Montpellier : les 5 viticulteurs accusés d'association de malfaiteurs sont relaxés

Cinq viticulteurs gardois et héraultais comparaissent devant le tribunal de Grande Instance de Montpellier pour associations de malfaiteurs. Une manifestation de soutien s'est tenue en ouverture d’audience. 18 avril 2018. / © J. Mériot
Cinq viticulteurs gardois et héraultais comparaissent devant le tribunal de Grande Instance de Montpellier pour associations de malfaiteurs. Une manifestation de soutien s'est tenue en ouverture d’audience. 18 avril 2018. / © J. Mériot

Jugés mi-avril, à Montpellier, pour association de malfaiteurs, les 5 viticulteurs sont finalement relaxés. C'est un cinglant désaveu pour le procureur de la République qui avait requis à leur encontre 12 à 24 mois de prison avec sursis. Le parquet devrait faire appel du jugement d'ici à 10 jours.

Par Fabrice Dubault


Les 5 viticulteurs héraultais et gardois accusés d'association de malfaiteurs après leur arrestation en mai 2017 en Gironde, sont finalement relaxés.
Le tribunal correctionnel de Montpellier a estimé que l'infraction n'était "pas caractérisée", ni sur le plan matériel, ni au niveau de l'intention.

Les 5 vignerons, soupçonnés d'être des membres du CRAV, comité régional d'action viticole, ont été mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de destruction ou dégradation. Parmi eux, Xavier Fabre, le porte parole du syndicat des vignerons du Gard.

Le 3 mai 2017, un convoi de 32 viticulteurs, venus en majorité du Gard et de l'Hérault, a été intercepté au péage de Saint-Selve, en Gironde. Dans les véhicules avaient été découverts cinq haches, trois masses, 60 litres de gazole, un chalumeau, une grosse bombe lacrymogène et des cocktails Molotov.
Des téléphones acquis spécialement pour l'opération projetée avaient également été saisis.


Une audience ubuesque de 6 heures le 17 avril 2018


L'audience a finalement eu lieu, malgré la demande de renvoi des avocats de la défense et elle a duré au total six heures.

Six heures pendant lesquelles, les avocats ont tenté de défendre ces cinq viticulteurs accusés d’"associations de malfaiteurs en vue de préparer une destruction". Un terme qui ne passe pas auprès des viticulteurs présents et des accusés.

"Habituellement, cette infraction (d'association de malfaiteurs), on l'applique à des braqueurs, des trafiquants, des criminels, mais là, on l'applique à des gens qui, le reste du temps, sont des travailleurs et ont sans doute des motifs de mener une action collective mais pas des délits", avait estimé le procureur de la République de Montpellier Christophe Barret dans son réquisitoire. "Certains avaient peut-être pris l'habitude de croire qu'ils étaient intouchables", avait-il ajouté.


Pour les défendre, quatre avocats, parmi lesquels des ténors du barreau, Eric Dupont-Moretti, Jean Robert Phung et Gilles Gauer.

« J’ai très mal supporté que l’on vous traite de malfaiteurs. » lâchera à la fin de l'audience Maitre Phung à l’extérieur du tribunal.


Christophe Barret avait requis, selon les rôles attribués à chacun, deux ans d'emprisonnement avec sursis contre l'Héraultais Martial Bories, 61 ans, considéré comme "l'organisateur" de l'expédition, 15 mois avec sursis contreThierry Rocamorra et Stephan Picas deux autres viticulteurs et un an avec sursis pour Pascal Ruiz-Torres et JeanJean.

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