Montpellier : un étudiant saisit la police des polices pour dénoncer les conditions de son audition

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Selon nos informations, l'inspection générale de la police nationale (IGPN) a bien été saisie par un témoin des violences à la faculté de droit de Montpellier dans la nuit du 22 au 23 mars pour dénoncer les conditions de son audition, confirmant ainsi le témoignage recueilli par Mediapart. 

L'homme, qui a souhaité livrer son témoignage de cette agression, aurait été questionné pendant trois heures dans les locaux du commissariat de police de Montpellier, la semaine dernière. Etudiant en droit, il dit avoir subi des pressions et "s'être senti menacé" par le fonctionnaire. “Mais vous vous prenez pour qui ? Vous vous racontez un film ! ... Moi je vous casse les deux genoux avant que vous ayez levé le bras droit”. relate Mediapart (article payant)

Moi je vous casse les deux genoux avant que vous ayez levé le bras droit


Plus tard, selon le media en ligne, le fonctionnaire aurait insisté : "Tu m'as fait dix pages de merde dans lesquelles tu chies sur la faculté", "le professeur va prendre cinq ans de prison avec tes déclarations écrites au ministère, tocard !". Dans ce contexte, d'après nos informations, l'étudiant a effectivement effectué un signalement auprès de l'IGPN, la police des police qui devra faire la lumière sur cette affaire. 

Le professeur va prendre cinq ans de prison avec tes déclarations écrites au ministère, tocard !


Joint par France 3 Occitanie, Christophe Cordier, l’étudiant de 53 ans qui a déposé plainte, dit avoir enregistré la totalité de son audition à l'insu des policiers. Son avocat, Gilles Gauer, affirme avoir vérifié l'authenticité de ce troublant enregistrement :

Ce sont des propos qui paraîtraient tout à fait invraisemblables si on les lisait ainsi, mais qui font l’objet d’une preuve qui a été remise au procureur de la République.


Selon nos informations, le fonctionnaire de police mis en cause par le témoignage a été entendu ce mercredi 4 avril par l'IGPN.


Gilles Gauer, avocat de Christophe Cordier, au micro de Caroline Agullo et Stéphane Taponier :
durée de la vidéo: 00 min 49
Montpellier : un étudiant saisit la police des polices pour dénoncer les conditions de son audition ©France 3 Occitanie



Réouverture de la fac


La faculté de droit de Montpellier a rouvert ses portes ce mardi matin. Dans le calme mais avec une forte présence policière. Mais le mouvement de mobilisation milite contre la réouverture de la faculté, estimant que la sécurité n'est toujours pas assurée.

Le doyen de la faculté, Philippe Pétel, qui a démissionné après les incidents ayant vu des hommes cagoulés dans la nuit du 22 au 23 mars expulser violemment des étudiants grévistes d'un amphithéâtre de la faculté, a été mis en examen pour complicité d'intrusion et Jean-Luc Coronel a été mis en examen pour complicité d'intrusion et violences en récidive en raison d'une condamnation datant de 2013. Tous les deux ont été placés sous contrôle judiciaire. L'enquête se poursuit pour déterminer qui étaient les autres membres du commando.