement, la molécule n'a été testée qu'en laboratoire et pour le patron du service des maladies infectieuses au CHU de Montpellier, le Professeur Jacques Reynes :

"Il faut vérifier, poursuivre les recherches et voir si cette molécule fonctionne chez l'homme. Pour faire une réelle démonstration de son efficacité, cela suppose une évaluation à grande échelle avant de pouvoir valider l'action de l'ivermectine sur le Covid-19. Pour l’instant, l’étude australienne ne s’est faite qu’en laboratoire."


A ce stade, l'entreprise n'avance aucun calendrier. Mais si l’efficacité de la molécule devait se confirmer, MedinCell vise un médicament permettant de protéger du virus pendant plusieurs mois, notamment les personnes vulnérables et le personnel soignant.

Depuis la publication de l’étude australienne, le laboratoire montpelliérain a été contacté par plusieurs instituts de recherche implantés en France et à l’étranger.
 
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